Député d'Abitibi-Ouest, François Gendron a répondu sans prétention aux interrogations des jeunes sur la politique québécoise et sur le rôle d'un édile élu par ses concitoyens. Après une quinzaine de minutes à parler du fonctionnement de l'Assemblée nationale, ce fut au tour des nombreux curieux à défiler au micro pour poser leurs questions.
«Si vous ne prenez pas conscience que vous avez une obligation de vous impliquer, de participer à la vie démocratique, qui va le faire? La politique va faire partie de votre vie, peu importe votre profession. Et tout ça commence à l'école», a lancé aux élèves celui qui compte 34 années de service en politique québécoise.
«Votre engagement au sein du conseil étudiant, à la radio de l'école ou dans votre communauté sont des manières de contribuer à la vitalité de votre démocratie pour le moment. Et plus tard, vous pourrez exercer plus intelligemment votre citoyenneté.»
Questionné sur le pourquoi du désintéressement des jeunes face à la vie politique, M. Gendron a refusé de jeter le blâme sur l'image du politicien à la langue de bois.
«C'est un certain nombre de règles qui les tannent (les jeunes). Malheureusement, souvent, on montre seulement les mauvais aspects. Le bout le plus plate de la politique, c'est la période de questions et c'est ce qu'on télédiffuse parce que c'est un show. Mais pour d'autres motifs, la télé veut voir la période de questions. Le bon travail intelligent qui se fait ce n'est pas pour la télé...», déplore-t-il.
La concentration de la presse et le manque de pluralité d'information sont en partie responsables de la perception qu'ont les jeunes de la politique et ce qui l'entoure, estime le député.
Un cours de politique implanté à l'école secondaire pourrait-il changer quelque chose?
«Ça fait partie de l'histoire. Tu ne peux pas parler de l'histoire du Québec sans parler de politique. L'histoire du Québec c'est le sport, les femmes et la politique. Il faudrait que les jeunes soient éduqués à ces valeurs-là.»
«J'espère sérieusement qu'on va remodifier le curriculum pour qu'il y ait au moins un cours d'histoire du Québec obligatoire dans lequel il y aura de l'éducation au civisme et une formation dans la dimension historique du Québec de la place que la politique joue et prend chez nous.»
«Quand les jeunes vont se rendre compte un peu plus tard du glissement de la démocratie, il sera peut-être trop tard. Il y a tellement de sociétés dans le monde qui se battent pour un régime démocratique pendant que nous on en a un. Essayons de le sauver…»
Organisée par la présidence de l'Assemblée nationale du Québec, cette visite de François Gendron à Du Versant s'inscrivait dans une tournée des écoles secondaires de la province possédant un parlement étudiant.
Le doyen de l'Assemblée nationale en visite à Du Versant
Les élèves de secondaire 4 et 5 de l'école secondaire du Versant ont eu droit à de la grande visite lundi, alors que le troisième vice-président de l'Assemblée nationale du Québec est venu leur dire quelques mots.
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