Une formation au coût de 15 000$... dans un spa

Daniel LeBlanc
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Selon ce que La Revue a appris en exclusivité, une formation suivie ce printemps par un groupe d’enseignants de l’école polyvalente Le Carrefour et ayant pour thème la prévention de l’épuisement professionnel a coûté 15 000$. Une facture qui en laisse certains perplexes, considérant que le tout a pris place dans un centre de détente.

Une formation suivie par 60 enseignants de la polyvalente Le Carrefour a coûté 15 000$ ce printemps, a appris Info07.com

Selon nos informations, la formation offerte par l’entreprise Y2, dont les bureaux sont situés au centre-ville de Gatineau, a été suivie par 60 enseignants, lesquels ont été divisés en trois cohortes.

C’est lors de deux journées pédagogiques (10 et 27 avril) que ceux-ci ont pu bénéficier des services de ce bureau de psychologues et consultants. La formation d’une durée de quatre heures a été prodiguée en matinée dans une salle de réunion du Nordik Spa-Nature, à Chelsea. Un repas s’ensuivit et les enseignants avaient la possibilité en après-midi de profiter des bains et saunas. Les massages n’étaient toutefois pas inclus, assure-t-on. Le coût total étant de 15 000$, la facture s’est élevée à 250$ par personne.

C’est une lettre anonyme rédigée par quelqu’un affirmant connaître un membre du personnel de l’établissement qui a mis la puce à l’oreille au journal. «Je suis révolté d’entendre de telles choses avec tout ce qui se passe au niveau des hausses des frais de scolarité. (…) Quelle dépense inutile! Je n’en croyais pas mes oreilles lorsque j’ai entendu ça», peut-on lire dans ces écrits, la personne qualifiant cette dépense d’abus.

La direction et la CSD se défendent

Appelés à réagir, la direction de l’institution de 1500 élèves et la Commission scolaire des Draveurs (CSD) ont rappelé qu’il s’agit entièrement de sommes prévues dans le budget annuel de perfectionnement des enseignants via leur convention collective. Chaque enseignant aurait droit à 240$ de telles dépenses par an, que ce soit pour une participation à un colloque, un forum ou une formation, par exemple, sans compter les frais de transport ou d’essence. «Ça ne touche en rien les services aux élèves ou le budget de l’école», de dire la directrice Nathalie Rioux.

Par ailleurs, considérant que le lieu peut en faire sourciller plus d’un, autant cette dernière que le secrétaire général de la CSD, Yvon Landry, ont insisté sur le fait que peu importe l’endroit où se serait tenue la formation, la facture aurait été la même.

«C’est assez dans les standards de coûts pour une formation de ce calibre-là. Elle était adaptée aux gens œuvrant dans le milieu de l’éducation. C’est un très petit investissement pour ce que ça peut permettre d’éviter comme conséquences à l’avenir» Nathalie Rioux, directrice, polyvalente Le Carrefour

Or, vérification faite par le journal grâce à un appel téléphonique, le prix n’est pas identique lorsqu’une telle formation est offerte à un endroit comme le Nordik, où repas et accès aux bains peuvent venir s’ajouter au lot. La formation suivie par les enseignants de Carrefour incluait également un test psychométrique, selon ce que nous avons appris.

Selon Nathalie Rioux, la facture est minime si l’on tient compte des effets potentiellement positifs dans le futur. «C’est assez dans les standards de coûts pour une formation de ce calibre-là. Elle était adaptée aux gens œuvrant dans le milieu de l’éducation. C’est un très petit investissement pour ce que ça peut permettre d’éviter comme conséquences à l’avenir», indique-t-elle.

Quant au lieu où s’est déroulée la formation, elle n’y voit pas de problème et se sent tout à fait à l’aise avec le choix du personnel enseignant. «Je pense que c’est sain de sortir de son milieu quotidien, ça permet de se débrancher et de se centrer sur l’apprentissage. Il faut dire que l’accès aux bains était facultatif», soutient la directrice de l’école, soulignant que les gens n’ont eu que des commentaires positifs au terme de ces ateliers.

Du côté de la CSD, on préfère ne pas trop s’immiscer dans ce dossier, se contentant d’affirmer que la facture n’est pas exagérée malgré l’endroit utilisé. «Ça semble impressionnant comme facture, mais les frais auraient été les mêmes, que ça ait pris place dans une salle à l’école ou au Nordik. Sauf que l’endroit peut faire jaser, c’est sûr», mentionne M. Landry.

Il a été impossible de savoir si cette formation avait été suivie par des enseignants d’autres écoles sur le territoire de la CSD.

Organisations: Commission scolaire des Draveurs

Lieux géographiques: Gatineau, Chelsea, Territoire de la CSD

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Derniers commentaires

  • Pier-Luc
    27 juin 2012 - 22:03

    Comme le disait Daniel, lorsqu'une école est considérée comme défavorisée il faut s'abstenir de faire des dépenses de cette ordre. Cela ne regarde pas très bien de faire des dépenses de cette nature quand tu fais partie d'une école dite défavorisée, même si le budget a été pris dans un budget spécial pour la formation des . Si cela était une si bonne formation, pourquoi ne pas en faire profiter un plus grand nombre, plutôt que 60 enseignants. La formation aurait pû se donner à l'école?

  • Daniel
    27 juin 2012 - 12:24

    Moralement et éthiquement, ça ne tiens pas la route. La Polyvalente Le Carrefour accueil des élèves provenant de milieux défavorisés et fait partie de la Stratégie d'Intervention Agir Autrement (SIAA). C'est la seule école SIAA de la CSD. La "formation" offert au Nordik, que se soit par l'entremise d'un particulier ou d'une entreprise spécialisés, ne concorde en rien avec les voies d'Action au Soutien au personnel et à la promotion de la formation professionnelle ciblées dans la convention de Gestion et de Réussite éducative 2010-2012 signé en 2011 entre la polyvalente et la CSD. Quand tu as des élèves qui ne mangent pas le matin et qui ont de la difficulté à s'habiller, tu ne va pas au SPA Nordik. Ça donne une mauvaise image de l'école.

    • Pier Luc
      27 juin 2012 - 22:06

      Je suis d'accord avec toi, quand on considéré comme une école dite défavorisée, il y a des choses qui ne se font pas.

  • Denis Pageau
    27 juin 2012 - 11:12

    D'accord avec le premier intervenant. Titre ridicule et mesquin.

  • Denis Lampron
    27 juin 2012 - 08:14

    Je crois que c'est un bon investissement... le titre aurait pu être moins sensationnel et lire ainsi "$250 pour une formation ayant pour thème la prévention de l’épuisement professionnel". Ces gens ont un grand besoin d'une telle formation.