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Facile de tricher à l'université?

Facile de tricher à l'université?

Facile de tricher à l'université?

Michel Moyneur
Publié le 14 Janvier 2009
Publié le 11 Février 2010
Michel Moyneur  RSS Feed

Un étudiant de l'UQO se confie à La Revue

Dans une société où l'on accorde plus souvent de l'importance à la performance et aux résultats plutôt qu'à l'effort, pas étonnant de voir des étudiants universitaires prendre tous les moyens à leur disposition pour décrocher les meilleures notes possibles, pour arriver à leurs fins.

Sujets :
Université du Québec en Outaouais , La Revue

Étienne fréquente l'Université du Québec en Outaouais depuis quelques années. Comme bien d'autres, il travaille à temps partiel pour gagner un peu d'argent de poche et défrayer ses frais de scolarités. Et comme certains, Étienne – nom fictif – prend quelquefois les moyens nécessaires pour réussir ce qui lui apparaît ardu comme examen ou travail de session. Étudiant au département des sciences sociales, il a accepté de livrer à La Revue ses expériences personnelles en matière de plagiat.

Les examens

«Au niveau des examens, ça peut-être un peu plus difficile de plagier quand c'en est un de compréhension. Mais il y a des professeurs qui préfèrent la technique de l'éponge; ils veulent qu'on soit capable de retranscrire toutes tes notes de cours dans un examen. Et ça, ça ne demande pas une compréhension, mais de la mémorisation. Et, nous (les étudiants), ont trouve qu'il n'y a pas de notion éducative de prendre un document et de l'apprendre par cœur pour le retranscrire tel quel. Donc, on a chacun nos façons de manifester contre ce système un peu défaillant.»

Oublions la bonne vieille méthode de cacher ses notes de cours en dessous de son examen. Ce temps est bel et bien révolu, selon notre étudiant. Le temps est plutôt aux gadgets électroniques. «Aujourd'hui, tout le monde a des cellulaires. Et les messages textes en mode silencieux sont une petite merveille pour tricher. Il y a aussi les lecteurs mp3. Souvent on aime écouter de la musique en faisant nos examens, mais au lieu que ce soit nos albums préférés, c'est un enregistrement de nous-mêmes qui récite nos notes de cours à voix haute.»

Le fait que plusieurs professeurs et chargés de cours délèguent des «surveillants d'examen» qui, comme le dit l'expression, s'assurent de surveiller un groupe en examen, donne beau jeu à ceux qui souhaitent contourner les règles. «Les professeurs sont aussi paresseux que les étudiants parce que, souvent, ils ne se donnent même pas la peine de venir surveiller les examens eux-mêmes. Au lieu de ça, ils engagent des surveillants d'examen; des étudiants qui, pour un salaire minimum, sont prêts à venir s'assoir pendant trois heures de temps à lire le journal devant une classe. Ces surveillants se foutent totalement de ce qui se passe à part peut-être des avions en papier.»

Les travaux de session

Tout en avouant que de tricher pendant un examen peut parfois s'avérer risqué, Étienne confie toutefois que de passer un sapin aux professeurs lors de la remise de travaux est un véritable jeu d'enfant. Son domaine d'études lui permet même de refiler un travail identique à plus d'un professeur sans se faire prendre, explique-t-il.

«Ça s'appelle «la technique du recyclage». On se souvient d'un bon travail qu'on a déjà fait dans un autre cours ou au cégep. On le modifie un peu pour qu'il ressemble à ce que le prof demande et on lui remet. En sciences sociales, tout est vague et nos cours se répètent un peu. Honnêtement, je me souviens d'un travail que j'aurais pu remettre dans quatre cours différents et avoir une bonne note sans que personne ne s'en rende compte. Et j'ai même déjà remis le même travail au même professeur deux fois et j'ai eu une meilleure note à la deuxième reprise.»

