Manque de loyauté des Y: une tendance généralisée qui ne date pas d'hier!

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Patrick Voyer
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Ce que remarque le chef Fischer dans son restaurant, la coordonnatrice des Services en employabilité et en orientation au Carrefour jeunesse emploi de Gatineau, Caroline Marinoff, le constate à grande échelle depuis 12 ans auprès des chercheurs d'emploi de la Génération Y.

Manque de loyauté des Y: une tendance généralisée qui ne date pas d'hier!

«Je ne suis pas surprise pour la restauration. J'ai rencontré les gens qui donnent les cours de service au Relais de la Lièvre et ils ont de la difficulté à avoir des étudiants. Ces jeunes veulent entrer facilement dans les restaurants, mais ils lâchent rapidement car ils se rendent compte qu'ils n'ont pas les compétences. Ils ne sont pas conscients du travail que ça demande, des compétences comme le service client, l'écoute, la ponctualité, le sourire… En plus, c'est un domaine où les gens doivent se débrouiller rapidement.»

«Ces gens n'ont pas le goût de commencer plongeur, ils veulent devenir le grand chef. Et quand ils n'obtiennent pas ça, ils vont ailleurs. Ah oui, il y en a qui travaillent, mais beaucoup se disent "je vais en essayer un autre, c'est pas grave", lance-t-elle. Ce qu'on remarque aussi c'est que peu importe où ils travaillent, ça ne fait pas de différence: ils vont faire leur temps, c'est la loi du minimum. "J'ai fait mon 7h, demandes-en pas plus." C'est aussi souvent la loi du moindre effort: "je comprends pas, alors j'attends".»

Caroline Marinoff n'est pas sarcastique face à l'attitude des jeunes, son sentiment est partagé entre la crainte et l'étonnement. «Oui, ils sont de la génération "vite-vite-patate frite" et la job doit être la plus payante possible. Ces jeunes se disent "c'est moi qui choisit l'employeur que je vais avoir, je vais voir ce qui m'intéresse". Au moins six jeunes sur huit pensent comme ça. Et ils n'ont pas le sentiment de loyauté, du "je vais m'impliquer".»

Caroline est persuadée que cette mentalité est née dans la masse de décrocheurs voulant gagner de l'argent rapidement et de la «nouvelle école», arrangée aux besoins des jeunes. Ces derniers pensent maintenant que le marché du travail va s'adapter à eux. Or, la génération contrôlant la chaîne alimentaire a d'autres idées…

Des employeurs dépassés par les événements

Du personnel engagé et efficace est donc devenu une denrée rare. «Les jeunes sont très spécifiques dans leurs demandes, alors c'est sûr que ça crée de la frustration, de l'incompréhension, chez les employeurs. On arrive alors dans un cul-de-sac! Les employeurs se demandent quoi faire pour engager et garder les employés. Et nous, on leur dit: "Voilà les nouvelles réalités du marché de l'emploi".»

«On se demande alors, poursuit Caroline Marinoff, s'il faut s'adapter ou outiller le jeune à s'adapter. Ce n'est pas évident pour des gens qui ont été loyaux ou qui ont eu la même job toute leur vie. Pour eux, les jeunes manquent de maturité.»

En plus, la coordonnatrice a distingué ces valeurs, ce manque de «savoir-être», autant chez les universitaires avancés que chez les diplômés des écoles professionnelles et techniques. Caroline Marinoff patauge tant dans ce bouillon qu'elle trouve ça inquiétant pour l'avenir. Surtout si les standards de qualité sont abaissés pour satisfaire cette «clientèle».

«Quand on regarde le bas, c'est bas, bas! Comment va-t-on faire alors pour répondre aux besoins? Surtout qu'il va y avoir un manque de main-d'œuvre qualifiée dans des domaines où les jeunes n'ont plus d'intérêt.» Un point positif est toutefois le nombre croissant de jeunes de retour à l'école ou dans les centres de formation.

«Et la durée de maintien est plus longue, on a réussi à démontrer aux jeunes que c'est important d'avoir un diplôme ou une attestation de formation», lance Caroline, en ajoutant que les liens avec la communauté et les intervenants régionaux de la sphère de l'emploi ont aussi été renforcés. Les jeunes ont ainsi plus de ressources pour remonter la pente… et moins d'excuses pour la descendre!

Lieux géographiques: Relais de la Lièvre

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  • isabelle fortin
    25 septembre 2010 - 15:06

    Bonjour, Il y a aussi, il faut le mentionner que les gens en ont assez d'être sous payés et il ne faut pas se le cacher les employeurs en demandent de plus en plus et ce pour un moindre salaire... Le vieillissement de la population fait en sorte que les employeurs essaient de donner deux emplois pour le prix d'un...Car les temps sont durs pour eux aussi mais je ne crois pas que d'exploiter en pensant fidéliser soit une formule a succès... J'ai une entreprise d'entretien ménager et plusieurs dans mon domaine exploitent les employés en leur doublant la tâche pour le salaire minimum résultat; les employés ne restent pas et on ne peut les blâmer car chacun veut une qualité de vie au travail, non courir toute la journée pour un maigre 60 ou 70$ car ils ne paient même pas les déplacements entre les ménages, Ce que j'ai trouvé a faire pour me démarquer et fidéliser mes employés est premièrement être gentille avec eux vous me direz que c'est banal mais pourtant combien d'employeurs n'y réussissent pas, deuxièmement; bien les payer, troisièmement les traiter en humains comme j'aimerais être traitée a leur place quatrièmement; payer leur déplacements ainsi que leur donner un petit cadeau a leur fête et a Noel, des petits bonus surprise mais surtout, surtout; du respect, de la reconnaissance, des merci, des sourires et de l'appréciation, je crois que c'est vraiment la seule manière de créer une vraie équipe, une association de personnes dirigés vers un même but... Il faut être heureux pour faire transparaitre la gaieté, la bonne humeur et le sourire... Aimer son travail et y être heureux n'est-ce pas ce qui est le plus important, n'est-ce pas ce que tous et chacun recherchent, en ignorant l'humain en général les employeurs se tirent une balle dans le pied cessons de vouloir tout l'argent et soyons décent je crois que nous y gagnerons plus au change que d'exploiter en étant ''gready'' C'est ça le vrai problème. Les gens ne demandent qu'a être loyal a un employeur mais encore faut-il qu'Ils aient quelque chose a gagner sinon ils essaieront d'améliorer leur situation avec raison en ayant toujours un oeil ailleurs et ne pas être motivé car ils endurent une situation ''en attendant'' Employeurs soyez prudents car la crème des employés se mettrons aux enchères bientôt et ils auront l'embaras du choix quel que soit le domaine...