La Génération Y aura un impact positif sur le marché

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Patrick Voyer
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Spécialiste en psychologie du travail, le professeur Éric Gosselin croit que les Y entraîneront des changements humains significatifs à la structure du marché du travail bâtie par les baby-boomers. De plus, il est certain que les jeunes modernes ne sont pas pires que les boomers à l'époque du peace & love!

La Génération Y aura un impact positif sur le marché

Éric Gosselin a l'avantage de pouvoir observer ces tendances de l'extérieur, contrairement au chef Fischer et à Caroline Marinoff, dont le nez trempe dans les conséquences. Ce qu'il aperçoit le rend enthousiaste face à l'avenir. Chaque génération a sa vision et celle des Y amènerait des changements favorables. Après tout, elle ressemble étrangement à celle des boomers dans les années 70...

«Quand les baby-boomers avaient 20-25 ans, ils étaient aussi très revendicateurs, ils avaient des similitudes avec les Y. Donc, est-ce le propre de tout jeune travailleur en général de penser ainsi ou est-ce seulement propre à ces jeunes?

Selon lui, les entreprises ont creusé elles-mêmes leur tombe et récoltent maintenant ce qu'elles ont semé en entretenant un climat d'insécurité sur le marché du travail.

«Les organisations ont une grande part de responsabilité, ils auraient dû investir plus dans les ressources humaines. On a géré longtemps les carrières des travailleurs selon le modèle japonais. Au Japon, c'est encore un peu comme ça, mais moins ici en Amérique du Nord. À la fin des années 90, on ne parlait plus d'emploi à vie, mais d'une main-d'œuvre flexible qu'on pouvait embaucher et débaucher. Les individus devaient alors auto gérer leur carrière», rappelle-t-il.

«Les jeunes d'aujourd'hui ont donc grandi là-dedans, dans cette hypermobilisation, ces changements d'emploi. Alors c'est normal qu'ils aient moins de loyauté et d'engagement. J'ai déjà vu des jeunes changer d'emploi pour 1000$ de plus par année.»

Sans compter les pertes d'emploi dans les domaines industriels, des brises-familles. «Je donnais une conférence l'autre jour et je disais qu'il était important qu'il y ait un lien de réciprocité entre l'employeur et l'employé. Une jeune fille s'est alors levée et m'a dit qu'elle comprenait, mais que jamais elle ne serait loyale à une organisation, car son père a été congédié dans la cinquantaine et a vécu une descente aux enfers!»

Éric Gosselin refuse toutefois d'avancer que ces jeunes soient moins efficaces que leurs prédécesseurs; ils cadrent peut-être moins bien dans le tableau des boomers, c'est tout. «Ils ont juste des valeurs différentes (amis, famille). C'est sûr que ça déplaît aux employeurs, qui désirent des jeunes s'investissant corps et âme et qui veulent des promotions», affirme-t-il. Et la situation ne risque pas de changer avec la venue de la Génération C, les plus récents «enfants-rois» de 14-15 ans.

Un 180 degrés bénéfique

Éric Gosselin indique que le nombre de cas d'épuisement professionnel et de maladies mentales n'a jamais été plus élevé, la faute à un système rendu au bout du rouleau qui favorise un fossé entre les riches et les pauvres au détriment d'une vie saine.

Semaine de 4 jours, meilleur équilibre travail-famille, deux souhaits qui planent depuis belle lurette déjà. Aux dires d'Éric Gosselin, la Génération Y en sera l'instigatrice grâce au pouvoir qu'elle détiendra lorsque les baby-boomers ne tiendront plus les rênes du marché.

«Ceux qui ont 20-25 ans seront en demande et vont avoir de meilleures conditions de travail.» D'après lui, un jeune aura en moyenne 15 emplois dans sa vie et créera une rivalité ($) entre les organisations. Un peu à l'image des millionnaires de la Ligue nationale de hockey avant le lock-out. Alors finies les promotions, bienvenue la compétition!

Le manque de main-d'œuvre et l'instabilité du marché seront aussi l'occasion pour les jeunes retraités de retourner bosser. Revenu supplémentaire, besoins ponctuels et précis des entreprises, meilleure santé, les raisons seront grandes. Ce que les spécialistes appellent les «menottes dorées». Ces gens d'expérience pourront enfin aider les recrues à s'implanter, elles qu'on est obligé d'installer parfois trop vite dans des postes-clés.

Organisations: Ligue nationale de hockey

Lieux géographiques: Japon, Amérique du Nord

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  • Ania Leclerc
    12 février 2010 - 14:07

    Ça me dérange quand j'entends dire : "Le manque de main-d'œuvre et l'instabilité du marché seront aussi l'occasion pour les jeunes retraités de retourner bosser. (...)Ces gens d'expérience pourront enfin aider les recrues à s'implanter, elles qu'on est obligé d'installer parfois trop vite dans des postes-clés. " Comme s'il s'agissait là d'une bonne chose... J'ai parfois l'impression que les spécialistes oublis de voir plus loin que le bout de leur nez. Le fait que les "jeunes retraités" retournent travailler est une très mauvaises choses... Justement, ils n'ont pas besoin des avantages sociaux puisqu'en réalité, ils ne viennent que gagner quelques sous et occuper leurs journées longues et emmerdantes parce qu'ils n'ont jamais appris à exister en dehors de leur travail. Ils semblent alors encore plus avantageux aux employeurs (tout aussi vieux), que nous, les jeunes, prêts à travailler, mais ayant une jeune famille et de nombreuses obligations, jumelé à une désir d'avoir un fond de pension et une permanence. Pourquoi m'embaucherait-il alors qu'ils peuvent embaucher un vieu qui a de l'expérience, à peu près aucune contraintes et souhaite prouver qu'il est important en travaillant jusqù'à sa mort. N'oublions pas que nos entreprises ont généralement un style de gestion bureaucratique, davantage axé sur les stratégies court terme... Les entreprises se doivent d'embaucher illico des jeunes, des travailleurs, scolarisés sur la base de leurs forces personnelles non seulement de leur 15-25 ans d'expérience et miser sur eux. Les garder, (parce que OUI, on est capable d'être fidèle quand on nous prend minimalement au sérieux.) À la place les bonnes jobs sont conservées pour les retraités, qui détiennent souvent les pouvoirs décisionnels et pour se justifier et se donner de l'importance, se valorisent et ne voient que leurs compétences et s'engagent entre eux! Alors... cessez de faire comme si les Y avaient tout cru dans le bec alors que nous devons nous former en continue pour des emplois précaires. Je détiens une maîtrise, un certificat, de l'expérience et je suis très travaillante et je n'ai qu'un salaire de 37 000 $, comme bien des mes amis et collègues s'il-vous-plaît, cessez de faire comme si tout était si simple! Nos emplois sont précaires, souvent sans fonds de pension adéquat et sans conditions. Ania Leclerc

  • Marguerite
    12 février 2010 - 14:07

    Intéressant !