La deuxième vie de Norm MacMillan

Benoit Sabourin
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Le 11 juillet dernier, Norman MacMillan annonçait son départ de la vie politique. Trois mois plus tard, l’ancien ministre responsable de l’Outaouais et député de Papineau n’a aucun regret et savoure chaque instant de la retraite avec ferveur.

Norm MacMillan est zen avec la décision qu’il a prise cet été. Il a tourné la page et souhaite plus que tout prendre du temps pour lui ces prochains mois.

Le sujet a été discuté abondamment au moment de son départ. Norman MacMillan souhaitait rentrer dans ses terres à Mulgrave-et-Derry, avait-il déclaré lors de la conférence de presse de juillet. Longuement réfléchie et analysée, sa décision était loin d’être le résultat d’un coup de tête.

«Ce n’est pas une question de quitter le bateau, raconte-t-il. J’avais moins d’énergie. Si t’es en politique et que tu ne peux pas aller visiter tes commettants les fins de semaine dans des activités, il est temps de t’en aller chez-vous. Depuis février (2012), quand je recevais une invitation, j’hésitais. Je n’avais jamais ressenti ça en 30 ans de politique.»

Alors qu’il recevait près de 500 courriels chaque semaine lorsqu’il était ministre, il en reçoit à peine quatre ou cinq aujourd’hui. «Je ne m’ennuie pas de rien, assure-t-il. Je vois les gens quand même. Je me sens bien.»

S’il n’a jamais voulu commenter le résultat très serré du 4 septembre dans Papineau, alors qu’Alexandre Iracà a remporté l’élection par 227 votes de majorité devant le péquiste Jean-François Primeau, Norm MacMillan reconnaît aujourd’hui qu’il a eu quelques sueurs froides lors de la soirée.

«Il (Jean-François Primeau) était 500 votes en avant et j’ai dit à mon frère Ken "câline, ça ne regarde pas bien", se rappelle-t-il. J’avais aidé à la campagne dans Argenteuil à un moment donné et c’était un peu la même situation. Je me disais qu’il fallait attendre jusqu’à la fin. On ne sait jamais… Et nous avons gagné.»

Sa plus grande fierté, il n’a pas de difficulté à la nommer. «Ce que j'ai aimé le plus faire dans ma carrière, c’est aider les commettants, confie-t-il. J’ai toujours été au service des gens. C’est de ça que je suis le plus fier.»

Un dossier dont il aurait bien aimé changer la tournure demeure malgré tout celui des retraités de l’ancienne usine de papier Fraser à Thurso. «Je n’ai jamais pu rien faire avec ça, dit-il. C’est très malheureux pour ces retraités qui ont perdu 40% de leur budget. C’est quelque chose qui m’a fait beaucoup de peine. Je ne pouvais rien faire. C’était hors de mon contrôle. Je n’avais pas d’outils. C’était une faillite directe.»

Rares sont ceux et celles qui trônent à l’Assemblée nationale pendant 23 ans. Si chaque métier évolue, celui du politicien ne fait pas bande à part. Avec du recul et quelques instants de réflexion, Norman MacMillan estime que c’est la relation entre politique et monde de l’information qui a le plus changé pendant les dernières décennies au Québec.

«Aujourd’hui, il faut que tu t’ajustes à faire de la politique, dit-il. Avant, la politique se faisait surtout sur le terrain. Tu sortais toi-même la nouvelle. Maintenant, la nouvelle est sortie avant même que tu aies la chance de te préparer. L’aspect de communication a beaucoup changé dans le métier entre le moment où je suis arrivé et aujourd’hui. Tout est plus rapide.»

À 64 ans, Norman MacMillan est confortable à l’extérieur de la sphère politique. S’il n’a pas l’intention de faire un retour en politique active, il compte malgré tout suivre régulièrement le débat et donner son point de vue lorsqu’on fera appel à lui. Sans plus…

«Quand t’as fait 30 ans de politique, tu ne peux pas arrêter complètement du jour au lendemain, confie-t-il. Je vais donner mon point de vue quand ça me tentera, mais je ne veux pas devenir un gars qui va commenter tous les jours. Il y a des élus qui sont là pour défendre les dossiers.»

Organisations: Assemblée nationale

Lieux géographiques: Papineau, Argenteuil, Thurso Québec

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