Rappelant que la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a invité l'an passé la population québécoise à briser le silence entourant la détresse psychologique et le suicide chez les personnes âgées. L'AQRP demande maintenant à l'État québécois de poser des gestes concrets. Par exemple, elle exige qu'une campagne gouvernementale de sensibilisation soit mise sur pied, question d'améliorer ces sombres statistiques.
Cette demande vise aussi à donner une suite à la recommandation du coroner Catherine Rudel-Tessier, qui a demandé en 2007 à ce qu'on procède à une campagne nationale de prévention du suicide chez les aînés. «Le suicide chez les personnes âgées est un phénomène plus important qu'on le croit souvent. Il faut comme société que nous nous penchions sur ce phénomène et que nous cessions de nous résigner. La dépression chez les personnes âgées n'est pas normale. À tout âge, elle doit être traitée et il est temps qu'un effort collectif soit fait», avait-t-elle noté dans son rapport.
Le taux de suicide des personnes âgées de 65 ans est en hausse importante ces dernières décennies. Entre 1977 et 1999, il a augmenté de 85,4%, sans compter tous les décès par suicide classés comme des morts naturelles. Et ce ne serait que la pointe de l'iceberg, semble-t-il. Le Centre de recherche sur le vieillissement des Universités de Sherbrooke et de Montréal évaluent que ce nombre augmentera de 248% d'ici les 35 prochaines années.
La part importante qu'occupe le groupe des 50 ans et plus parmi l'ensemble des décès par suicide à travers la province s'explique entre autres par deux tendances. Premièrement, la baisse marquée du nombre de décès et des taux de mortalité par suicide chez les jeunes, conjuguée à une faible diminution des taux de mortalité chez les 50 ans et plus, a eu un tel effet. En second lieu, puisque le Québec observe un vieillissement de sa population et que la proportion des personnes de ce groupe d'âge est en croissance, sa part de décès est en conséquence plus importante.
Suicide chez les personnes de 50 ans et plus: briser le silence
À l'occasion de la Semaine de la prévention du suicide, l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) vient de lancer un cri d'alarme au gouvernement québécois. La raison? Les statistiques démontrent que la proportion des décès par suicide concernant les âgées de 50 ans et plus est passée de 27 à 40% entre 1999 et 2006.
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