L’événement était certes très couru puisqu’une quarantaine de personnes ont été refusées à l’entrée, faute de places. Sensée être co-présidé par Gérard Bouchard et Charles Taylor, la commission s’est vue amputée d’un de ses présidents, puisque Taylor était opéré à un bras. C’est avec un mea culpa que Gérard Bouchard a amorcé sa tournée à Gatineau. «J’ai dit des propos maladroits et déplacés sur le public qui écoute TVA et TQS et avec raison, ils ont été blessés. Ce n’était certainement pas mon intention. Je suis désolé et profondément malheureux», avoue-t-il.
Suite à la courte prise de parole de M. Bouchard, les gens présents avaient deux minutes chacun pour exprimer leurs opinions autour des thèmes de la commission. Sur les 120 personnes présentes, une dizaine s’est identifiée elle-même comme immigrante.
Les thèmes abordés étaient souvent les mêmes, mais les opinions étaient divergentes. L’enseignement de la religion et sa place dans la vie publique ont été deux sujets largement abordés. «Je suis une membre de l’Association des parents catholiques du Québec et je ne suis pas d’accord avec les cours d’éthique et culture religieuses qui sont offerts en remplacement des cours de religion. Les parents que nous avons consultés sont unanimes, ils ne voulaient pas se faire imposer des cours qui présentent différentes religions», souligne Jean Moore-Chevrier, une mère comme quelques autres qui n’est pas d’accord avec cette décision.
Plusieurs étaient aussi d’accord pour dire que la place de la religion devrait se faire dans le secteur privé et non pas dans la vie publique. «J’ai rien contre les religions, mais dans le secteur privé», a d’ailleurs souligné Suzanne Bourbonnais.
Le débat entourant les accommodements raisonnables a aussi été amené sur la table. «J’ai eu un choc culturel à Ottawa quand je suis arrivé face à face avec deux dames en burkha. Qu’est-ce qu’on est en train de devenir? Je n’ai rien contre ces gens, il peut y avoir des personnes merveilleuses dans tous ces vêtements», a souligné une dame.
Mais c’est surtout la laïcité qui a attiré l’attention. «En tant que Québécoise, il y a des valeurs auxquelles je tiens beaucoup, comme la laïcité, qui permet à toutes les religions de s’exprimer librement puisqu’aucune n’est privilégiée», a expliqué Jocelyne Ladouceur. Léo Desautels était de ce même avis, croyant que si l’on ne s’en va pas bientôt vers la laïcité, on ne s’en sortira pas. «Si les gens sont trop offusqués, ils ne sont pas obligés de rester», a-t-il ajouté.
Une femme n’était par contre pas de cet avis, puisqu’elle allait jusqu’à dire que l’on devrait séparer les écoles en deux, en mettant les catholiques d’un côté et ceux qui ne le sont pas, de l’autre.
L’aspect linguistique a aussi été discuté à quelques reprises, étant donné la proximité de l’Outaouais avec l’Ontario. «Il y a une fragilité que l’on va toujours avoir», a souligné Claude Morissette. Un autre homme était de son avis. «Il y a une précarité du français, notamment dans le secteur Aylmer», croit-il.
Le tout s’est conclut par un bref retour sur la soirée par Gérard Bouchard. « Je pense que vos interventions sont très grandes en richesse et on pourra y réfléchir longtemps. Il y avait une diversité d’opinions», conclut-il.
La commission Bouchard-Taylor a fait son premier arrêt en Outaouais
Plus de 120 personnes étaient réunies au Four Point Sheraton pour le premier forum citoyen sur les accommodements raisonnables, ce soir. Les échanges allaient bon train tout au cours de la soirée, alors que les citoyens de l’Outaouais ont apporté leurs visions de la chose.
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