Manifestement, ce député a délibérément voulu se faire passer pour un martyr. En quête insatiable de visibilité, il a utilisé à ses fins politique et personnelle, le conflit étudiant qui ternit présentement l’image du Québec. Mais à ses yeux, l’image du Québec est bien secondaire à la sienne.
Je serai direct et franc. Le co-chef de Québec solidaire Amir Khadir déshonore la fonction de député. En incitant les Québécois à la désobéissance civile et en participant sciemment à une manifestation déclarée illégale, il encourage la rue à faire fi de nos lois, de notre assemblée nationale et de la règle de droit. Pour lui, la fin justifie les moyens, même si ceux-ci doivent être illégaux. Il considère que si l’on juge une loi injuste, le peuple a le loisir, non le devoir, de ne pas la respecter. Dans la vision des choses de ce médecin militant, la ligne entre démocratie et anarchie doit être sinueuse et aléatoire en fonction de qui l’interprète. D’ailleurs, en bon père de famille, il a su inculquer ses propres valeurs à sa fille de dix neuf ans qui vient d’être arrêtée et inculpée de onze chefs d’accusations criminelles en lien avec des gestes illégaux commis dans le cadre du conflit étudiant.
Le problème majeur du député est justement cela, il est député. Sa fonction première est de voter des lois dans un forum qui constitue le bastion fondamental de notre démocratie, l’Assemblée nationale du Québec. Il a décidé de jouer un rôle dans cette assemblée et non dans la rue. Sa fonction l’oblige à convaincre une majorité d’élus de la valeur de ses positions et ce, à la force de ses arguments. Il doit par la suite respecter le vote de ses semblables. Cela représente le véritable sens du mot démocratie.
Malheureusement, il ne convainc à peu près personne au Québec. Avec un taux d’appui populaire d’environ 4%, Québec solidaire et son unique député doivent se rendre à l’évidence qu’il ne représente qu’une infime portion de Québécois, principalement situés dans le secteur du plateau à Montréal.
Le plus paradoxal dans les gestes planifiés de cet émule de Gandhi et de Martin Luther King, selon ses propres affirmations, c’est qu’il utilise nos lois avec lesquelles il est manifestement en accord pour en défier d’autres. Il revendique la Charte des droits et libertés pour pouvoir briser la loi 78. Ce faisant, il avoue sa très grande impuissance dans une assemblée délibérante. Et il en conclut qu’il est plus utile dans la rue qu’au salon bleu. Là-dessus, je suis en accord avec ce député qui est bien plus narcissique que démocrate.





