Le jupon dépassait déjà…

Roch Cholette
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Finalement Pierre Duchesne sort de la garde-robe. Il vient de donner raison à tous ceux qui le croyaient biaisé dans ses reportages, farouchement souverainiste et affectionnant particulièrement le parti de Pauline Marois.

Roch Cholette

Cet ex-journaliste de Radio-Canada, affecté à la colline parlementaire à Québec, vient d’annoncer seulement quelques jours après son départ de la télévision d’état, qu’il sera candidat pour le Parti québécois dans le comté de Borduas. Ce nouveau candidat feint ne pas avoir eu de relations avec les instances du parti avant son départ de Radio-Canada. Il jure que ses reportages ont toujours été neutres et impartiaux comme le veut l’éthique journalistique. Il affirme qu’il ne savait pas qu’un comté aussi sûr pour le PQ, que le comté de Borduas, était réservé à un candidat vedette. Je n’en crois pas un seul mot.

Pauline Marois affirme sans broncher que tout le monde savait que Pierre Duchesne était souverainiste parce qu’il avait écrit une biographie sur Jacques Parizeau. Ne vient-elle pas confirmer le pire ? Que certains journalistes à Québec sont teintés. Que par leurs reportages, leurs écrits et leurs commentaires nous sommes à même de savoir pour qui ils votent? Ne confirme-t-elle pas que pour plusieurs, l’impartialité journalistique n’existe pas à Québec.

Un journaliste n’est pas un éditorialiste ou un chroniqueur. Il doit rapporter les faits et les événements de façon neutre et équilibrée. Il doit faire preuve de dégagement. Il doit garder ses opinions et ses biais personnels pour lui. Il doit être professionnel, c’est ça être journaliste.

Mais le commentaire, je devrais dire le lapsus de madame Marois en dit long sur sa façon de voir le rôle des médias. Ça va être beau en campagne référendaire.

Madame Marois tente également de nous faire croire que le comté ultra péquiste de Borduas n’était pas réservé pour Duchesne. Voyons donc ! Le PQ n’est pas à ce point broche à foin, pour ne pas orchestrer l’arrivée d’un gros nom dans un château fort comme Borduas. Et croyez moi, l’atterrissage d’un parachuté dans un comté souverainiste n’est pas une mince affaire au PQ. Ça ne se fait pas en criant ciseau. Non, l’arrivée de Duchesne dans Borduas a été calculée dans les moindres détails.

Mais la vraie question est bien plus « Qui est le véritable coupable dans cette affaire ». On peut bien douter de l’honnêteté intellectuelle de Pierre Duchesne, de son sens du devoir et de son professionnalisme. On peut bien dire que le PQ a manigancé toute cette affaire, il n’en demeure pas moins que le grand responsable de cette dérive journalistique est l’employeur de Duchesne, Radio-Canada. Muette depuis l’annonce, notre diffuseur d’état marche sur des œufs. Son indifférence et son silence parlent fort.

Pourquoi n’y aurait-il pas des règles d’après-mandat pour les journalistes affectés à la couverture politique. À l’instar d’élus et du personnel politique qui sont assujettis à de très sévères contraintes d’après-mandat, pourquoi ne pas imposer un devoir de réserve à ceux et à celles qui décrivent au quotidien l’action politique. Une période tampon, un moratoire, des restrictions quant au rôle politique que les journalistes peuvent jouer à leur départ du métier de journaliste ne seraient que normal. Ne pas le faire permet à des rapporteurs de fait de préparer sous le couvert de la neutralité, leur après carrière. Ça leur permet d’étirer l’élastique dans le sens qui leur convient et surtout qui convient à leur futur patron, les chefs des partis politiques.

Et le malheur est bien que le cas de Duchesne n’est pas l’exception. Pensons à Christine Saint-Pierre, à Bernard Drainville et à Gérard Deltell, pour ne nommer que ceux-là. Tous des journalistes qui ont fait le saut en politique, et ce, sans aucune restriction, sont la preuve que la liberté individuelle de ces personnes va à l’encontre du bien commun. La seule bonne nouvelle, c’est que pour plusieurs d’entre eux, nous voyons maintenant l’ensemble du jupon qui dépassait déjà beaucoup.

Organisations: Parti québécois, Radio-Canada

Lieux géographiques: Borduas, Québec

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  • Luc Gagné
    14 juillet 2012 - 08:11

    Votre chronique est bien maladroite et vous êtes bien mal placé pour donner des leçons. Comme Jean Lapierre, les membres du Club des ex, Joseph Facal et de nombreux autres politiciens, suite à votre départ de la politique active, vous avez envahi les médias avec vos chroniques d'opinions. M. Duchesne, Mme St-Pierre et M. Drainville ont fait le chemin inverse... Personnellement, pour reprendre vos mots, je ne trouvais pas que leur jupon dépassait dans leur travail comme journalistes professionnels. Par contre, lorsqu'on vous lit ou vous écoute, votre jupon libéral dépasse au point où vous vous enfargez souvent dedans. Et le plancher doit être très propre suite à votre passage...

  • Guy Beaulieu
    13 juillet 2012 - 09:43

    C'est curieux que M. Cholette passe sous silence les noms des anciens journalistes de Radio-Canada et autres médias qui en fin de carrière ont embrassé les couleurs qu'il défend sans vergogne: le Parti Libéral et le fédéralisme. Si on avait adopté le moratoire qu'il propose que seraient devenus les : Pierre Laporte,René Lévesque(député et ministre libéral avant de devenir souverainiste)et Christine St-Pierre, Marguerite Blais et Dominique Vien ( toutes deux actuelles ministres libérales. Le même moratoire nous aurait privé de trois dignes représentants de sa majesté la reine dans le plus merveilleux pays au monde le Canada, les Roméo Leblanc,Jeanne Sauvé et Michaelle Jean.