Un compte-rendu de ses joies et de ses peines depuis son enfance sur le chemin Freeman, dans le secteur de Hull. Et dire qu'il ne s'est rendu compte qu'après l'avoir terminé que le disque transpirait de souvenirs et de moments précis, importants…
Un album personnel, intime, tranquille, guitare-voix, "épuré" comme il les aime. À la Willy Porter, Kelly Joe Phelps ou Tommy Emmanuel, qui a qualifié la chanson Chemin Freeman d'"absolutely beautiful" sur Facebook.
Cette chanson-titre résume d'ailleurs assez bien ce premier opus, carte de visite d'un gars qui roule sa bosse depuis son adolescence sur différentes scènes de la région, mais qui a toujours habité sur le chemin Freeman comme les membres de sa famille. Il l'a composée avant tout pour son grand-père malade, qui s'y est installé dans les années 60 comme son père avant lui, quand il y avait encore des champs (comme sur la pochette dessinée par Dinorah Catzalco) et pas de boulevard des Hautes-Plaines… On peut littéralement parler d'un chemin Barbeau!
«Ce sont mes racines. Je suis allé à l'école du Dôme, mes amis du primaire sont encore ceux que je vois régulièrement… La toune m'était venue quand je suis allé étudier à Granby (à l'École nationale de la chanson) et que je m'ennuyais du chemin Freeman. Je suis peut-être descendu trois fois dans l'année et à chaque fois, ça me faisait de quoi. J'étais presque ému, c'est fou.»
À cette grosse tranche nostalgique plantée en plein milieu de l'album se sont ajoutés d'autres morceaux de sa jeune existence. Des histoires d'amour difficiles ou des trous noirs personnels qu'il a finalement réussi à enjamber.
Les voici:
Personne ne m'attend: «C'est quand on s'éloigne de nos problèmes que tout nous revient en pleine face et on comprend plein de trucs.»
Fuite en Si mineur: «L'intro de la chanson Tu me suis. «Le refrain est "Tu me suis autant que je te fuis". C'est moi qui est en train de fuir…» On serait porté à penser qu'il fuyait une relation, mais non, c'est autre chose…
Ma Camomille: «Une pièce instrumentale. Ça vient d'une de mes ex, ce sont les débuts de notre histoire en musique.»
Il ne faudrait qu'un vent: «Composée avec cette fameuse ex. On s'en allait définitivement vers la fin… C'était presque un texte de rupture, la chanson parle de ça. Le style est un peu différent, ça se rapproche un peu du reggae à des places. C'est aussi une chanson sans refrain; il est instrumental.»
Mon cinérama: «C'est l'histoire de moi qui veut toujours revenir en arrière. C'est le summum de la nostalgie. La toune ne finit jamais non plus…»
Y'a pas: «C'est moi qui ne va vraiment pas bien. Une chanson qui traite de dépendance, très dépressive. En plus, ça finit avec le mot "mort"!»
Alain assure toutefois qu'il va très bien aujourd'hui, surtout à la veille de lancer cet album. Le début de grandes choses, sans doute.
«Peut-être que le deuxième album ce sera la résurrection d'Alain Barbeau!, s'exclame-t-il en riant. Mais je voulais absolument sortir ce premier album avant mes 25 ans. Ça entre encore dans la nostalgie; de couper ça à 25 ans et de repartir un autre bout complètement nouveau.»
Le lancement aura lieu aux Brasseurs du temps, le 10 mars à 20h.





