Une campagne 2.0 dans Papineau?

Benoit Sabourin
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À l’ère où les termes Facebook et Twitter se retrouvent sur toutes les lèvres, il est légitime de se demander jusqu’à quel point ces deux outils auront un impact sur la campagne électorale présentement en cours. Une campagne 2.0 est-elle envisageable dans Papineau?

Les candidats ont chacun leur propre opinion sur la question. Si l’ère des réseaux sociaux bat son plein, il ne faut surtout pas oublier que Papineau est composée d’une très grande portion rurale. Sans compter la population relativement vieillissante. Des données qui peuvent influencer la façon de fonctionner des candidats.

«Compte tenu du contexte, de la réalité rurale et de la particularité de l’électorat du comté Papineau, je crois que c’est préférable d’être sur le terrain et de parler aux gens directement», croit Chantal Dubé, candidate de la Coalition avenir Québec.

La mère de famille de 42 ans souhaite malgré tout utiliser de façon quotidienne son compte Facebook créé spécifiquement pour la campagne. Et Twitter? «Un peu moins», répond-elle.

Jean-François Primeau, candidat du Parti québécois, possède déjà depuis un mois une page Facebook et un compte Twitter à l’effigie des élections. «Les jeunes sont très présents là-dessus, lance-t-il. Si on veut les rejoindre, il faut embarquer.» Pas question cependant de lésiner sur les méthodes de promotion traditionnelles. C’est notamment le cas de l’affichage.

«Il ne faut pas mettre juste l’accent sur Facebook, note M. Primeau. On croit encore beaucoup à l’affichage et c’est pourquoi on a fait un blitz. Ça fait jaser autour du café le matin quand les gens voient les pancartes.»

Quant à Alexandre Iracà, candidat du Parti libéral du Québec, il croit qu’il n’y rien comme une poignée de main quand on souhaite échanger avec les gens. Il prévoit malgré tout utiliser régulièrement son compte personnel Facebook au cours de la campagne. Un compte Twitter est en chantier et devrait être créé dans les jours qui viennent.

La réalité 2.0 a beau être omniprésente, elle ne remplacera pas les façons de faire traditionnelles des candidats, estime M. Iracà. «Tout ce qui est médias sociaux est venu bonifier ce qui existait déjà, dit-il. Mais, ça ne vient pas faire disparaître les anciennes méthodes. La poignée de main, le porte-à-porte, les pamphlets, les téléphones, c’est un amalgame de choses qui vont demeurer en place pour les campagnes électorales.»

Katia Gagnon, candidate de Québec solidaire, croit pour sa part que la «fracture numérique» n’est pas à négliger dans le contexte de cette campagne électorale 2012. «Ça (réseaux sociaux) rejoint un infime pourcentage de la population, mais le contact humain et physique est beaucoup plus important», soutient l’étudiante en communication.

Celle qui possède depuis près de deux semaines des comptes Facebook et Twitter destinés à la campagne reconnaît l’importance de ces outils, mais estime qu’ils sont surtout utiles pour partager de l’information plutôt que pour la quête de nouveaux adhérents. «C’est un moyen pour échanger avec les électeurs, mais il ne faut pas se fier uniquement à ça, dit-elle. Normalement, on a tendance à rejoindre avec ces outils des gens qui sont déjà d’accord avec nous. Ce n’est pas nécessairement un moyen pour convaincre.»

Pour Jonathan Beauchamp, qui représente Option nationale dans Papineau, les réseaux sociaux risquent d’être des armes très utiles. À l’instar du parti qu’il représente, il compte utiliser abondamment Facebook et Twitter mais aussi d’autres formats de médias sociaux comme Instagram pour séduire l’électorat et partager avec le public.

«Comme nous sommes un jeune parti qui a un peu plus de difficulté à percer les médias traditionnels, on va vraiment miser sur les réseaux sociaux», indique-t-il.

Conscient de la situation particulière de Papineau, il compte vraiment mettre les bouchées doubles par l’entremise des différents outils web. «Il y a deux réalités sur le territoire de Papineau, souligne-t-il. Un côté rural et un côté plus urbain. Il faut faire du porte-à-porte, mais pour faire sortir le vote des jeunes, c’est primordial d’être sur les réseaux sociaux. Les gens plus âgés commencent tranquillement à s’intégrer à tout ça.»

Organisations: Coalition, Parti québécois, Parti libéral du Québec

Lieux géographiques: Territoire de Papineau, Québec

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