En 2011, les ambulances d’Ottawa ont dépanné leurs collègues de l’Outaouais plus de 100 fois, soit une fréquence de deux fois par semaine. C’est énorme, inacceptable et symptomatique d’un problème structurel dans la desserte ambulancière pour une région frontalière. La nécessité pour de nombreux patients de recourir à des soins de santé dans la région de Montréal plutôt qu’à Ottawa contribue à monopoliser une ambulance et les paramédics qui y sont affectés durant une journée complète à de trop nombreuses reprises.
Le recours aux paramédics d’Ottawa a été encadré pour l’année 2012. Conséquemment, l’Outaouais pouvait donc avoir recours à un maximum de 50 appels d’urgence. De plus, des négociations devaient avoir lieu afin d’encadrer le recours aux services d’urgence de la province voisine pour l’avenir.
En réponse à cet état de fait, le nouveau ministre de la Santé, le Dr. Réjean Hébert, a agi promptement en annonçant trois décisions importantes. Un, l’ajout de façon temporaire d’une nouvelle ambulance pour l’Outaouais, deux, la mise en place d’un comité d’experts afin d’analyser la situation des services ambulanciers en Outaouais et trois, la poursuite des négociations avec la direction des paramédics d’Ottawa afin de conclure une entente de services.
J’ai applaudi ces initiatives. Je croyais que le ministre avait bien compris la spécificité de notre région et avait agi promptement. Malheureusement, mes applaudissements étaient prématurés et bien trop généreux. La dure réalité est que le ministre a trompé les citoyens de l’Outaouais.
Tout d’abord, il n’a pas ajouté une seule ambulance sur la route. Il a simplement autorisé des budgets supplémentaires afin de défrayer les salaires des paramédics, mais n’a pas autorisé l’ajout d’une ambulance à la flotte. La conséquence est qu’à plusieurs occasions durant la semaine, l’annonce du ministre n’a changé absolument rien à la couverture ambulancière en Outaouais. Avant l’annonce, l’Outaouais avait 31 ambulances. Après l’annonce, l’Outaouais avait toujours 31 ambulances. Cette situation est malheureuse, particulièrement lorsqu’on sait qu’une ambulance flambant neuve reste inactive dans le garage. Cette trente-deuxième ambulance attend simplement l’autorisation du ministre afin de servir l’Outaouais.
Deuxièmement, le ministre a annoncé la création d’un comité d’analyse composé au deux tiers par ses fonctionnaires de Québec. On repassera pour la notion d’indépendance et d’impartialité de ce comité plus bidon qu’efficace. Et troisièmement, le il a annoncé que les pourparlers avec les paramédics étaient rompus.
La députée de Gatineau a confronté le ministre de la Santé à l’Assemblée nationale sur ses promesses brisées. Plutôt que de reconnaître ses erreurs et d’admettre la vérité, le ministre a été méprisant, voire condescendant envers les citoyens de l’Outaouais. En réponse à une question de la députée, le ministre n’a rien trouvé de plus intelligent, que de répondre, et je cite: «M. le président, la députée voudrait avoir un beau camion neuf avec une boucle de ruban. Ce n’est pas comme ça que ça marche, M. le président.»
L’arrogance du ministre ne l’honore pas. Mais son attitude en dit long sur ce qu’il pense de l’Outaouais et de ses citoyens: on est tous des braillards.





