«Les cérémonies de décès sont toujours les situations les plus difficiles pour moi» - Major Benoit Achim

Marie Pier
Marie Pier Lécuyer
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Depuis quelques années, le déploiement militaire en Afghanistan a été à maintes reprises l’objet de critiques. Le Bulletin a rencontré pour vous trois militaires du secteur de Buckingham, qui ont accepté de compter leur expérience à Kandahar…

Âgé de 31 ans, le Major Benoit Achim agit à titre d’officier des communications et de l’électronique dans la Force aérienne et est membre des Forces armées canadiennes depuis maintenant quatorze ans.

Il avoue s’être tout d’abord enrôlé dans les rangs de l’armée canadienne par goût de l’aventure. «En m’enrôlant avec les Forces canadiennes, j’ai réussi à réaliser une partie de ce rêve. J’ai visité des provinces canadiennes et des pays du monde où je n’aurais jamais pensé aller», raconte celui qui a aussi obtenu son diplôme universitaire en même temps.

Aujourd’hui, il avoue que ce sont les défis présents dans les Forces canadiennes qui l’attirent. «Étant donné que je suis toujours muté après quelques années à un autre poste, il y a toujours de nouveaux défis qui se présentent et ceux-ci me gardent engagé et motivé», explique le Major Achim.

Déployé en mars dernier et de retour au Canada depuis le début de l’automne, le Major Benoit Achim soutient que la chose la plus facile lors d’un séjour comme celui-ci est la routine. «On n’a pas à se demander ce qu’on fait un dimanche; on s’habille en uniforme et on rentre au travail», lance-t-il.

Par contre, il avoue avoir trouvé difficile d’être loin de ses proches, malgré la technologie qui permet de communiquer avec eux, lui qui en était à son premier déploiement dans un théâtre d’opérations. «Je m’ennuyais de ma femme et des week-ends d’été que nous passions généralement au chalet de mes beaux-parents», avoue le Major Achim.

Ce dernier souhaite d’ailleurs que les gens de sa communauté soient fiers des troupes en Afghanistan, alors qu’il soutient que les militaires travaillent souvent dans des conditions difficiles, avec des grandes chaleurs et un terrain accidenté. «Il y a beaucoup de poussière ici. Il fait également très chaud: 35 degrés Celsius n’est pas une température anormale, et nous sommes seulement au printemps», raconte-t-il.

Le Major Benoit Achim avoue aussi que le moment le plus difficile qu’il a vécu a été la participation à différentes cérémonies de décès. «Ça faisait seulement deux jours que j’étais arrivé à Kandahar et je regardais déjà quatre cercueils repartir pour le Canada», se souvient-il.

Un défi de taille pour le Capitaine Frédéric Guénette

Le Capitaine Frédéric Guénette, âgé de 31 ans, est membre des Forces armées canadiennes depuis maintenant 13 ans et a pu relever un immense défi en Afghanistan. Pilote d’hélicoptère CH-147 Chinook, il a été le premier pilote canadien à voler l’appareil en Afghanistan. «Avoir la chance d’établir une nouvelle capacité opérationnelle en théâtre est définitivement un défi très intéressant que je suis fier de relever», lance-t-il.

Celui qui a toujours été fasciné par le monde de l’aviation soutient qu’il s’agit d’une des raisons pour laquelle il a décidé de s’enrôler dans les Forces armées canadiennes. «Le métier de pilote m’a toujours intéressé et joindre les Forces est un choix facile pour quelqu’un qui cherche constamment à relever des défis et repousser les limites de la routine», clame le capitaine Guénette.

Ayant été présent en sol afghan de décembre 2008 jusqu’au mois de juillet 2009, il avoue avoir trouvé facile de travailler avec les gens dans un environnement exigeant. «Il s’avère que c’est, de façon contre-intuitive, être une tâche simplifiée de par le fait que tout le monde est concentré sur la mission et le travail à accomplir», explique-t-il.