Et le stress de se faire prendre la main dans le sac? «Selon ma propre expérience, il n'y a pas de stress. C'est comme un vol de banque qui est déjà planifié depuis deux semaines. Le stress de se faire prendre est plus ou moins présent lorsque tu es bien préparé.»

Finalement, vient-on dépendant de la tricherie et du plagiat? Pas nécessairement. «Moi je m'en sers comme porte de sortie. J'utilise ces techniques lorsque je suis pris au dépourvu ou quand j'ai un prof dont les méthodes d'enseignements sont critiquées. C'est une résolution à un problème passager, mais ça ne me donne pas forcément le goût de le refaire juste pour le refaire.»

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Jean-Benoit M
    - 17 Février 2010 à 15:54:10

    Vous pourrez critiquer la moral d'Étienne tant que vous voulez, ça n'y changera rien. Il ne décrit que quelques trucs utilisés par une plus grande part des étudiants universitaires que vous ne croyez. J'ai même déjà entendu parler d'un gars qui demandait ouvertement aux autres de sa classe s'ils voulaient vendre leurs travaux. Il recyclait en permanence, et ce, tout au long de son bacc! Bon, le problème est posé, maintenant qu'est-ce qu'on fait? Parce que le problème réel ce n’est pas les étudiants, c'est l'université qui ne prend aucune mesure pour s'assurer que les diplômes ont une valeur réelle... Solution #1: Chaque travail écrit doit aussi être remis en format électronique. L'université engage un technicien pour archiver les travaux et chaque nouveau travail y est ajouté. De plus, chaque travail remis doit être vérifié à l'aide d'un détecteur de triche automatisé (Comparaison de mots dans deux fichiers.) Au-delà d'un certain taux de ressemblance, on fait enquête. Le problème? plus de 100000$ par an ET demander à tous les profs de vérifier que la copie papier correspond à la copie informatique. (Sinon t'aurait qu'à taper des conneries dans le fichier info...) Remarque qu'on pourrait tant qu'à y être numériser les documents soi-même grâce à un logiciel de reconnaissance de texte... mais ce serait vraiment trop long comme processus... Solution #2: l'enseignant a le droit d'interroger l'étudiant sur le contenu de sa remise. Le problème c'est de développer suffisamment de temps pour rendre sa pratique... Solution #3: Vigilence et communication... Ben oui, les enseignants devraient pourtant le savoir qu'ils sont en partie responsables de la réussite des élèves... C'est d'abord à eux de chercher l'épine dans la botte de foin... Autrement dit, ils devraient faire des recherches sur Google lorsqu'ils doutent, l'université devrait acheter les documents disponibles sur ces sites et s'en servir en guise de contre-espionnage (ou à défaut tenter de faire interdire le site au canada (pourquoi pas?)) Pour ce qui est de la communication, c'est une évidence, si un étudiant doit rendre 2 fois le même travail c'est que les enseignants ils se parlent pas assez! Une règlementation antie-doublon doit être adoptée par l'université... Il y a matière à agir et des manières d'agir, mais connaissant nos bureaucrates ils ne vont certainement pas dépenser pour contrer la triche. En gros le problème c'est l'université et son laxisme...

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  • Nom de l\'usager
    Gabriel Sansnom
    - 12 Février 2010 à 10:15:45

    Wow!! Quel belle entrevue avec un étudiant exemplaire! C'est sans doute une excellente idée de dénigrer un université qui essais de faire son nom comme une institution qui est comparable aux autres et qui permet à ses étudiants de sortir avec un gabarit complet pour se diriger vers le marché du travail. J'aimerais aussi féliciter étienne pour sa belle confidence, ca doit etre le meme etudiant en sciences sociales qui a essayer de scandaliser les cafés bars et qui veut toujours aller en grève. Surement, un de ces paresseux qui aime mieux fumer du pot pis jouer au hacki que d'étudier. Bien mon cher Etienne tu peut bien tricher pis redonner tes travaux qui vaut un C-, mais il y a des gens qui aiment pas mal mieux etudier quelque choses de concret que les sciences sociales et qui se force réellement pour obtenir des bonnes notes pour réussir leur bacc avec fierté et faire quelque chose de bon de leurs vie! Continue à interviewer des étudiants intelligents comme Etienne et peut-etre qu'un jour tu te verras travailler pour le droit champion!!!

