L’Agence de la santé de l’Outaouais est-elle utile?

Roch Cholette
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À tous les jours, des appels de détresse arrivent à la centrale 911, où des répartiteurs chevronnés accompagnent des citoyens paniqués. À tous les jours, les paramédics de l’Outaouais sauvent des vies. À tous les jours, des citoyens ont confiance qu’en situation d’urgence, la Coopérative des techniciens ambulanciers sera au rendez-vous. Et l’histoire prouve qu’elle s’acquitte admirablement bien de cette tâche dans des conditions loin d’être optimales.

Roch Cholette

Mais cette coopérative est loin d’être la seule instance à contrôler le service ambulancier en Outaouais. Le ministère de la Santé et des services sociaux, par l’entremise de son bras agissant en Outaouais, «l’Agence de la santé», décide ultimement des ressources affectées à l’Outaouais en matière de services pré-hospitaliers d’urgence. Ce sont des fonctionnaires, particulièrement le PDG de l’Agence en Outaouais, qui déterminent le nombre d’ambulances en service en Outaouais. Depuis que je me rappelle, l’Outaouais fait figure de parents pauvres en matière de desserte ambulancière.

Dans ce domaine, tout se calcule en temps de réponse. Combien de temps a-t-il fallu à l’ambulance pour rejoindre le patient? C’est la question qui tue. Plusieurs facteurs en Outaouais influencent négativement cette réponse. Que ce soit l’étendue du territoire, l’engorgement dans nos urgences, les décisions irréfléchies de fermer des voies d’urgence ou même les délais démesurés nécessaires aux ambulanciers pour quitter l’hôpital après un transport.

Par contre, à force de persévérance, des améliorations ont été apportées au cours des ans. Mais la situation est loin d’être parfaite, ou même acceptable. La preuve est que les paramédics d’Ottawa ont dû prêter main-forte à l’Outaouais à une centaine de reprises l’an passé. C’est donc dire que deux fois par semaine, nous devons nous fier sur les ressources d’une autre province pour sauver la vie des Québécois. Deux fois par semaine, nous devons quémander l’aide de nos voisins pour nous sortir de la merde. Et savez-vous combien de fois par année les ambulanciers québécois donnent un coup de main aux paramédics d’Ottawa? Jamais, zéro, nada. Trouvez l’erreur.

Le comble là-dedans, c’est l’annonce de la semaine dernière. Les paramédics d’Ottawa ont sifflé la fin de la récréation. Ils ont annoncé trois décisions. Une première est à l’effet que le Québec devra payer 1 000$ pour chacune des interventions des paramédics ontariens au Québec. La deuxième est que le Québec devra assumer une facture de plus de 130 000$ pour des services passés. Et la troisième décision, mais certainement la plus inquiétante, est à l’effet que les paramédics d’Ottawa vont limiter leur aide au Québec à 50 déplacements par année. Je vous rappelle que simplement l’an passé, la région de l’Outaouais a eu recours aux services d’Ottawa à 100 reprises et que déjà pour les trois premiers mois de 2012, Ottawa a été sollicité à plus de 30 reprises.

La question que tout le monde se pose: il arrive quoi après avoir atteint le chiffre de 50? Nous devrons attendre combien de temps pour obtenir une ambulance? Combien de personnes vont subir des séquelles supplémentaires en raison des délais supplémentaires?

Est-ce qu’on devra enlever une ambulance au secteur du Pontiac, de La Pêche, de Maniwaki ou de Thurso pour desservir le secteur urbain de l’Outaouais?

Le pire là-dedans, c’est que l’Agence de la santé s’est faite complice de la décision d’Ottawa. Au lieu d’assumer son rôle de défenderesse des intérêts de la région en revendiquant les ressources nécessaires, elle contribue à diminuer les services de soins de santé ici-même en Outaouais.

C’est à se demander sa véritable utilité.

Organisations: Agence, Ministère de la Santé

Lieux géographiques: Ottawa, Québec, Secteur du Pontiac La Pêche Maniwaki Thurso

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  • Marcus
    05 juin 2012 - 10:42

    Au lieu de penser à dépenser des millions de dollars entre les deux rives de la rivière, pour planter des milliers arbres et faire des promenades d'asphalte pour les touristes qui ne se bousculeront jamais aux portillons d'une ville comme Gatineau, il faudrait plutôt songer à un service MédicAir pour obtenir les temps de réponse requis qui seraient de dix minutes ou moins dans les cas de défaillance cardiaque, de coma, d'accident de la route et d'accident de travail très grave, après quoi le risque pour le patient devient imprévisible.