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Les candidats vedettes... un couteau à deux tranchants

Roch Cholette

Roch Cholette

Publié le 8 Août 2012
Publié le 6 Août 2012
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La Revue

Voilà presqu'une semaine que la campagne électorale a débuté et déjà elle nous révèle plein de surprises. Pas tant au niveau des engagements électoraux mais surtout en terme de candidatures, de prestige ou encore d'absence de telles candidatures.

Sujets :
Parti Québécois , Coalition , Québec , Porte de la CAQ , PLQ

En politique, les candidatures vedettes en campagne électorale sont des couteaux à deux tranchants. Ces candidats sont souvent difficiles à gérer.

Tout d'abord, ces soi-disant vedettes négocient habituellement leur arrivée dans une formation politique. Elles négocient le rôle qu'elles joueront dans un éventuel gouvernement. Elles négocient également les engagements électoraux des partis. Pour ces vedettes, le processus démocratique qui permet aux membres des partis de confectionner un programme politique est accessoire.

Elles arrivent avec leurs gros sabots et imposent des engagements. Ces candidats prennent beaucoup de place, souvent au détriment de députés actuels qui ont travaillé d'arrache-pied depuis des années pour leur formation politique.

En politique, il est relativement facile de se voir imposer l'étiquette de candidat vedette. Avoir un nom connu, s'être illustré dans un domaine en particulier et surtout, ne pas avoir milité pour le parti politique, sont souvent suffisants pour recevoir le titre de vedette. Le véritable défi n'est pas d'arriver en politique avec le titre de vedette mais plutôt de le demeurer durant tout le mandat et de quitter la politique avec le même titre.

Et bien que l'arrivée d'une vedette donne souvent de l'élan à une campagne électorale, le départ d'une vedette est souvent plus dommageable. Lorsqu'une de ces vedettes claque la porte pour une raison quelconque, l'onde de choc est majeure. Pensons simplement au départ de Lucien Bouchard du cabinet progressiste-conservateur à l'époque. Pensons aussi au départ de Marc Bellemare, d’Yves Séguin ou même de Lyne Beauchamp plus récemment. Et le PQ n'est pas en reste. Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lizette Lapointe en sont la preuve.

Cela étant dit, la capacité pour un parti, d'attirer de telles candidatures est souvent synonyme de renouveau, de légitimité et de probabilité d'assumer le pouvoir. Les électeurs voient dans l'annonce de candidatures vedettes l'espoir de renouveau et de crédibilité. Mais plus important encore, l'incapacité pour un parti d'attirer des gros noms est synonyme chez l'électorat de désuétude et de l'incapacité pour ce parti politique de se renouveler. La campagne en cours ne fait pas exception à cette règle.

Avec les candidatures du Docteur Gaétan Barrette et de Jacques Duchesneau, la Coalition avenir Québec a frappé un grand coup dans l'imaginaire des électeurs. Ces deux candidats vedettes offrent crédibilité et sérieux. Le risque associé à leur venue en politique est par contre énorme, particulièrement dans le cas de Jacques Duchesneau. Son arrivée est tout un exploit pour Francois Legault. Mais cet homme individualiste et rempli de contradictions causera un tort inestimable lorsqu'il claquera la porte de la CAQ. Parce que la porte, il la claquera un jour. La question n'est pas de savoir si oui ou non il quittera le bateau de la CAQ, mais plutôt quand?

Pour le parti de Pauline Marois, l'arrivée de Pierre Duchesne, Daniel Breton, Djemila Behabib, Jean Poirier, Réjean Hebert et de Bernard Généreux, pour ne nommer que ceux-là, donne un élan que le PQ avait bien besoin. Mais l'annonce de la candidature de Léo Bureau-Blouin coûtera cher au PQ en termes de crédibilité. Cette candidature attache les mains du PQ. Imaginons un instant l'impact d'un départ avec fracas du député Bureau-Blouin du caucus de Parti Québécois. Madame Marois pliera devant l'ensemble des demandes de ce jeune manifestant pour éviter une autre crise au sein de son parti.

Pour ce qui est du PLQ, probablement échaudé par de mauvaises expériences passées, les candidatures vedettes sont à peu près inexistantes. Mis à part la candidature de l'ex-policier Robert Poeti et la transfuge adéquiste Linda Lapointe, peu de gros noms sont sur les rangs libéraux. Est-ce que les électeurs leur pardonneront leur manque de renouveau?

La réponse le 4 septembre prochain.

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