Poser la question c’est y répondre!

Roch Cholette
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La télésérie «Le Jacques Duchesneau show» s’est poursuivie la semaine dernière.

Roch Cholette

Après avoir sali la réputation du ministre Sam Hamad et après avoir avoué qu’il avait lui-même fourni copie de son rapport aux journalistes, on apprend maintenant qu’une fois son mandat terminé à la tête de l’unité anti-collusion, il avait continué de façon personnelle et bénévole à enquêter. À titre de citoyen Charbonneau, il a rencontré treize personnes et a produit un second rapport d’une cinquantaine de pages dans lequel il avance que le financement des partis politiques est corrompu et que peu de contrats publics sont réellement donnés au plus bas soumissionnaire sans que du «fling-flang» ne se soit produit. Sous la protection de l’immunité que lui procure la Commission, le citoyen Charbonneau, orné de son «badge» de policier retraité, accuse à tout vent, mais ne prouve absolument rien. Pressé de questions en contre-interrogatoire, il s’impatiente qu’un procureur mette en doute sa crédibilité et surtout le mette au défi de prouver ce qu’il avance. Quel mandat avait-il pour poursuivre son enquête? Comment se présentait-il? Citoyen Duchesneau? Ex-policier? Ex-responsable de l’UAC? Quelle pièce d’identité montrait-il? Promettait-il l’immunité contre les témoignages? Compromettait-il les travaux policiers de l’escouade Marteau? Vraiment, Duchesneau s’est senti investi d’une mission. Mais à son grand déplaisir, le Québec n’est pas un état policier et encore moins un état ou de simples citoyens s’improvisent justiciers. Mais les exagérations, voire les énormités de ce «m’as-tu vu», concernant le financement des partis politiques et ses allégations quant à l’étendu du fléau de l’argent sale dans les campagnes électorales au Québec, prouvent qu’il existe un malaise évident à ce chapitre. Dans le système actuel, le financement des partis politiques par des contributions volontaires d’électeurs est essentiel à notre démocratie. Ce processus est encadré par des lois de plus en plus sévères. Le système n’est certainement pas parfait, mais aucun système n’est blindé aux ripoux. Malheureusement, Duchesneau vient de contribuer encore davantage à ce que l’opinion publique condamne automatiquement un contributeur, même s’il respecte la loi à la lettre. Et c’est particulièrement vrai si cet individu est en affaires. L’opinion publique associe automatiquement, contributions politiques et contrats publics, même si ces deux situations sont exécutées en toute légalité. Depuis plusieurs années, je plaide pour le financement complètement public des partis politiques. Sans nous coûter un sous de plus collectivement, puisque le trésor québécois assume déjà la très vaste part du financement politique, que ce soit en crédits d’impôts ou en remboursements des dépenses électorales, le financement public règlerait toutes les perceptions de copinage et de retour d’ascenseur. D’ailleurs, le député indépendant Jean-Martin Aussant vient de déposer à l’Assemblé nationale un projet de loi qui propose, entre autres, un financement complètement public des partis politiques et des candidats. Je m’inscris dans cette mouvance. D’ailleurs ce genre de financement public avait été mis en place il y a quelques années par Jean Chrétien au niveau fédéral. Malheureusement, les conservateurs du premier ministre Harper ont fait marche arrière. La seule question qui demeure est vraiment: qui a avantage à s’opposer à un financement public des partis politiques? Et surtout pourquoi? Poser la question c’est y répondre!

Lieux géographiques: Québec

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Derniers commentaires

  • Denis Pageau
    29 juin 2012 - 17:09

    Oui au financement public, mais pour élire directement nos ministres et notre premier ministre. Je crois que nous sommes maintenant assez évolués pour élire directement nos ministres et notre premier ministre. Certes, il faut sortir de la boîte pour comprendre comment on pourrait développer une telle approche électorale, mais c'est définitivement réalisable. Ainsi on pourrait tous les ans, et ce à date fixe, élire deux ou trois ministres pour des mandats de six ans. Au bout de six ans, on recommence. À la fin du cycle de six ans on aurait alors élit entre 11 et 17 ministres ainsi que notre premier ministre. On attirerait de meilleurs candidats, éliminerait le zèle associé à la partisanerie et augmenterait le transfert des connaissances. Qu'en pensez-vous? Denis Pageau http://societologie.ca

  • Peter Raby
    28 juin 2012 - 17:14

    Complètement en désaccord avec vous M.Cholette.Je remercie M.Duchesneau pour son courage d' avoir fait couler son rapport au média sinon M.Charest n'aurait jamais aller de l'avant avec la commission Charbonneau.C'est clair comme de l'eau source que le gouvenement ne voulait pas de la commission.Et si M.Duchesneau a continuer son enquète après son mandât c'est peut être parce qu'il voulait plus d'informations pour se protèger contre la "mafia" à cravate. Bravo M.Duchesneau Bravo M.Bellemare Bravo Journal de Montréal pour toutes les dénonciations que vous faites via l'accès à l'information parce que `c'est surement pas le gournement qui va dénoncé les abus.Excuser moi le gouvernement va dénoncer l'abus seulement lorsque ca sort dans les médias. C PAS NORMAL PETER RABY