Ce qu'ils demandent est que le DMS soit fermé, couvert et surveillé par le ministère de l'Environnement. Mais à les entendre, il y a loin de la coupe aux lèvres!
«Le gouvernement n'intervient pas parce que le dossier est présentement en processus judiciaire, mais il peut réagir quand même!», s'insurge Robert McClelland, qui n'en peut plus de voir cette compagnie (qui est protégée depuis 2007 par la Loi sur la faillite) faire la pluie et le beau temps à Cantley en ne respectant pas l'environnement et les citoyens depuis 1989. «En 16 ans, la compagnie a été sous enquête 17 fois. Ça montre un peu le mode de fonctionnement de cette compagnie-là», ajoute le citoyen.
Ce qui frustre le plus les gens à Cantley est le fait que la compagnie a enfreint la loi à de nombreuses reprises et que le gouvernement ne fait rien. M. McClelland rappelle qu'en 2005, le feu au dépotoir à forcé 69 familles à évacuer leur résidence. Le ministère de l'Environnement avait alors exigé que des études sérieuses soient effectuées. Mais l'avis d'infraction de 2005 sera entendu cet été seulement et les travaux n'ont pas été réalisés. Ce qui pousse M. McClelland à dire que les exploitants du DMS (qui connaîtront la décision du Tribunal administratif du Québec le 30 juillet concernant leur deuxième appel) ont le beau jeu, tandis que les citoyens voient leur santé se détériorer et leur patience s'effriter.
«Ce qui nous fait peur c'est que si la compagnie fait faillite, elle dira "byebye!" et ce sera aux citoyens de payer pour le site», glisse M. McClelland, qui soupçonne que la nappe phréatique est polluée et que les pellicules de plastique posées sur le terrain n'empêchent pas les gaz de voyager… «Des puits d'essai devaient être creusés en 2005 pour voir la condition de l'eau et ça n'a pas été fait. Ce sera quoi dans 10 ou 15 ans?!»
«Si rien ne se passe, il n'y a pas énormément de possibilités. On n'a pas de juridiction, c'est sous le contrôle du ministère. On doit avoir un dialogue avec les gens responsables, avec les fonctionnaires (entre autres la directrice de la Santé publique en Outaouais, Dre Lucie Lemieux) et les politiciens pour aboutir à quelque chose bientôt. Car à cause de la bataille juridique, la bataille environnementale a été oubliée», tranche le maire Harris, qui compare les exploitants du DMS à des conducteurs ivres qui n'ont aucune considération pour les autres.
Dans les dernières années, deux familles ont déménagé à cause des émanations de gaz et plusieurs autres ont été incommodés sévèrement. «Faites du porte-à-porte et vous verrez des conséquences!, de dire Robert McClelland. Deux familles sont parties, d'autres sont allées chez le docteur, des animaux sont morts… C'est le droit des citoyens d'avoir un environnement sain et propre! Est-ce que c'est trop demandé au gouvernement de respecter la loi?!»
DMS de Cantley: «Le gouvernement doit agir!» - le maire Steve Harris
Le maire de Cantley, Steve Harris, et le représentant des citoyens lésés par les émanations provenant du dépôt de matériaux sec, Robert McClelland, ont interpellé le gouvernement ce matin pour qu'il intervienne enfin et respecte la loi dans le dossier du DMS, car selon eux, il n'y a que lui qui peut les tirer de ce cauchemar.
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