La Petite-Nation aura son dragon

François Robert
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L’émission «Dragon’s Den» très populaire en Angleterre et au Canada anglais aura sa version française au Québec en 2012 et un de ses juges, ou si vous préférez dragons, proviendra de la Petite-Nation. François Lambert, prospère homme d’affaires et investisseur possédant une ferme à Notre-Dame-de-la-Paix, sera l’un des cinq juges de l’adaptation du concept télévisuel que proposera la Société Radio-Canada. Entrevue exclusive avec ce sympathique dragon.

«Quand j’ai vu dans le journal que «Dragon’s Den» s’en venait au Québec en version française, j’ai tout de suite eu envie d’embarquer», avoue d’entrée de jeu François Lambert avant d’ajouter:«J’étais déjà un fan de la version anglaise.» Pour ceux qui ne seraient pas familier avec le concept de l’émission, le site officiel précise que «des entrepreneurs viennent présenter de nouvelles idées et inventions à cinq multimillionnaires, les «dragons». Ils doivent en convaincre au moins un d’investir dans leur projet…» La série est l’émission qui obtient les deuxièmes meilleures côtes d’écoutes après la soirée du hockey sur les ondes de Radio-Canada dans les autres provinces. Bref, il y a fort à parier qu’elle attirera beaucoup de spectateurs dans sa version française avec Paul Houde à l’animation et cinq juges minutieusement sélectionné par l’équipe de production. «Rendu à l’audition finale, j’étais très nerveux, je voulais vraiment avoir le poste. J’étais pratiquement aussi nerveux que lors de mon premier emploi», lance avec un sourire en coin celui qui partage aujourd’hui sa vie entre Montréal et la Petite-Nation.

Natif de Laval, M. Lambert, a déménagé à Notre-Dame-de-la-Paix dans le cadre d’un retour à la terre de ses parents alors qu’il n’avait que 7 ans. Après avoir complété son éducation de base dans la région, il a entrepris des études en comptabilité à l’Université du Québec en Outaouais. Il devient par la suite fonctionnaire dans ce domaine pour le fédéral. Mais pendant toutes ces années, il portait en lui un rêve très fort de devenir entrepreneur. «Le lendemain que j’ai eu ma permanence, j’ai annoncé que je quittais et je suis parti pour Montréal. C’est (pourtant) le rêve de plusieurs fonctionnaires. Mais moi j’ai paniqué. Je me suis dit:«Si je reste là trop longtemps, je vais passer à côté de mon rêve de devenir entrepreneur.»

Dès son arrivée à Montréal en 1994, il commence à y faire de la consultation en informatique. Il faut dire qu’il avait déjà commencé à offrir ses services dans le domaine en marge de sa pratique professionnel de fonctionnaire pendant ses deux dernières années dans la fonction publique. «Je me suis découvert une vraie passion pour l’informatique », lance-t-il.

Assez rapidement suite à un contrat avec un centre d’appels, il se développe une expertise très recherchée dans le domaine. Par exemple, en 1999, «l’année avant le fameux bug de l’an 2000, j’ai fait, je crois, 260 vols d’affaires. C’était la folie, l’argent n’était pas un problème. Nous étions quelques personnes qualifiées pour s’occuper de l’architecture des centres d’appels.» C’est au cours de cette période comme consultant en informatique qu’il rencontre en 1997 celui qui deviendra son associé. «Nous nous sommes vites rendus comptes que nous avions des forces complémentaires», précise le futur dragon. Ensemble ils développeront un logiciel pour répondre de façon optimale aux besoins des centres d’appels. Ce logiciel deviendra le produit vedette de leur compagnie Aheeva. Puis, en 2003, on leur propose de lancer un centre d’appel. Ce sera la naissance d’Atelka, la compagnie sœur d’Aheeva qui offre, comme il le dit lui-même, une très belle vitrine pour le logiciel de leur autre compagnie.

Aujourd’hui, Atelka compte environ 2500 employés, c’est un des plus gros centre d’appels au Canada, avec 7 bureaux et de nouvelles embauches sont à prévoir à court terme selon son co-fondateur. C’est grâce à ce parcours que François Lambert peut désormais avoir des moyens financiers assez considérables pour se retrouver juge-investisseur aux côtés de certains des plus illustres membres de la communauté des affaires au Québec.

Encore un enracinement fort dans la Petite-Nation

Son frère est professeur à Saint-André-Avellin et il l’aide à prendre soin de sa ferme à Notre-Dame-de-la-Paix. 500 acres sur lesquels il produit du maïs, de l’avoine et du sirop d’érable. Au cours des deux dernières années, il avoue avoir pris un peu de recul par rapport à la gestion quotidienne de ses deux compagnies. Ce recul s’explique essentiellement par trois raisons. D’abord une envie de profiter davantage de la vie à la campagne avec ses enfants. Ensuite, il avoue candidement:«Moi je suis plus un bâtisseur qu’un opérateur. Une fois que ça roule bien, pour moi il n’y a plus de défi, c’est le temps que quelqu’un d’autre prenne la relève.» Son associé s’occupe maintenant davantage de la gestion quotidienne. Finalement, s’il a pris du recul, c’est aussi pour consacrer davantage de temps à chercher des projets dans lesquels investir. C’est notamment pourquoi l’aventure des dragons tombait très bien pour lui. « Il y a une équipe de recherche qui va filtrer les projets pour nous. C’est formidable ! », s’exclame-t-il.

«J’espère que les gens de la Petite-Nation vont se présenter au show. On est en pleine période de recrutement. Alors qu’ils soumettent leurs idées. Je suis en contact régulièrement avec les gens du CLD (Centre local de développement), et il y a de beaux projets dans la Petite-Nation. Je serais déçu qu’il n’y ait pas de gens de la Petite-Nation. S’il y a quelqu’un de la Petite-Nation, de mon coin, qui vient, je vais avoir un préjugé favorable, il reste qu’il faut qu’il soit prêt», précise l’investisseur.

Une émission avec un aspect éducatif selon le dragon

Cette formule n’est pas juste du divertissement croit M. Lambert, «il y a un aspect éducatif pour les gens à l’écoute et qui pourraient avoir l’intention de se lancer en affaires. Quand ils vont voir les questions que l’on pose, c’est le genre de questions auxquelles il faut se préparer quand on va voir un banquier pour obtenir du financement afin de démarrer une entreprise.»

Identité double

Comment le fait de vivre quelques jours par semaine à Montréal et le reste à Notre-Dame-de-la-Paix affecte son identité au quotidien? «À Montréal, je suis un gars pressé, comme tout le monde. Ici, je suis un gars plus calme. C’est complètement différent. C’est plus chaleureux ici. Même ma blonde qui n’était pas convaincue au départ, maintenant elle aime de plus en plus le coin.»

Pour saisir l’invitation du dragon et proposer un projet venant de la Petite-Nation, visitez le site de l’émission:www.radio-canada.ca/emissions/dans_l_oeil_du_dragon/2011-2012/participez.asp

Organisations: Radio-Canada, Université du Québec en Outaouais, Aheeva CLD Centre local

Lieux géographiques: Montréal, Québec, Notre-Dame-de-la-Paix Laval Canada Saint-André-Avellin

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