La sagesse des électeurs

Roch Cholette
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Mardi dernier, les Québécois ont démontré une sagesse électorale surprenante.

Roch Cholette

Après neuf ans de pouvoir libéral, après des mois de perturbation sociale, après la création de deux nouveaux partis politiques au Québec, soit la Coalition avenir Québec de François Legault et Option nationale de Jean-Martin Aussant, et après avoir enduré un ton des plus acrimonieux dans le débat public, les Québécois ont sagement décidé d’envoyer des messages clairs aux différents partis politiques.

En élisant un gouvernement du Parti québécois minoritaire, les électeurs ont refusé de donner un chèque en blanc à Pauline Marois. Ils lui ont dit qu’ils ne souhaitaient pas de référendum sur la souveraineté du Québec. Ils lui ont aussi dit qu’elle devra gouverner au centre de l’échiquier politique et surtout éviter de plier devant l’aile la plus extrémiste de son parti. Le Parti québécois sera sous haute surveillance pendant son court mandat minoritaire qui ne saura durer plus de 24 mois.

Heureusement, la balance du pouvoir n’est pas dans les mains de Québec Solidaire. Les deux députés de Québec Solidaire, additionnés aux 54 députés du Parti Québécois, ne rivalisent pas avec les 69 députés du Parti libéral et de la CAQ. Les Québécois ont plutôt envoyé Françoise David à l’Assemblée nationale afin de tempérer l’extrémiste Amir Khadir.

Pour ce qui est de la CAQ, le jeune parti de François Legault a reçu deux messages. Le premier est à l’effet que son discours mérite une attention, mais nécessite également plus de maturité. Des mesures tape-à-l’œil comme l’abolition des commissions scolaires peuvent séduire à prime abord mais ne résistent pas à une analyse plus poussée. Aussi, le fait que la CAQ sera officiellement reconnue comme parti politique à l’Assemblée nationale lui permettra de bénéficier de suffisamment de temps et de ressources pour peaufiner son discours et sa plateforme politique.

Pour ce qui est du Parti libéral du Québec, les sondeurs prédisaient sa quasi disparition à la suite de l’usure du pouvoir, au conflit étudiant et aux allégations de toutes sortes. Les électeurs ont plutôt décidé de sanctionner légèrement les libéraux. En envoyant 50 députés à Québec, seulement 4 de moins que le parti formant le gouvernement et en leur confiant le rôle de l’opposition officielle dans un gouvernement minoritaire. Les Québécois disent à la fois qu’ils souhaitaient un changement, mais demandaient aussi au PLQ de faire un examen de conscience et de se renouveler pour revenir aux affaires d’ici deux ans.

Lorsqu’on analyse cette élection en fonction des attentes, il est difficile de ne pas considérer le PLQ comme le grand gagnant. Par contre, avec sa très courte victoire et avec les deux mains attachées, le Parti québécois peut se réjouir d’une victoire morale bien plus qu’effective.

Organisations: Parti québécois minoritaire, Coalition, Assemblée nationale Parti libéral du Québec

Lieux géographiques: Québec Solidaire

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • Kevin
    11 septembre 2012 - 20:28

    Les médias ont pris la fâcheuse habitude d'utiliser des mots sans en connaître la définition. Que vous soyez en désaccord avec les opinions de M.Khadir (tout comme moi) ou non, tâchez de vous montrer respectueux. Voici ce qu'est un extrémiste: "L'extrémisme est un terme utilisé pour qualifier une doctrine ou attitude (politique ou religieuse) prônant l'action par tous les moyens pour arriver à ses fins.[...]" http://fr.wikipedia.org/wiki/Extr%C3%A9misme Maintenant, avant de dire qu'Amir Khadir est extrémiste, fournissez nous les preuves le soutenant.