Les blagues en politique ... ce n’est pas une joke!

Roch Cholette
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Peu d’acteurs politiques ont un sens de l’humour aussi développé que Jean Charest.

Roch Cholette

Par une phrase, par un geste ou une mimique, M. Charest peut dérider son auditoire facilement. Il est un véritable pince-sans-rire. C’est ce qui rend l’homme si sympathique, même pour ses opposants. Malgré la pression énorme de sa charge, il est capable de rire et de faire rire. Pas étonnant qu’un fois par année, lors d’une soirée organisée par les journalistes de la tribune de la presse à Québec, Jean Charest s’illustre comme le politicien le plus drôle avec qui on voudrait prendre une bière.

Mais les blagues en politique sont toujours risquées. La semaine dernière, dans le cadre du salon sur le Plan nord, le premier ministre, comme il le fait si souvent, s’est inspiré du moment pour détendre l’atmosphère. Dans le cadre d’un discours stimulant sur le potentiel de développement du Nord québécois, il a fait référence à la grève étudiante, en proposant que le Nord québécois serait un endroit propice pour qu’ils trouvent du travail.

Pendant ce temps, dans les rues de Montréal, des centaines de voyous, des casseurs professionnels masqués et armés de clés anglaises manifestaient, non, saccageaient tout sur leur passage. Alors que l’escouade anti-émeute faisait son travail, le premier ministre tentait de faire le sien.

Malheureusement, ce qu’on retiendra de ce salon, ce sont bien plus les images de turbulence et la farce du premier ministre, que le véritable potentiel économique de cette deuxième Baie James. Malheureusement aussi, le premier ministre a fait une farce qu'il n’aurait pas dû faire. Même si de façon quotidienne il est capable de manier l’humour dans le cadre de ses fonctions, Jean Charest a fait une erreur. Il se retrouve dans une situation de vulnérabilité face à la CLASSE, cette association étudiante qui refuse de dénoncer la violence. Les dirigeants de la CLASSE ont maintenant une poignée, ils exigent des excuses du premier ministre pour cette farce qui est tombée à plat.

Neuf fois sur dix, l’humour sert bien le premier ministre. La farce de la semaine dernière était l’exception qui confirme la règle. Le premier ministre devrait dire que ses propos étaient de mauvais goût dans le contexte. S’il fait ce geste de bonne foi, les dirigeants de la CLASSE devraient suivre l’exemple et condamner tous les gestes de violences associés à la grève étudiante. S’ils refusent, ils s’accoquinent sciemment aux débordements et aux actes illégaux.

Lieux géographiques: Québec, Montréal, Baie James

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  • Germain Comeau
    26 avril 2012 - 10:52

    À L'attention de Roch Cholette. Vos commentaires sont généralement bien allumés et j'aime ça. Cette fois, j'ai un souci face à ve que vous laissez entendre dans le cas de la blague de Jean Charest. Les faits sont que lorsque Jean Charest est arrivé au centre des congrès, la foule des manifestants était déjà là faisant du vandalisme et du saccage depuis un certain temps. Ce fut la raison de la blague car pas de manifestant, pas de blague. Croyez-vous que suite à cette blague qui n'aurait pas dû normalement sortir du cénacle de la réunion, les manifestants sont allés chercher des clés anglaises et autres engins destructeurs en réaction à un commentaire qu'ils n'ont pas entendu et ont de ce fait manifesté leur écoeurement face à une remarque aussi peu conséquente et aussi peu menaçante. Il me semble que l'on donne une trop grande importance à la blague et pas suffisamment à la présentation sur le Plan Nord. N'y a-t-il qu'aux étudiants qu'il est permi de commenter en injuriant les ministres. Quand ils parlent de l'huile sur le feu de la part des ministres et autres gens qui ne supportent pas leur intransigeance, il me semble que c'est plutot eux qui en mettent en refusant de condamner le vandalisme et de s'embourber dans la contestation violente et le non respect de ceux qui veulent suivre leurs cours carces derniers ont à coeur leur formation.. Combien de blagues fort déplacées ont-ils faites durant leurs réunions lesquelles n'ont pas été toutes rapportées mais passées sous silence. Ici, je pourrais parler des votes d'intimidation à main levée et boycott de ceux qui ne partagent pas les idées de ces révolutionnaires. Il est peut-être temps de cesser le paternalisme et dénoncer l'acceptation du vandalisme et de la criminalité reliés aux manifestations étudiantes pour que ceux-ci puissent refiler leurs obligations présentes aux générations futures. Les arguments étudiants n'ont rien de l'ampleur d'une révolution qui mériterait un tel carnage. La raison est simple. ce n'est pas une question de 0.82 cents pas jour d'ajout à leurs frais scolaires qui est l'agenda caché de ces enfants rois. Il est difficile de croire qu'une "supposée élite" se laisse enfariner par des arguments fictifs et à la limite, enfantins. N'y a-til que des poltrons parmi les professeurs et autres supporteurs de l'anarchie. Il y a peut-être trop peu de gens qui paient des impôts au Québec dont la réaction est 'Donnez leur donc tout ce qu'ils veulent, ces pauvre petits. S'ils tapent du pied, c'est qu'ils ne sont pas contents". Et les payeurs de taxes, vont-ils à leur tour se révolter car c'est toujours eux qui écopent.