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  • Nom de l\'usager
    Mélanie X
    - 12 Février 2010 à 10:15:37

    J'ai vu plusieurs reportages où il est possible d'acheter pour 100$ et + des travaux d'Université (l'émission Enquête entre autre) ça ne vise pas seulement l UQO. Ce n'est pas recommandable mais plusieurs le font. Je pense que l'article montre seulement une triste réalité.

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  • Nom de l\'usager
    Arnaud
    - 12 Février 2010 à 10:15:21

    je ne comprend pas très bien le terme que Monsieur Mémoire utilise quand il parle de" matière un peu plus sérieuse que les sciences sociales." Ne serait ce pas de la dénigration? ou peut-être un manque d'ouverture d'esprit?. Les sciences sociales, certes, est un domaine très vague mais ceci dit, cela est loin d'être ininterressant.Surtout quand nous sommes en plein crise économique où nous pouvons que constater les failles du système capitaliste. Les sciences sociales justment peuvent être utile dans un tel contexte. Mais pour cela, peut-être faut'il savoir de quoi on parle. De plus,il est claire que Etienne est peut être un cas extrême ou plutôt isolé dans sa méthode de travailler à l'université mais on ne peut pas nier l'essentielle de sa parole. Certains professeurs d'unif, que se soit en sciences sociales, en sciences économiques ou autres montrent un enseignement parfois absurde ou du moins peu instructif. Toutefois, aucun système n'est parfait mais il est clair qu'une analyse plus approfondie sur le fond de l'université serait intéressante à être effectuer. Pour ma part, le Bac ( 3 premières années à l'université)depuis le traité de Bologne est tiré en longueur. On pousse l'étudiant à apprendre des syllabus entier qu'il oublie quelques semaines plus tard. Cependant, je respect ce procésus: l'université est de plus en plus accessible à tous ( d'un point de vue financier), alors pour garder un équilibre au sein de l'élite intellectuelle, rien de tel que d'augmenter la difficulté de l'université. Je ne vais pas m'étendre davantage à ce sujet mais il me semblait intéressant de donner mon avis à Monsieur Mémoire. Aucune étude est " peu sérieuse".

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  • Nom de l\'usager
    Marc Mémoire
    - 12 Février 2010 à 10:15:05

    J'aimerais débuter par vous féliciter monsieurs Moyneur pour votre article. Toute un journaliste, vraiment un sujet de l'heure. Il toujours bon d'écrire un article qui dénigre le diplôme de plusieurs anciens étudiants en se basant sur les propos d'un seul étudiant grano. Il serait intéressant que vous interviewer un étudiant d'une matière un peu plus sérieuse que les sciences sociales. De plus, je viens de perdre cing minutes de mon temps afin de lire des niaiseries d'un étudiant qui a plafonné au secondaire. Ensuite, je peux comprendre sa motivation de tricher. Il doit être à sa douzième session, car il passe plus de temps à trouver des raisons pour faire la grève que de se concentrer sur ses études. Bravo Étienne, tu es un gagnant. Tu viens de nous prouver que lorsque tu as de la difficulté, le seul moyen que tu utilise est la tricherie pour t'en sortir. On peut voir que tu es un gars très perséverant. Alors, monsieur Moyeneur pourriez-vous interviewer des étudiants qui prennent l'école au sérieux et non des incompétents tels que Étienne? Cela pourrais démontrer que ce ne pas tous les étudiants qui manque de motivation et qui sont déterminer à faire le minimum avec leurs potentiels.

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