Un député par défaut…

Roch Cholette
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Lundi prochain les électeurs du comté de Bonaventure se choisiront un nouveau député pour les représenter à l’Assemblée nationale. Ce qui rend cette élection complémentaire intéressante c’est que ni les libéraux ni les péquistes ne souhaitent la gagner.

Roch Cholette

Tous s’entendent pour affirmer que cette partielle constitue un test, un ultime test de leadership pour Pauline Marois. Or, Jean Charest adore Pauline Marois comme chef de l’opposition officielle. Il aime la voir se chicaner avec son caucus. Il aime que les purs et durs du PQ la trouvent molle sur la question nationale. Il adore que les péquistes mous la trouvent trop pressée sur la même question. Il trouve amusant de la voir longer les corridors de l’Assemblée nationale avec le dos bien au mur de peur de recevoir trop de coups de couteaux.

Mais le premier ministre aime sa Pauline surtout parce que pendant qu’on parle de madame et du PQ, on ne parle pas de son gouvernement. Si le Parti libéral du Québec remporte une victoire lundi, aussi courte soit-elle, Pauline Marois devra quitter. Elle ne pourra convaincre les vautours du PQ qu’elle peut gagner une élection générale alors qu’elle ne peut gagner l’élection partielle au moment où sept québécois sur dix sont insatisfaits du gouvernement.

Le temps des Fêtes sera donc salutaire pour elle. En prenant une marche dans la neige autour de son domaine, elle se rendra à l’évidence. Elle annoncera son départ avant de se faire congédier. Et c’est la tragédie pour Jean Charest. Il veut garder madame Marois en selle pour la prochaine élection générale. Une victoire lundi risque donc de lui coûter très cher par la suite. C’est pourquoi je soupçonne qu’il souhaite en cachette de perdre l’élection de lundi.

Les députés et militants péquistes souhaitent eux aussi perdre l’élection de lundi pour des motifs carrément à l’opposé de Jean Charest. Ils souhaitent le départ de leur chef. Ces militants se rendent bien compte qu’avec madame Marois ça ne lève tout simplement pas. Elle ne touche pas les cordes sensibles des Québécois. Elle ne fait plus rêver au possible pays. L’option souverainiste est à son plus faible niveau des dernières décennies. Stratégiquement, son départ menotterait M. Charest en fermant la fenêtre électorale du printemps prochain. Cette fenêtre est intéressante pour les libéraux pour plusieurs raisons. Tout d’abord tenir une élection au printemps permettrait de devancer les audiences publiques de la Commission Charbonneau. Ensuite, une élection printanière ne donnerait pas suffisamment de temps au PQ de régler les querelles internes. Et finalement, une élection hâtive prendrait de vitesse la coalition pour l’avenir du Québec, notamment au niveau de sa caisse électorale.

Cette élection partielle est un mal nécessaire puisqu’aucun parti ne veut vraiment gagner. François Legault ne présente pas de candidat, le PQ veut utiliser cette défaite comme rampe de lancement à Pauline Marois et Jean Charest ne veut absolument pas gagner le comté de Bonaventure pour ensuite perdre le pouvoir aux mains de Gilles Duceppe. Les citoyens du comté de Bonaventure auront donc un député par défaut.

Organisations: PQ, Assemblée nationale, Parti libéral du Québec Commission Charbonneau

Lieux géographiques: Bonaventure, Québec

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  • Jacques Henri
    07 décembre 2011 - 09:02

    Hugo, tu dois trouver le temps long par les temps qui courent si tu milites toujours en faveur de la destruction du pays .... le Canada ..... un pays qui t'a donné jusqu'à ce jour toutes les libertés voulues. Tu as toujours eu de quoi te nourrir, te vêtir, t'instruire, de valoriser, te prendre en main, de dire tout haut ce que tu penses (liberté d'expression) , liberté de circulation dans toutes les parties du grand pays et ainsi de suite. Ce quoi de plus que tu aimerais avoir que le pays actuel ne te donne pas? Et ne me dit pas que c'est la fierté d'appartenir à un autre pays, on a entendu cette rengaine de milliers de fois depuis les cinquante dernières années et ça impressionne personne, tu comprends? J'ai déjà demandé à de nombreux jeunes qui se disaient péquistes parce que leurs professeurs vantaient les soi-disant mérites de la séparation, pourquoi ils favorisaient la séparation du Québec du reste du Canada et pas un seul, je dis bien, pas un seul savait pourquoi. Même François Legault ne veut plus attendre parler de la constitution avant au moins dix ans et encore. Il veut s'attaquer à l'économie, l'éducation, l'environnement, et ainsi de suite, tout comme le premier ministre le fait présentement. Mme Marois a perdu Bonaventure même si elle a passé 9 journées entières dans le comté .... du jamais vu. Elle est arrivée deuxième loin en arrière du liberal. Jean Charest n'est peut-être pas aimé de tous et c'est normal mais il sait comment gérer son parti et le gouvernement. Il n'existe pas de braillards dans le parti libéral comme on en voit dans le PQ. On met pas les chefs dehors à tout bout de champs. On résigne pas de notre poste parce que l'on aime pas ce que fait le chef. On travaille en harmonie et s'il se trouve un pépin sur la route, on trouve une solution mais surtout pas sur la place publique. Tu peux continuer à supporter les séparatistes, c'est ton droit (et un privilège que la liberté canadienne te donne) mais tu t'ennuieras pour encore longtemps.

  • Hugo
    02 décembre 2011 - 23:09

    Je suis militant péquiste. Comme la majorité des militants, je souhaite conserver Pauline Marois comme chef du PQ, même si le PQ (et non Madame Marois) perd lundi. Votre article est intéressant, punché, bien construit, mais combien réducteur à mon sens.