25 questions à Marc Villeneuve

Daniel LeBlanc
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Reconnu pour ne pas s’engager à moitié lorsqu’il entreprend un projet, le directeur général de la Fondation du Centre de santé et de services sociaux de Gatineau Marc Villeneuve croque dans la vie à pleines dents. Âgé de 49 ans, celui qui se décrit comme «un gars de Hull» est père de trois enfants et marié depuis 28 ans.

Marc Villeneuve, directeur général de la Fondation du CSSSG depuis l'été 2009.

1. L'enfant que vous étiez en un mot: «Curieux.»

2. L'ado que vous étiez en deux mots: «Intéressé et sportif.»

3. L'adulte que vous êtes en trois mots: «Comblé, engagé et passionné.»

4. Vous perdez votre emploi demain. Quel autre domaine vous intéresse?: «Oh! Avant tout, je ne considérerais pas aller travailler dans un autre domaine, parce que la philanthropie et la charité m’intéresseraient à un autre niveau, par exemple à l’échelle nationale. Sinon, le milieu des sports me captive aussi.»

5. À quoi devrait ressembler Gatineau avec 300 000 habitants?: «Une ville phare, voilà ce qu’elle devrait devenir. Ça devrait être la véritable vitrine du Québec. En arrivant, il faudrait qu’on sente une énergie, une couleur et une identité qui nous démarqueraient du caractère ville dortoir d’Ottawa, qui à mon avis nous habite.»

6. Les cours d'économie sont-ils essentiels? Pourquoi?: «Tout à fait, j’irais même plus loin en disant que c’est une chose d’apprendre les principes et fondements de l’économie, mais on n’a qu’à regarder l’homme d’affaires Eugène Tassé et je crois qu’il faut aussi apprendre l’art de l’entrepreneurship. Il faut être capable de se bâtir son propre budget et se doter de moyens afin qu’on ne se demande pas comment on vivra une fois rendu à la retraite.»

7. Que se passe-t-il demain matin si tous les bénévoles disparaissent d'un coup?: «Premièrement, la Fondation du CSSSG n’existera plus. Nos filets sociaux sont sévèrement coupés, pour ne pas dire compromis. La société comme on la connaît aujourd’hui disparaîtrait. Il y a 160 000 organismes sans but lucratif, alors enlevons les bénévoles et on perd une matière première vitale tant pour l’économie que la paix sociale.»

8. Lors des Jeux olympiques, été comme hiver, quelle discipline pique votre curiosité?: «J’ai un petit faible pour les Jeux paralympiques, particulièrement la natation. J’ai nagé avec ma fille au Club de natation de Gatineau et on a côtoyé des athlètes gatinois qui se sont qualifiés pour ces Jeux (par exemple Camille Bérubé). En hiver, j’aime beaucoup les athlètes du «Québec Air Force», en ski acrobatique. La province a une belle identité grâce à eux. J’aime nos skieurs, leur talent et ce qu’ils font en période post-olympique.»

9. Croyez-vous que les salaires des sportifs professionnels sont justifiés?: «Je vais probablement en surprendre plusieurs par ma réponse, mais je crois que oui. J’ai une formation en loisirs et on a appris que toute société a besoins de loisirs, ça remonte à l’époque du pain et des jeux. Nos athlètes gagnent des salaires astronomiques, oui, mais il faut regarder ce qu’ils rapportent à l’économie sans compter la valeur ‘entertainment’ qu’ils apportent à une communauté. Imaginez, à Montréal, quand David Beckham est venu, il y a eu 100 000 spectateurs. Mais c’est sûr que c’est faramineux et qu’ils ne sauvent pas des vies.»

10. Quelle est la pire infraction avouable que vous ayez commise? : (réflexion) «C’est bien banal, mais une contravention pour excès de vitesse alors que j’avais quelques joueurs d’une équipe de basketball avec moi. On devait se rendre rapidement à un endroit. Mais aujourd’hui mes enfants sont grands, je ne reconduis plus de jeunes, c’est fini les constats d’infraction!»

11. Comment la température influence-t-elle votre vie?: «Elle l’influence très peu. Je suis un gars d’hiver, j’adore le temps froid. Je considère qu’il est plus facile de s’habiller chaudement que de se déshabiller froidement.»

12. Êtes-vous en faveur de la mise en place de la semaine de quatre jours de travail?: «Au moment de mes études, on parlait de la société des loisirs et tous les indicateurs pointaient vers une semaine de travail de trois ou quatre jours, sans compter que les humains seraient remplacés par des ordinateurs. Ce n’est absolument pas le cas aujourd’hui, nous sommes loin cette réalité-là. Et quand je pense au Mémoire pour un Québec lucide qui concluait que le Québec est une société parmi les moins productives, je me rend compte que je ne suis pas en faveur de cette mesure.»

13. La télévision prend-elle trop de place dans nos vies? Pourquoi?: «Oui, mais encore une fois il s’agit d’un choix individuel. Il y a tellement de stimulis aujourd’hui, tout ce qui s’appelle écran, par exemple nos téléphones intelligents et les ordinateurs, occupe beaucoup de notre temps. Ce serait intéressant de faire un test et de n’avoir accès à aucun écran pendant une semaine. Que se passerait-il? Peut-être que le taux de natalité augmenterait.»

14. Qui inviteriez-vous à venir passer un week-end chez vous? Pourquoi?: «Mon beau-père récemment décédé. C’est un homme qui a beaucoup influencé ma vie, alors si j’avais la chance, je l’inviterais à la maison afin que tout le monde puisse en jouir encore.»

15. À part l'anglais, quelle langue étrangère choisiriez-vous d'apprendre demain? Pourquoi?: «L’espagnol. J’en connais déjà quelques rudiments et je pense qu’à partir du moment où l’on sait parler cette langue, il n’y a plus une contrée dans le monde où on ne pourrait pas communiquer.»

15. Quel est d'après vous le comble de l'individualisme?: «Faire abstraction de son prochain, faire fi des besoins des autres dans une société où les très riches et les très pauvres se côtoient au quotidien.»

16. Le Rapibus règlera-t-il une partie des problèmes de trafic? Pourquoi?: «Je ne pense pas. Nous sommes encore trop petits pour justifier un corridor est-ouest et le centre-ville n’est peut-être pas encore suffisamment développé. Nous avons davantage besoin d’un axe nord-sud vers Ottawa.»

17. Le travail peut-il être une raison de vivre? Comment?: «Malheureusement oui, on le constate de plus en plus avec les cas de dépressions, surmenages ou burn out. Les gens ont attribué au travail une valeur qui fait en sorte que le reste devient secondaire. Il faut se demander ce qu’il nous restera une fois à la fin de notre carrière. C’est plate car ça se fait au détriment de la famille.»

18. Quelle est la décision la plus irréfléchie que vous ayez prise dans votre vie?: «Demander ma copine en mariage à l’âge de 17 ans! Elle m’a dit non sur le coup en me traitant de fou, mais nous l’avons fait quatre ans plus tard et aujourd’hui nous sommes ensemble depuis 32 ans.»

19. Le plus grand artiste de tous les temps?: «Leonard de Vinci, pour l’ensemble de son art mais aussi son imagination, le caractère précurseur de ses œuvres. L’homme a dessiné un plan d’hélicoptère en 1400, c’est fort!»

20. Croyez-vous que même dans une société comme la nôtre, les manifestations peuvent avoir un impact sur les décisions gouvernementales?: «Je veux espérer que oui, car les manifestations, évidement sans violence et en respect des lois, veulent lancer un ou plusieurs messages. Il est du mandat du gouvernement de recevoir et d’agir en fonction de ces messages. Quand celui-ci est répété 62 jours d’affilée, si l’on pense au printemps érable québécois, il me semble qu’il doit y avoir une raison à tout cela.»

21. Vous avez droit à une bonne table. Que mangez-vous?: «Une bonne vichyssoise en première entrée, des fruits de mer en seconde entrée, un filet mignon accompagné de quelques légumes et le délicieux gâteau aux carottes de ma mère.»

22. Quels sont les trois pires péchés capitaux (gourmandise, avarice, paresse, envie, colère, orgueil, luxure)?: «L’avarice, l’orgueil et la luxure.»

23. Croyez-vous que l'homme a marché sur la Lune? Pourquoi?: «Je suis un adepte de la théorie du complot, mais pas pour cet événement. Je suis convaincu qu’on a marché sur la Lune. Je suis fier de l’avoir vu à la télévision, j’avais six ans à l’époque. Si ce n’est pas vrai, je continue à y croire! (rires).»

24. Les trois causes qui me tiennent le plus à cœur sont…: «Ma famille, car je ferais n’importe quoi pour elle, ensuite la santé et pour terminer les soins palliatifs. Je lève d’ailleurs mon chapeau à la Maison Mathieu-Froment-Savoie.»

25. Que répondez-vous aux gens qui vous demandent ce que vous écoutez comme musique?: «De tout, du Vivaldi en matinée comme du LMFAO en après-midi!»

Organisations: Fondation du CSSSG, Club de natation de Gatineau, Québec Air Force Maison Mathieu-Froment-Savoie

Lieux géographiques: Québec, Ottawa, Montréal Lune

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