Procès de Rémy Couture: «C'est scandaleux!»

Patrick
Patrick Voyer
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La fondatrice d'Aïsha Productions et pointure en cinéma dans la région, Annie Coutu, et le vidéaste Lévy L. Marquis, n'en reviennent pas de voir Rémy Couture, cet artiste visuel poursuivi pour ses créations d'horreur, se ramasser en Cour.

«C'est un peu aberrant, lance-t-elle. C'est comme si je faisais un film de tueurs en série et qu'on me reprochait d'encourager ça… C'est loin d'être un criminel, c'est un artiste qui a un souci du détail incroyable. Et il n'est pas le seul, il y en a plein qui font ça!»

Couture avait passé à Tout le monde en parle il y a quelques mois et les réactions à la suite de son interview avaient suscité un vif tollé. L'artiste a été dénoncé par des gens ayant surfé sur son site web, sur lequel on retrouvait des images troublantes, violentes et hyper réalistes.

La défense misera sur la liberté de création et d'expression, alors que la Couronne tentera de prouver que les scènes recrées par les maquillages de Couture porteraient atteinte aux valeurs fondamentales de la société canadienne.

Annie Coutu l'a rencontré au Festival Vitesse Lumière de Québec et l'a trouvé très créatif. «C'est de ça qu'on a besoin dans l'industrie. Si les maquillages ne sont pas réalistes, comme dans CSI, les gens iront voir ailleurs et écouter des émissions américaines», clame la productrice et réalisatrice.

La seule chose qu'Annie Coutu pourrait reprocher à Rémy Couture est de ne pas avoir mis d'avertissement sur son site web. «À part ça, on touche à la liberté d'expression. On ne prend pas en compte que c'est un artiste. Si on commence ça, il faudra faire attention à ce qu'on écrit dans nos scénarios et aux images qu'on met à l'écran!»

Annie Coutu préfère miser sur le gros bon sens et prétendre que n'importe qui a le choix d'aller sur son site ou non. Elle ajoute que parfois, la réalité dépasse la fiction et que le boulot de Rémy Couture n'a rien de barbare si on le compare aux actualités ou à l'histoire…

«Ce serait bien dommage qu'il soit obligé d'arrêter de travailler. J'espère qu'il va s'en sortir.»

Manque de nuance

Le vidéaste Lévy L. Marquis abonde dans le même sens.

«La police/judiciaire confond réalité et fiction. La seule chose qu'on peut lui reprocher c'est de ne pas avoir clairement averti les internautes à l'entrée de son site. Au delà de ça, c'est un procès d'intention qu'on inflige à Rémy Couture. Faudrait voir s'il y a des précédents semblables, mais ce jugement risque de causer une jurisprudence dommageable pour les artistes. Est-ce qu'on va poursuivre un peintre qui illustre des scènes immorales et les expose en public (avec ou sans avertissements pour les spectateurs)? Certains artistes vont peut être modifier la pratique de leur art... ce qui serait dommage», dit-il.

«J'ai bien hâte de voir la conclusion de ce jugement, mais je me désole que l'artiste soit ainsi trainé devant la justice à cause de son professionnalisme et du réalisme de ses maquillages...»

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Commentaires

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Derniers commentaires

  • pat
    14 décembre 2012 - 08:11

    Il y avait bien un avertissement sur son site, c'est la police qui a affirmé qu'il n'y en avait pas.