Changer les façons de faire avant de crier au préjugé, selon Gilles Desjardins

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Patrick Voyer
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Le président de Brigil Construction, Gilles Desjardins, préfère avancer des solutions pour améliorer la politique des logements sociaux avant de croire que les constructeurs de la région ont des préjugés envers eux.

Changer les façons de faire avant de crier au préjugé, selon Gilles Desjardins

Selon lui, bien des choses doivent changer pour que le gouvernement et la Ville de Gatineau sauvent de l'argent et qu'incidemment, plus de logements sociaux soient disponibles pour les personnes à faible revenu.

Premièrement, il est d'accord avec le président de l'ACQ de l'Outaouais, Roel Langeveld: on devrait utiliser des logements déjà existants au lieu d'en construire des neufs trop coûteux. «Ça fait 15 ans que je dis la même chose, c'est logique. Il y a plein d'appartements locatifs de 30-40 ans à Gatineau qui ont une valeur marchande entre 80 et 100 000$. Donc, il faut encourager les locataires à devenir propriétaires pour qu'il y ait plus de disponibilité pour les personnes à faible revenu», croit-il.

Actuellement, M. Desjardins confirme qu'un logement (social ou non) pour Monsieur et Madame tout-le-monde qui a un revenu moyen coûte de 150 à 160 000$ par unité. En encourageant un roulement dans les logements déjà construits, beaucoup d'argent pour être sauvé, d'après lui.

Gilles Desjardins trouve ça dommage que des organismes comme Logemen'occupe ne soient pas sortis de manière plus virulente en 1991 et 92 quand les gouvernements ont instauré la TPS et la TVQ. Car il fait remarquer que c'est depuis ce temps que les problèmes pleuvent sur le domaine du logement. «Ça a fait monter les coûts, créé une difficulté sur la capacité de payer et freiné la construction de logements locatifs. Et ce n'est pas fini, prévient-il. Avec la pénurie de main-d'œuvre qui s'en vient, ça va créer une hausse de la demande et des coûts. Dans la région de Gatineau/Ottawa, dans les prochains cinq ans, les coûts de construction vont augmenter et on verra une hausse de 30% de la valeur marchande des maisons. Et ça va toucher les logements sociaux aussi.»

Des exigences déconnectées de la réalité

Gilles Desjardins est catégorique: les exigences gouvernementales liées aux logements sociaux sont exagérées. «Les logements sociaux que le gouvernement sort comportent des matériaux de construction plus dispendieux, comme une porte en acier. Ils construisent des bâtiments plus dispendieux, mais pas plus jolis ou plus de qualité. Le style d'architecture, le concept, est plus dispendieux.»

«Peut-être que le gouvernement devrait aller en appel d'offres avec des critères et laisser les constructeurs faire leur offre de projet clé-en-main. Ainsi, on pourrait livrer des produits conformes aux normes avec des méthodes de construction plus abordables pour le gouvernement», poursuit M. Desjardins.

Finalement, Gilles Desjardins pense que la Ville de Gatineau devrait faire une gestion de l'inventaire de ses terrains et les céder pour 1$. «On pourrait construire sur ces terrains-là, les vieilles écoles, les parcs surdimensionnés, les reprises de taxes non payées… Ça permettrait de diminuer les coûts.» Il ajoute que l'heure est aux choix stratégiques pour Gatineau, surtout qu'elle veut redévelopper son centre-ville.

Organisations: Ville de Gatineau, TPS

Lieux géographiques: Ottawa

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