Il a par contre trouvé difficile pour son premier déploiement en Afghanistan, de laisser derrière lui les personnes qu’il aime. «Quitter notre chez-soi pour la moitié d’une année nous fait réaliser tous les petits plaisirs de la vie que nous prenons pour acquis», note le capitaine Guénette qui a aussi dû partir six mois de plus pour des entraînements aux États-Unis.

Ce dernier a aussi souhaité lancer un message aux gens des différentes communautés d’où proviennent les militaires canadiens. «Supportez le plus possible, et à votre manière, les familles des militaires», clame-t-il. Il soutient que pour un soldat qui quitte pour quelques mois, il est rassurant de savoir sa famille bien entourée.

Le capitaine Frédéric Guénette a aussi été surpris par les conditions rudimentaires de Kandahar et explique que les gens habitent dans des maisons de terre qu’ils ont construites avec de la boue et de l’eau, que le paysage est désertique et que la poussière y est très présente.

Il avoue par contre avoir été impressionné par la beauté naturelle du désert rouge, avec des dunes à perte de vue. Il est parsemé de Bédouins, qui habitent dans des tentes ainsi que des dromadaires, bergers et chèvres. Je suis toujours surpris d’apercevoir, au milieu de nulle part, dans le désert, à des dizaines de mille de n’importe qui, un homme seul, marchant», avoue le capitaine qui soutient avoir vécu de belles émotions fortes.

Un troisième déploiement pour le Major Alexandre Dubois

Pour le Major Alexandre Dubois, pilote de CH-147 Chinook de 34 ans, il ne s’agissait pas d’une première expérience dans un théâtre d’opérations, lui qui a été au Kosovo et en Bosnie.

Membre des Forces armées canadiennes depuis 1992, il a joint les rangs de l’armée pour devenir pilote. «Les Forces canadiennes m’ont permis de réaliser ce rêve et j’ai aussi pu faire des études universitaires», raconte celui qui carbure maintenant aux défis pour poursuivre sa carrière au sein de l’organisation.

Présent en sol afghan du mois d’avril au mois de novembre 2009, il raconte que la partie la plus facile là-bas est de simplement faire son travail. «Nous pouvons nous concentrer sur nos tâches et il y a très peu de distractions par rapport à la mission que nous remplissons dans la province de Kandahar», note le Major Dubois.

Le plus difficile selon lui, est d’être loin de sa famille, notamment de ses deux enfants de sept mois et deux ans. «C’est difficile de les voir grandir à travers la caméra de l’ordinateur. Mon épouse m’a manqué aussi beaucoup plus que je ne le pensais», lance-t-il. À son troisième déploiement, il soutient que c’est la première fois qu’il vit cela de cette façon et avoue manquer la complicité et la facilité de communiquer en personne.

Par contre, même s’il trouve dur de se trouver loin de chez lui pendant quelques mois, il avoue qu’il est moins dur de s’y habituer que l’on ne peut le penser et vante les excellents moyens de communication à la disposition des militaires.

Le Major Alexandre Dubois tenait aussi à rappeler que tous les militaires des Forces armées canadiennes sont volontaires et qu’ils acceptent de participer à la mission, afin de servir leur pays. «Ils sont fiers du travail et des petites différences qu’ils font et surtout du déploiement opérationnel», explique-t-il.

Ce dernier soutient aussi que de voir les conditions de vie à Kandahar est frappantes. «Ce qui me frappe toujours, c’est le manque d’infrastructures et la pauvreté de la région. Les gens vivent dans des conditions pire que beaucoup de mes concitoyens canadiens n’accepteraient même pas lors d’une fin de semaine de camping», conclut-il.

Organisations: Forces armées canadiennes, CH

Lieux géographiques: Afghanistan, Province de Kandahar, Canada La Force aérienne États-Unis Kosovo Bosnie.Membre des Forces armées canadiennes

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires