Être au volant n'est pas une mince tâche pour les aînés

Daniel LeBlanc
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Conduire un véhicule n'est pas toujours de tout repos pour les personnes âgées. Souvent pointées du doigt sur les routes, elles ont pourtant des statistiques aux antipodes de celles des jeunes en ce qui a trait aux accidents.

Être au volant n'est pas une mince tâche pour les aînés

Le couple formé de Carole et Ronald Primeau en sait quelque chose. Respectivement âgés de 64 et 66 ans, les deux Gatinois forment un duo «taxi» pour le Centre des aînés de Gatineau depuis déjà quatre ans.

Leur mission deux fois par semaine: aller chercher les aînés en vue de leur période d'activités dans les locaux de l'organisme, pour ensuite les raccompagner à bon port. Les bénévoles donnent aussi un peu de leur temps lors du déroulement des activités.

Pour M. Primeau, il est clair que les personnes âgées doivent être alertes plus que jamais lorsqu'ils prennent le volant en 2009. À son avis, les raisons sont assez simples. «C’est de plus en plus dangereux parce que les conducteurs sont plus impatients. Le rythme de vie des gens d’aujourd’hui créé une tension. Ils sont habitués de tout avoir et se pensent parfois maîtres de la route», commente-t-il.

De son côté, son épouse croit que la problématique est plus complexe. «Il y a quelques années, j’allais travailler à Ottawa et j’étais dans la circulation, dans le feu de l’action. Mais maintenant que je suis à la retraite, je suis plus au ralenti», dit-elle. «Le problème n’est pas nécessairement un groupe en particulier, mais plutôt le fait que chacun a un comportement et un rythme différent», ajoute la dame.

Consciente que les capacités de conduire peuvent en prendre un coup avec l'âge, la sexagénaire dit être entièrement en accord avec les règles de la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ). La Société d'État envoie un formulaire à faire remplir par un professionnel de la santé, une demande acheminée une première fois à l'âge de 75 ans, puis à 80 ans et par la suite une fois toutes les deux années. «Ça me surprend à quel point on peut en perdre vite. Probablement que c’est parce que nous ne sommes pas dans le feu de l’action, tous les jours à l’heure de pointe», affirme Mme Primeau. Une raison supplémentaire pour apprécier le fait de faire équipe avec son mari à bord d'une voiture. «Nos réflexes sont à la baisse avec l’âge, donc dans notre cas, en travaillant ensemble, on a tous les deux les yeux sur la route», précise-t-elle.

Quand on pense que selon les données de la SAAQ, le doyen des détenteurs de permis de conduire dans la Belle Province est âgé de 103 ans, toutes les raisons sont là pour croire qu'il n'y a pas de limite d'âge maximale pour être au volant d'un véhicule. Le couple Primeau, espère ne pas avoir à accrocher définitivement son porte-clés avant l'âge de 85 ou 90 ans, si bien sûr la santé leur permet.

Des statistiques aux antipodes

Les données compilées par la SAAQ pour le nombre d'accidents veulent tout dire. Les personnes âgées de 65 ans et plus détiennent presque la même proportion de permis de conduire que le groupe d'âge des 16 à 24 ans, mais elles ont été impliquées en 2008 dans 9% des accidents mortels, comparativement à 22% pour les jeunes conducteurs. La même histoire se répète au niveau des accidents avec blessés graves ou légers. Globalement, le nombre d'accidents de tous genres s'élève à 18 069 pour les personnes âgées de 65 ans et plus, comparativement à 44 830 pour la catégorie des 16 à 24 ans.

Carole Primeau pense que ça s'explique entre autres parce les jeunes automobilistes sont plus enclins à prendre des risques sur les routes et que les aînés ont acquis une certaine sagesse. «On connaît les conséquences, car on a été jeunes nous aussi. Notre vécu fait qu’on est moins casse-cou. Il faut bien que ça ait sorti à quelque chose toutes nos années de maturité», relate-t-elle.

Par ailleurs, maintenant qu'il connaît pratiquement tous les racoins de la ville, le couple a identifié quelques tronçons qu'ils jugent dangereux. Ils citent le boulevard de La Vérendrye à la hauteur de l’école secondaire du Versant et le boulevard de l'Hôpital à la hauteur des résidences Cité-Jardin. Souhaitant que la sécurité soit une priorité, ils sont pleinement en accord avec le fait que la limite de vitesse maximale pourrait passer de 50 à 40 km/h dans quelques rues des quartiers résidentiels.

Organisations: SAAQ, Centre des aînés de Gatineau, Société d'assurance automobile du Québec Société d'État Groupe d'âge Hôpital à la hauteur des résidences Cité-Jardin

Lieux géographiques: Ottawa, Boulevard de La Vérendrye

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