Quand démarrer une ferme devient plus facile

Benoit Sabourin
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

La plate-forme agricole de L’Ange-Gardien (PFALAG) a été mise sur pied en 2008 afin de servir de lieu de production pour des jeunes producteurs agricoles qui veulent démarrer une entreprise biologique sans trop s’endetter au départ. Preuve que la plate-forme gagne en popularité, des producteurs de Montréal sont maintenant déménagés en région afin d’en devenir membres.

Charlotte Scott (Ferme Lève-Tôt), James Thompson et Richard William (Ferme Lève-Tôt) trouvent leur compte avec la PFALAG. (Photo: Benoit Sabourin)

La coordonnatrice de la PFALAG, Ann Lévesque, résume le concept de la plate-forme qui prend place sur le chemin River à L’Ange-Gardien. «Ça permet aux jeunes producteurs de bénéficier d’infrastructures collectives comme des serres, des tunnels, une chambre froide, de la machinerie à forfait, explique-t-elle. Ça permet de réduire les coûts d’établissement d’une entreprise agricole. Ils (producteurs) peuvent développer une clientèle et des historiques financiers qui vont leur permettre d’accéder à un prêt plus facilement lors de l’achat d'une ferme.»

Selon Mme Lévesque, le coût total pour un producteur agricole qui décide d’acheter un terrain et une ferme est tout simplement faramineux. «C’est minimalement 5$ d’actif pour 1$ de revenu lorsqu’une personne démarre dans le domaine agricole alors c’est beaucoup d’investissement comparativement au retour», souligne la coordonatrice.

En comparaison, un producteur qui adhère à la PFALAG doit débourser des frais annuels d’adhésion de 400$ tout en ajoutant 120$ supplémentaires pour chaque acre utilisé. Des frais de certification sont partagés par tous. «Ça donne un bon coup de pouce», indique Mme Lévesque.

Véritable tremplin pour les futurs entrepreneurs agricoles, la PFALAG offre à ses membres une période de cinq ans où ils peuvent bénéficier des services proposés. Au total, 58 acres de superficie cultivable sont mises à la disposition des jeunes producteurs.

Même si le concept de la plate-forme n’est pas révolutionnaire en soit, ce type d’incubateur agricole ne se retrouve pas à toutes les portes. Le Vermont (États-Unis) et l’Ontario possèdent chacun une plate-forme très bien développée, mentionne Mme Lévesque. Du côté québécois, Mirabel et Coaticook proposent aussi des concepts du genre, mais avec une visée un peu plus étroite. «Ce sont des initiatives davantage associées à des commissions scolaires, donc c’est plus pour les étudiants, précise-t-elle. Ce sont surtout des incubateurs. Ici, les gens sont prêts à démarrer et ont de l’expérience.»

Avec huit entreprises membres à son bord pour l’année 2011, dont trois sont issues de gens de Montréal, la PFALAG permet une diversité de production très large. «Nous avons trois entreprises qui font des paniers de légumes biologiques, précise Mme Lévesque. Nous avons un producteur qui fait de l’ail et du suros et un autre producteur qui fait de l’ail et qui va peut-être faire de l’amarante, une sorte de céréale. Une productrice fait aussi des plantes médicinales. Un apiculteur est par ailleurs présent sur le site tout comme un chercheur.»

Selon Ann Lévesque, six fermes par semaine ferment leurs portes au Québec. «Il y a de moins en moins de gens intéressés par l’agriculture, explique-t-elle. La population est vieillissante aussi.» En effet, la moyenne d’âge des producteurs agricoles est de 63 ans en province. Dans un tel contexte, la simulation de production doit obtenir un coup de pouce et la PFALAG s’inscrit aussi dans cette optique, résume la coordonatrice.

Ann Lévesque voit d’ailleurs d’un très bon œil l’arrivée de producteurs extérieurs qui viennent tenter le coup avec la plate-forme. «Il n’y a tellement pas de relève en agriculture au Québec que de recevoir ici des gens de Montréal représente en soit un succès, explique la coordonnatrice. Ils ont des compétences, ce sont des excellents maraîchers et ils offrent des paniers de légumes à des gens de la région qui n’en auraient peut-être pas autrement. En plus, ils veulent rester ici. Lorsqu’ils vont acheter une ferme, que ce soit à L’Ange-Gardien, dans le Pontiac, dans la Vallée-de-la-Gatineau, dans la MRC de Papineau ou dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais, ça va être intéressant pour la région.»

Les membres y trouvent plusieurs avantages

Pour James Thompson, qui est récemment déménagé de Montréal avec sa copine Geneviève pour venir s’établir à L’Ange-Gardien, la PFALAG est un luxe. Le producteur a démarré son entreprise Notre petite ferme en janvier dernier.

Après discussion et réflexion avec sa copine, James est venu visiter la PFALAG. Il était ensuite convaincu. «Je travaillais sur une ferme à Montréal et je cherchais une terre, mais les prix de celles-ci autour de la ville étaient incroyablement chers, raconte-t-il. Ça peut coûter entre 15 000$ et 20 000$ par hectare si c’est une terre située à moins de 45 minutes de Montréal.»

Le bachelier en urbanisme et sa copine ont donc opté pour déménager dans le coin. «Mon plan original était d’emprunter 80 000$ et cette année je vais emprunter moins de 15 000$, dit-il. Ça donne l’opportunité de mettre de côté une mise de fonds pour l’achat d’une terre.»

La PFALAG permet aussi de travailler en équipe et d’apprendre de nouvelles choses, souligne James. «Quand tu es seul sur ta ferme, il faut que tu sois présent sept jours sur sept, dit-il. Ici, on peut avoir des horaires plus normaux et un peu plus de temps pour l’organisation du démarrage de l’entreprise. On peut s’entraider si par exemple quelqu’un doit s’absenter.»

Pour Richard William et Charlotte Scott, ce couple propriétaire de la Ferme Lève-Tôt qui a démarré en 2010 au sein de la PFALAG, les avantages d’aménager dans la région (Val-des-Monts) étaient nombreux. «Il y a une bonne base de population et un grand intérêt pour les produits bio, indique Richard. Il y a aussi un bon réseautage qui se fait au sein de la plate-forme.»

Le couple cherche présentement un terrain. Comme quoi les choses vont bien…

Organisations: Notre petite, Val-des-Monts

Lieux géographiques: L’Ange-Gardien, Montréal, Chemin River Québec Le Vermont États-Unis Ontario Coaticook Pontiac La Vallée-de-la-Gatineau MRC de Papineau MRC des Collines-de-l’

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • Daisy Boucher Lafrance
    25 mai 2011 - 12:59

    Serais-ce possible d'avoir des dépliants ???