Selon le relevé des mégots effectué à la fin du printemps autour de quatre institutions, la moyenne de cigarettes illicites s'établie à 27% pour la quatrième ville en importance au Québec.
La municipalité s'en tire toutefois mieux que beaucoup d'autres, sans compter que la moyenne provinciale se situe à 40%. Dans certaines villes avoisinantes aux réserves indiennes telles que Châteauguay, la moyenne frise les 75%. Au total, 11 645 mégots de cigarettes (427 à Gatineau) ont été amassés aux abords de 75 écoles secondaires de la province.
Parmi les établissements étudiés, l'école secondaire de l'Île trône au sommet du peloton avec un taux de 34%, soit plus d'une cigarette sur trois. Il s'agit d'une augmentation de 5% pour cette école par rapport à l'an passé. L'école polyvalente Le Carrefour (27%), l'école secondaire Mont-Bleu (24%) et D'Arcy McGee High School (22%) ferment la marche du palmarès.
À l'heure où le gouvernement Charest cherche par toutes les façons de hausser certains tarifs pour rembourser la dette provinciale, (par exemple, la TVQ augmentera de 1% en 2011), le vice-président principal de l'ACDA, Michel Gadbois, pense qu'il est plus que temps qu'on abaisse les taxes sur les produits du tabac.
«On vit dans l'un des pays au monde où la réglementation sur le tabac est la plus sévère, mais en même temps l'un des pays où l'accès aux frontières est le plus facile. C'est une espèce de non-sens. Il y a beaucoup de banalisation», a-t-il lancé lors du point de presse pour la région de l'Outaouais. À son avis, le gouvernement est à genoux devant les réserves autochtones, si bien que les groupes criminels en profitent et les activités des contrebandiers haussent de jour en jour.
Selon l'ACDA, une nouvelle génération de jeunes fumeurs accros à la contrebande du tabac se forme en raison du prix de ces cigarettes, souvent inférieur à de la gomme à mâcher. Un paquet de cigarettes légal se vend environ 9,50$, alors que l’équivalent issu de la contrebande ne coûte guère plus que la modique somme de 1$. Quant au prix des cartouches, il varie entre 40 et 70$ dans les dépanneurs, soit jusqu'à quatre fois le prix moyen des contrebandiers (16$).
«Ça nous paraît tellement évident qu'on ne sait plus trop comment interpeller le gouvernement», de dire M. Gadbois, qui croit que les parents ont aussi leur part de responsabilités. D'après un récent sondage, seulement 6% des fumeurs québécois ont affirmé que le prix était un aspect qui les convaincrait d'écraser une fois pour toutes. La santé, les restrictions de plus en plus nombreuses pour les fumeurs et la pression de la famille sont les autres raisons invoquées.
Depuis six ans, le nombre de dépanneurs sur le territoire québécois est passé de 7200 à environ 6000, une diminution de plus de 15%. Selon M. Gadbois, près de 90% des fermetures dans cette industrie employant 40 000 personnes sont liées directement à la contrebande du tabac. Uniquement l’an passé, 380 commerçants de ce type ont mis la clé dans la porte, soit en moyenne un par jour. En terme d’argent, la contrebande du tabac représente des pertes annuelles en ventes brutes d’environ 2 G$ pour les dépanneurs.
Cigarettes de contrebande: un jeu d'enfant pour les ados
Un taux de contrebande moyen de 27% à Gatineau
La plus récente commandée par l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA) a permis de conclure que le taux de contrebande de tabac est en hausse de 1% dans les écoles secondaires de Gatineau comparativement à l'an dernier.
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