La députée de Hull Maryse Gaudreault a fait cette annonce au nom du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF) dans les locaux de la Corporation des Jardins du Souvenir, propriétaire du terrain et de l’édifice de style victorien menacé de démolition à maintes reprises depuis 2005.
L’aide financière, qui met vraisemblablement fin à la saga entourant cette maison, permettra de rénover la toiture, la maçonnerie et la fenestration du bâtiment qui n’est pas cité par les autorités, au grand dam de la Société d’histoire de l’Outaouais. Il s’agit de l’unique maison construite à l’intérieur même d’un cimetière dans la région et l’une de la dizaine encore existantes à travers le Québec.
«Tous les citoyens en ont entendu parler, même s’ils ne savent peut-être pas à quel endroit elle se trouve. Cette maison bientôt centenaire a une valeur patrimoniale inestimable puisqu’il fait partie de l’histoire des familles de l’Outaouais. D’ailleurs, de nombreux bâtisseurs de notre région reposent dans le cimetière», a déclaré Mme Gaudreault. Parmi les pionniers enterrés à cet endroit, mentionnons Jean Desprez, Donalda Charron, Andrew Leamy et bon nombre d’anciens maires de l’ex-ville de Hull.
Comme les subventions du MCCCF couvrent un maximum de 70% du coût total des travaux, lesquels sont estimés à 234 000$ dans le cas présent, l’entreprise Les Jardins du Souvenir devra faire appel à la communauté pour débourser la somme manquante, soit 70 200$.
«C’est un beau cadeau de Noël. Il faut savoir que c’est un dossier qui est dans l’actualité depuis 2005. Enfin, il s’agit d’une nouvelle très positive. Quand on regarde la maison aujourd’hui, la peinture est écaillée, mais en dessous il y a de la magnifique pierre. Une fois qu’elle sera restaurée, soyez assurés qu’elle aura fière allure», a pour sa part commenté le président de la Société d’histoire de l’Outaouais, Michel Prévost, qui s’est toujours vivement opposé à une démolition. «Si on l’avait démolie, on aurait démoli un ensemble architectural unique en Outaouais. Ce n’est pas l’âge qui fait sa valeur, c’est vraiment ce qu’elle représente», a-t-il ajouté.
M. Prévost soutient que la SHO n’a pas de budget à investir dans ce projet de revitalisation, mais s’engage si nécessaire à effectuer des visites guidées du cimetière pour récolter des dons. «Le prochain pas, c'est une aide financière de la Ville de Gatineau. Lors d'une visite du cimetière, la conseillère du quartier, Denise Laferrière, m'a dit qu'elle était très ouverte là-dessus», a-t-il dit.
D’après le président de la Corporation, Jean-Paul Corriveau, les travaux s’amorceront dès l’été 2012 après une consultation de firmes d’architectes au printemps. Déjà, environ le tiers de la somme manquante (environ 25 000$ sur 70 000$) a été amassé. Pour le reste, l’entreprise compte faire appel à la Ville de Gatineau ainsi qu’aux citoyens. «On va demander à la population de nous donner un coup de main, car dans le fond, c’est leur cimetière», a-t-il affirmé.
«C’est un beau cadeau de Noël. Il faut savoir que c’est un dossier qui est dans l’actualité depuis 2005. Enfin, il s’agit d’une nouvelle très positive. Quand on regarde la maison aujourd’hui, la peinture est écaillée, mais en dessous il y a de la magnifique pierre. Une fois qu’elle sera restaurée, soyez assurés qu’elle aura fière allure» - Michel Prévost, président, SHO
M. Corriveau défend l’entreprise d’avoir changé son fusil d’épaule au sujet de la conservation du bâtiment maintenant qu’une subvention est sur la table. «Le point de notre défense à l’époque, c’était qu’on avait pas les sous pour la rénover et il fallait qu’elle demeure en place. Alors qu’est-ce qu’on aurait pu faire? Notre solution était donc la démolition pour ensuite récupérer le terrain et en faire un endroit pour les gens», indique-t-il.
Pour l’année 2011-2012, 15,4 M$ serviront à la restauration de 94 lieux de culte et autres bâtiments à vocation religieuse construits avant 1945 à travers la province.
Depuis 2006, le MCCCF a injecté au-delà de 105 M$ en patrimoine religieux, en plus d’accorder un montant dépassant les 257 M$ au Conseil du patrimoine religieux du Québec en vertu du programme Aide aux immobilisations.
Au grand étonnement des intervenants en histoire et patrimoine, aucun représentant de la Ville de Gatineau n’était présent lors de cette annonce. La municipalité n’a toujours pas adopté de politique du patrimoine.




