Le citoyen avant le gérant de banque

Roch Cholette
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Maurice Duplessis aurait été fier de notre système. Un système qui favorise les amis. Un système qui récompense ceux qui votent du bon bord. Maurice Duplessis aurait aimé pouvoir décider du salaire des députés à l'Assemblée nationale en fonction du vote qu'ils exercent au Salon bleu.

Roch Cholette

Comment en 2011 sommes-nous revenus à ce temps-là? Comment notre démocratie a-t-elle pris ce coup de vieux? Si vous croyez que je parle de ce qui se passe au Québec... vous vous trompez.

Je parle de ce qui se passe à la ville de Gatineau.

C'est payant de voter du bon bord à Gatineau. Les six conseillers les mieux payés à l'hôtel de ville sont tous des alliés, supporteurs, défenseurs et je dirais même admirateurs du Maire Bureau. Il s'agit de Patrice Martin (77 890$), Denise Laferrière (73 660$), Luc Montreuil (66 730$), Joseph De Sylva (63 440$), Alain Riel (62 440$) et Denis Tassé (58 290$). Ils votent presque toujours et unanimement de la même façon que le Maire Bureau.

À l'opposé, est-il normal que Pierre Philion, qui a une très vaste expérience municipale, gagne 38 480$? La réponse est non. Est-ce que Pierre Philion est puni parce qu'il ne suit pas aveuglément la doctrine du Maire? La réponse est oui.

Que le salaire des élus puisse varier du simple au double dépendamment si le Maire vous aime ou non, est inacceptable. Que le Maire puisse décider de diminuer de 40 000$ le salaire d'un élu, simplement parce que le cœur lui en dit, est odieux.

Le problème de fond est que le salaire de base d'un élu est un maigre 35 000$. C'est risible. Pour obtenir un salaire respectable, les élus doivent présider ou siéger sur des comités dit «payants». Le problème émane du fait que c'est le Maire qui attribut ces comités payants aux conseillers, selon son bon vouloir.

La ville de Gatineau est une grande ville. Les élus gatinois ont de lourdes responsabilités. Ils méritent tous, peu importe leur affiliation avec le Maire, un salaire décent qui leur permet de travailler sans être redevables au Maire. Le salaire d'un élu doit être suffisant pour qu'il fasse son travail à plein temps. Pas de jobine de soir ou pire, de nuit.

J'estime qu'un élu de Gatineau mérite un salaire de 100 000$ sans aucune allocation non imposable, disposant d'un compte de dépenses raisonnable et public. Les conseillers devraient aussi disposer d'un budget de fonctionnement leur permettant d'embaucher du personnel compétent afin de les appuyer dans leurs tâches.

Des conseillers mieux payés, libres de voter selon leur conscience et outillés pour diriger la quatrième ville en importance au Québec. Voilà des ingrédients de base pour une démocratie bien vivante.

En clair, il est grand temps qu'un conseiller municipal exerce son métier en donnant une plus grande importance à un appel d'un citoyen qu'à celui de son gérant de banque.

Lieux géographiques: Gatineau, Québec

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