Le Plan Nord et le fer rouge

Roch Cholette
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Le premier ministre du Québec était en ville la semaine dernière dans le cadre de sa tournée Cap Nord.

Roch Cholette

En parcourrant le Québec, Jean Charest vise trois objectifs. Le premier est très certainement d'expliquer clairement ce qu'est le Plan Nord, cet ambitieux projet de développement du nord québécois, échafaudé sur les vingt-cinq prochaines années et nécessitant des investissements publics de plus de 80 milliards de dollars, soit 80 000 millions.

Le deuxième est de démontrer aux gens d'affaires les énormes possibilités d'affaires découlant du Plan Nord, peu importe la région d'origine de l'entrepreneur. Le premier ministre souhaite ainsi convaincre les Québécois qu'un comptable de l'Outaouais peut aussi bien tirer avantage du Plan Nord qu'une entreprise manufacturière de l'Abitibi.

Le troisième objectif visé par Jean Charest est de prouver aux Québécois dans leur ensemble que le gouvernement libéral actuel a un plan pour l'économie du Québec. Cet objectif ou cette démonstration devrais-je dire, est excessivement importante dans ce contexte pré-électoral où l'économie du Québec est chancelante. Bien sûr, en vantant le fait que le gouvernement a bien en main les enjeux économiques, Jean Charest tente de se positionner comme le seul chef et parti qui placent l'économie devant tous les autres enjeux.

D'ailleurs plus de deux cent gens d'affaires se sont déplacés pour écouter ces différents messages. Les gens d'affaires qui souhaitaient se faire prendre par la main afin de décrocher des contrats dans le nord québécois ont été déçus, et ce, à juste titre. Les entrepreneurs qui ont vu dans les paroles du premier ministre l'aménagement d'un tout nouveau terrain de jeu fertile aux affaires nouvelles, ont été choyés. Ceux et celles qui ont compris que le gouvernement était là pour accompagner les entrepreneurs plutôt que le faire à leur place ont découvert l'énorme potentiel de développement du Plan Nord.

Malheureusement, la Chambre de commerce de Gatineau a passé à côté d'un rôle qui lui revient d'office, celui de tirer les gens d'affaires vers le haut, de revendiquer en leur nom, de défendre leurs intérêts collectifs. Le président et le directeur général de la chambre ont plutôt décrié le fait qu'il en coûtait 50$ aux gens d'affaires pour participer à cette journée entière de réseautage et d'informations. Pour une fois, la Chambre s'est démarquée des autres chambres du Québec, mais pour les mauvaises raisons.

En étant pisse-vinaigre, les deux premiers dirigeants de la Chambre ont prouvé que l'arbre était plus important que la forêt. Ils ont piteusement démontré que la chambre est davantage un club social qu'un véritable agent de changement économique. Bien sûr qu'après coup, en constatant l’impair qu'ils avaient commis, les deux dirigeants de la chambre ont tenté de remettre la pâte à dents dans le tube en déclarant que la journée en a valu le coût. Le mal était déjà fait et malheureusement, l'Outaouais aura marqué la tournée québécoise du premier ministre, marqué au fer rouge.

Organisations: Chambre

Lieux géographiques: Développement du Plan Nord, Québec, Abitibi Gatineau

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