De passage à Gatineau lundi alors que la tournée provinciale intitulée «Québec contrebande» bat son plein, le vice-président principal du regroupement, Michel Gadbois, a démenti les propos du ministre, précisant qu’un récent sondage a permis de conclure le contraire.
Surtout, il croit qu’une telle initiative du gouvernement permettrait de faire mourir à petit feu le marché de la contrebande, comme ça s’est produit au début des années 2000, plus de cinq ans après que les taxes aient été abaissées. Puis, lorsque celles-ci ont été augmentées de nouveau, le nombre de cartouches de cigarettes saisies par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a explosé, passant de 50 000 en 2002 à un demi-million en 2006.
Menée par la firme Léger Marketing, l’étude commandée par l’ACDA-AQDA conclut qu’aucun des fumeurs québécois interrogés ne serait incité à fumer davantage si les taxes étaient abaissées par l’État. De plus, dans une proportion de 61%, les ex-fumeurs depuis 2001 ont avoué ne pas avoir écrasé en raison de la hausse des taxes, mais plutôt par choix personnel.
«Une cigarette sur deux au Québec provient de la contrebande. Ce qu’il faut, c’est un traitement choc et ramener les taxes à des taux non-excessifs. Le problème, c’est le prix», a martelé M. Gadbois, ajoutant qu’un revendeur peut facilement se faire jusqu’à 2000$ par semaine avec des cigarettes illégales. Pour les adolescents, il est plus dispendieux de nos jours de se procurer de la gomme à mâcher ou les friandises que des cigarettes.
Un paquet de cigarettes légal se vend environ 9,50$, alors que l’équivalent issu de la contrebande ne coûte guère plus que la modique somme de 1$. Quant au prix des cartouches, il est de 70$ dans les dépanneurs, soit plus du quadruple du prix moyen des contrebandiers (16$).
Depuis six ans, le nombre de dépanneurs sur le territoire québécois est passé de 7200 à environ 6000, une diminution de plus de 15%. Selon M. Gadbois, près de 90% des fermetures dans cette industrie employant 40 000 personnes sont liées directement à la contrebande du tabac. Uniquement l’an passé, 380 commerçants de ce type ont mis la clé dans la porte, soit en moyenne un par jour. En terme d’argent, la contrebande du tabac représente des pertes annuelles en ventes brutes d’environ 2 G$ pour les dépanneurs.
Il est à noter que parmi les autres résultats du sondage, le trois-quart des fumeurs de la province disent fumer du tabac de contrebande. Moins de la moitié (41%) estiment qu’il s’agit d’un acte illégal que de se procurer une telle sorte de tabac et 77% d’entre eux affirment que la raison principale les incitant à acheter du tabac de contrebande est d’éviter de payer des taxes. Également, 57% des fumeurs de contrebande soutiennent qu’ils accepteraient de racheter leurs cigarettes au dépanneur si le prix d’un paquet était abaissé à environ 5$.
La tournée s’arrêtera dans une vingtaine d’autres villes de la province au cours des semaines à venir et plusieurs dépanneurs seront mobilisés afin que de la pression soit faite sur les députés.
Une baisse de taxes sur le tabac, la hantise des contrebandiers
L’Association canadienne et québécoise des dépanneurs en alimentation (ACDA-AQDA) n’a pas mis de temps à répliquer au ministre du Revenu du Québec, Robert Dutil, qui dit ne pas envisager une baisse des taxes sur le tabac car le tout inciterait la population à fumer.
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