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Une expérience qui dure depuis plus de 30 ans!

Publié le 8 Juin 2008
Publié le 11 Février 2010

C'est à Paul Calvé et à Gaston Lemire que les centaines d'étudiants qui ont participé au 18 jours au cours des trente dernières années doivent ce séjour peu commun.

Sujets :
Europe

«Notre idée, c'était que ce soit un programme multidimensionnel. Un moment donné, il y a même eu des arts plastiques. Pour nous, ça faisait partie du développement humain», explique M. Calvé. Bien que nouvellement retraité du Cégep de l'Outaouais, ce prof d'éducation physique est revenu jeter un coup d'œil sur le déroulement du 18 jours, question de voir si la relève s'y débrouillait bien.

Dans les années 70, les étudiants pouvaient s'inscrire pour un séjour de 10 jours en été, ou un séjour de huit jours, en hiver. Peu de temps après, le concept a pris la forme qu'on lui connait aujourd'hui. «On regarde ça aujourd'hui et on se dit qu'on était un peu fou!», concède Paul Calvé. «C'était un cours qui n'avait pas sa place nulle part. Peu à peu, c'est devenu un cours complémentaire», explique-t-il. Ce cours est donc dispensé comme un cours complémentaire de 45 heures, excepté que la salle de classe se transpose dans la nature et que la participation des étudiants est beaucoup plus active que dans d'autres cours! «L'idée, c'est que c'est un grand voyage, mais court. On n'est jamais à plus de 100 km du Cégep, explique celui qui n'a raté qu'un seul 18 jours en 30 ans, alors qu'il se trouvait en voyage en Europe. C'est exceptionnel de pouvoir faire une expérience aussi extraordinaire sans prendre l'avion.»

Une randonnée de quelques jours en canot voyageur ramènera les cégépiens à une réalité que vivaient les voyageurs d'autrefois, mais qui n'est pourtant pas si éloignée: «Ceux qui partaient en expédition il y a 200 ans ne sont pas différents de ceux qu'on a ici», estime M. Calvé.

Plusieurs autres notions s'ajoutent à cet aspect historique, et l'autonomie et la débrouillardise deviennent deux notions que les étudiants acquièrent. Tous les sens sont aussi mis à contribution, explique cet ancien prof, alors que la vue, l'ouïe, le toucher, le goût et l'odorat prennent de nouvelles dimensions.

La panse aussi: «La plupart des gens n'ont jamais eu faim», explique-t-il. Avec les années, une "activité" s'est ajoutée au 18 jours. Les jeunes reçoivent chacun deux dollars pour faire des emplettes dans un dépanneur, emplettes qui constitueront leur dîner. Pas le choix donc de travailler en équipe, de faire des choix judicieux et surtout, nutritifs. «On revient à la base: l'air, l'eau, le feu, la terre, résume M. Calvé. C'est redevenir humain, c'est ce qui fait le secret du 18 jours. […] Tous les Cégeps devraient avoir un cours comme celui-là», conclut-il.

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