Les Québécois sont de bonne humeur

Patrick
Patrick Voyer
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

La politique au Québec est avant tout une histoire de cœur, de tripes et d’émotion.

Roch Cholette

Plusieurs votent par conviction, notamment sur la question nationale, mais rares sont ceux qui épluchent les programmes politiques de A à Z avant d’arrêter leur choix sur un candidat ou un parti.

Les enjeux du moment, l’atmosphère générale au Québec et les personnalités des principaux acteurs influencent le résultat du scrutin. En fait, l’humeur des Québécois influence grandement les politiciens et les politiques publiques. L’humeur influence aussi le moment où des élections sont déclenchées.

Stratégiquement, le premier ministre du Québec tente depuis plusieurs semaines de s’ouvrir une fenêtre électorale pour déclencher une élection avant le début des travaux de la commission Charbonneau sur l’industrie de la construction. Mais qu’est-ce qui peut bien influencer l’humeur des Québécois ?

La réponse est dramatiquement simple: le soleil, la politique et le Canadien de Montréal. Par un heureux hasard, Jean Charest a pu compter sur une série d’événements qui pavent la voix à un déclenchement rapide d’élections. Sans contredit, nous comptons sur une météo exceptionnelle depuis quelques semaines. Un petit verre sur une terrasse en fin d’après-midi rend le sourire plus facile et éloigne momentanément les soucis.

Aussi, le passage obligé de la présentation des budgets des gouvernements du Québec et du Canada s’est fait sans heurts. Aucun des deux gouvernements n’avait de mauvaises nouvelles au niveau des augmentations de taxes ou d’impôts. Et à la fin de la journée, un budget peut bien contenir de très nombreuses mesures, la question qui tue et qui intéresse les contribuables se résume à: «Ça me coûte combien de plus?» Cette fois-ci, la réponse est essentiellement: «Rien».

Mais l’événement le plus important qui a influencé l’humeur des Québécois récemment est sans contredit le congédiement de Pierre Gauthier, ancien directeur général du Canadiens de Montréal. Les Québécois étaient déçus voir même choqués non seulement de la performance de leur équipe, mais aussi de tout ce qui se passait à l’extérieur de la patinoire. Pierre Gauthier est un homme froid, hautain même, et les amateurs le ressentaient. Il gérait le club comme une entreprise quelconque sans tenir compte du lien affectif qui unit les partisans à son équipe. Le Canadien est l’organisme le plus médiatisé au Québec. L’embauche d’un entraîneur en chef qui ne parle pas français aura été la goutte qui a fait déborder le vase. Les Québécois étaient de mauvaise humeur envers la Sainte-Flanelle.

Et par un beau matin de la fin mars, les Québécois ont vu un anglophone bilingue, propriétaire du Canadien de Montréal, nos glorieux, donner un point de presse uniquement en français dans lequel il reconnaissait les erreurs passées, s’excusait pour les piètres performances de cette année, parlait de reconquérir la culture de gagnants et par surcroît, ramenait par la «grande porte» Serge Savard. Geoff Molson a été capable en trente minutes de changer l’humeur au Québec. Il a dit ce que les Québécois voulaient entendre: «Je vous ai compris, je m’excuse et nous allons tout faire pour gagner.»

Quelquefois en politique, on est simplement chanceux. Jean Charest n’aurait pas pu écrire un meilleur scénario. Molson a écrit le slogan de la prochaine campagne électorale pour le PLQ. Et imaginez si, à l’élimination des Coyotes de Phoenix, le commissaire de la Ligue nationale de hockey annonçait le retour des Nordiques. Vraiment, ce sera l’euphorie sur la Grande Allée comme sur la St-Catherine.

Les Québécois sont redevenus de bonne humeur. Le printemps est hâtif, les budgets du Québec et du gouvernement fédéral n’ont pas annoncés de hausses de taxes ou d’impôts, le retour des Nordiques est imminent et le Canadien de Montréal a entrepris le grand ménage.

Pourquoi est-ce que je mêle météo, politique et hockey? Parce que les Québécois le font. Parce que ces trois ingrédients influenceront le Premier ministre du Québec dans sa décision de lancer le Québec dans une élection générale. Et la grève étudiante là-dedans? À mon sens, les étudiants qui sèchent leurs cours, qui bloquent des rues et qui revendiquent l’équivalent de l’aide sociale étudiante, jouent le jeu du premier ministre. Vivement des élections!

Organisations: Canadiens de Montréal, Commission Charbonneau, PLQ Ligue nationale de hockey

Lieux géographiques: Québec, Canada, St-Catherine

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires