Troisième round décisif pour L-J Houde

Patrick
Patrick Voyer
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Louis-José Houde a trouvé sa zone de confort avec son troisième show, qu'il rode présentement au Cégep de l'Outaouais, un condensé des meilleurs atouts de ses deux premiers méfaits.

Les heures verticales, «c'est le temps de se tenir debout», explique-t-il d'entrée de jeu. Prendre ses responsabilités en tant qu'adulte – ce qu'il est depuis un bail à 34 ans – et surtout, se réaliser en tant qu'artiste. Aller au bâton et frapper le grand chelem. Disons, pour demeurer dans la thématique, que L-J Houde nous assène une longue claque de trois points  avec ce feu roulant de 90 minutes bien étagé, bien consumé.

Constat primaire: on sent qu'il a maturé. Ses mimiques, ses petites voix et ses gags visuels qui l'ont fait connaître sont toujours prêts à prendre le plancher, c'est évident. Mais est-ce son timbre plus posé, sa confiance sur scène, son habillement (il ressemblait plus à l'animateur de l'ADISQ sans sa cravate ce soir qu'au gamin en jeans et coton ouaté du premier spectacle) ou sa façon de raconter, mais L-J Houde fait son âge. Bonne nouvelle pour ceux qui le trouvaient essoufflant. Ses nombreux projets en dehors de sa carrière d'humoriste l'ont forgé, c'est indéniable.

Constat secondaire: il ose davantage. Certes, la moitié, sinon plus, du show est consacrée à sa famille, dont il se sert pour multiplier les apartés sur d'autres sujets oscillant entre l'actualité et nos manies, mais il s'enfonce plus dans ses propres sentiments et nos travers en tant que peuple post-années 80. Il trouve le moyen de mixer tout ça, le passé qu'il se plaît encore à analyser, et le présent dont il se sert pour nous disséquer. L'auto-examen s'avère aussi plus détaillé, on le sent moins tendu quand il parle de ses émotions, de ses conquêtes et de ses peines d'amour.

Au-delà des grandes lignes du spectacle, tracées généralement autour du vieillissement et de son évolution personnelle, on décèle un plus grand goût encore qu'avant pour les parenthèses coup de poing. Ce que plusieurs appellent des "gags en mitraillette". Eh bien, il y en a des dizaines de ces bulles et on ne s'égare jamais, car ses capacités de conteur se sont affinées et nous ramènent sur le droit chemin. Oui, il a maturé, l'élastique ne pète jamais. Loin est le temps où les punchs tournaient autour de cabotinage ou d'effets sonores; ces derniers mettent dorénavant la table pour des réflexions plus poussées sur la vie ou des observations savoureuses divulguées sans prétention… les dents bien sorties.

Les heures verticales est le meilleur des trois shows de Louis-José Houde parce qu'on le redécouvre bon enfant et sensible, pendant que lui se cherche encore. Mais si on se fie au résultat de cette quête, son quatrième one-man deviendra son sommet. Ou, s'il apprend vite, peut-être que la deuxième moitié de cette présente tournée lui permettra de maîtriser son art!

Avec ce qu'il nous sert ici en rodage, impossible de ne pas miser gros là-dessus.

Une petite vite pour un gros tremplin de clarté.

Tout l'été au Cégep de l'Outaouais. Billets: www.ticketmaster.ca

Organisations: Les heures verticales

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