Dans le feu de l’action!

Benoit Sabourin
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Je me souviendrai probablement pour le reste ma vie de ce 27 septembre 2012. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut camper le rôle d’un pompier l’instant d’un après-midi.

Benoit Sabourin, accompagné de Martin Gagnon, à l’issu de la journée de familiarisation au travail des pompiers.

Question de briser la routine, le Service de sécurité incendie de Gatineau (SSIG) avait lancé une invitation aux journalistes de l’Outaouais il y a quelques semaines afin de nous donner l’occasion d’explorer les nouvelles installations de formation placées à l’arrière de la caserne Cadieux-Laflamme, située sur l’avenue de Buckingham.

Au coût d’environ 1,5 million $, la tour de formation et le simulateur d’embrasement généralisé sont les seules infrastructures du genre sur le territoire de Gatineau. La première permet aux pompiers de reproduire plusieurs scénarios d’incendie, grâce notamment à des étages multiples. Le simulateur, en forme de gros conteneur, offre pour sa part un bon laboratoire d’observation pour les différents phénomènes thermiques.

On y met le feu et on manipule celui-ci dans un espace contrôlé où la température au plafond peut atteindre 1200 degrés Fahrenheit. Pour y avoir mis les pieds pendant une quinzaine de minutes et y avoir observé les flammes et la fumée se balader au-dessus de ma tête, je vous confirme qu’il fait chaud là-dedans.

Ces outils, à la fine pointe, sont presque devenus indispensables de nos jours, note Gilles Vekeman, chef de division responsable de la formation stratégique et tactique au SSIG. Parce que si les flammes sont dangereuses, la fumée peut l’être tout autant. Et avec le nombre de matériaux et de substances que l’on retrouve aujourd’hui dans une résidence ou dans un bâtiment, les pompiers doivent demeurer à l'affût, car l’embrasement de gaz peut être très dangereux.

«Ces nouvelles installations nous permettent de former nos pompiers afin qu’ils puissent être encore plus efficaces et qu’ils puissent agir de façon plus sécuritaire, explique M. Vekeman. Puisque les interventions génèrent aujourd’hui beaucoup plus de chaleur qu’auparavant, on se doit comme employeur responsable de bien former nos pompiers.»

Un métier pas fait pour tout le monde

Comme bon nombre de collègues du monde de l’information, j’ai eu le privilège de participer à une simulation dans ces deux installations qui sont en fonction depuis à peine trois semaines.

Après avoir reçu une brève formation théorique d’à peine 30 minutes portant sur les phénomènes thermiques possibles et sur la nature d’un incendie, l’action a débuté. Une fois que nous avons fait connaissance avec notre partenaire de la journée – dans mon cas, j’ai eu le privilège d’être sous l’œil attentif de Martin Gagnon, un sympathique bonhomme qui brave les flammes depuis 12 ans à Gatineau -, c’était le moment d’enfiler l’équipement. Ne vous détrompez pas, ce n’est pas le confort absolu, loin de là. C’est lourd. C’est chaud…

Cet après-midi mémorable m’a appris deux choses. Premièrement, les hommes et les femmes qui font ce boulot tous les jours méritent tout notre respect. Il faut le voir pour le croire! Deuxièmement, je ne deviendrai probablement jamais soldat des flammes. Je n’ai pas le goût du risque assez développé. Et encore moins la forme requise…

Se retrouver à quatre pattes dans un édifice dont on ne connaît aucunement les repères, c’est une chose. Mais si on y ajoute le facteur temps, les flammes, la fumée envahissante qui vous empêche de voir à plus de deux pouces de votre nez, les risques élevés de danger et la présence d’une victime potentielle sur les lieux, le grade de difficulté atteint un tout autre sommet.

Équipement à l’appui, masque à oxygène au visage, boyau à la main, j’ai rampé dans une pièce envahie de fumée non toxique, mais il n’y avait pas de vraies flammes ou de vrais dangers qui me guettaient. J’ai quand même pu me tremper suffisamment dans le rôle pour comprendre qu’il n’agit pas d’un boulot fait pour tout le monde.

La visite au simulateur d’embrasement m’a quant à elle permis de comprendre qu’il ne faut jamais faire confiance au feu. Sournois, il peut prendre plus d’un chemin. Le meilleur moyen de le prévenir demeure le bon vieux détecteur de fumée. «C’est le meilleur copain que vous pouvez avoir, confirme M. Vekeman. Il veille sur vous 24 heures par semaine, sept jours sur sept.» Ç’a le mérite d’être clair!

Organisations: Service de sécurité

Lieux géographiques: Territoire de Gatineau, Avenue de Buckingham

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Derniers commentaires

  • Gislain Guitard
    02 octobre 2012 - 16:29

    Félicitation aux services des incendies d'avoir invités les journaliste, avec son article Benoit Sabourin m'a vraiment fait vivre l'intensité d'un incendie et prendre conscience le rôle d'un détecteur de feu à la maison.