«Je désirais aller dans cette ville pour parfaire mon art, car mon style de dessin s’identifie au anglo-saxon», m’a-t-il expliqué bien assis sur le balcon de sa résidence à Saint-André-Avellin avec un cigare à la main. «C’est l’un de mon endroit préféré, avec bien entendu, mon studio.»
Christian a acheté cette maison lors d’une visite dans la Petite-Nation. Par pure coïncidence, cette résidence a été construite par Lionel Quesnel. «Nous possédons le même nom de famille, mais nous n’avons aucun lien de parenté.»
Pour obtenir un avantage sur les autres offres d’achat, le bédéiste n’a pas exigé aux propriétaires de vider la maison. «Quand nous sommes entrés, nous avons trouvé des malles remplies de photos d’époque. Grâce à cela, j’ai pu relater l’histoire de la résidence et la mettre en bédés.»
Le projet Outaouais auquel à participé le bédéiste maintenant avellinois relate la mort d’Hélène, la femme de Lionel, lors d’un accouchement. «C’est un premier chapitre sur le livre de ma résidence. À Londres, je vais travailler les autres. Ce sera bien d’être loin, car ici, je suis trop imprégné par cette histoire. Je ne veux pas créer un documentaire, mais bien une œuvre artistique d’environ 80 pages», a-t-il précisé avec son troisième cigare à la main.
Il me raconte également plusieurs anecdotes sur sa résidence et celles des voisins, dont le dépanneur. Pour ajouter à ses paroles, il me montre des photos d’époque, dont celle où sa fille a identifié son ami imaginaire. «Mon aînée de cinq ans me parle souvent de cet ami tout de noir vêtu, qui ressemble étrangement au père Paul, le frère de Lionel.»
À Londres, en plus de travailler sur son livre, Christian rencontrera plusieurs artistes, participera à plusieurs vernissages et reverra un ami d’enfance.
Il reviendra en août pour l’entrée à la maternelle de sa fille. «Je ne veux pas rater ce moment-là. Pour moi, six mois, c’est long, mais pour un enfant, ça paraît encore pire.»
Christian a très hâte de partir, mais il sait qu’il s’ennuiera de sa famille. «En tant qu’artiste, je vis souvent des hauts et des bas, mes deux filles sont ma source d’énergie, elles me remontent toujours le moral. Je ne sais pas comment je ferai sans elle.»
Il reviendra également au mois d’octobre pour lancer le collectif La machine du Bonhomme Sept Heures. «C’est un livre contenant quatre nouvelles d’épouvantes, des histoires noires», a précisé l’artiste.
Christian Quesnel s’envole à Londres
Le bédéiste Christian Quesnel s’envole aujourd’hui vers Londres pour une période de six mois grâce à une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec.
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