M. Vaillancourt, êtes-vous fier de vous?

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(Photo: Michel Moyneur)

Monsieur Jean Vaillancourt,

Lorsque je vous ai écrit plus tôt aujourd'hui pour vous encourager dans votre décision de maintenir les cours à l'UQO (même s'ils n'étaient pas donnés à cause des piquets de grève), j'ai osé rêver que vous aviez assez de « colonne » et que vous étiez capable de résister à la pression d'une bande d'étudiants qui sèment la terreur dans VOTRE université.

Ce soir, vous annoncez sur le site de l'UQO que vous suspendez les cours pour des raisons de sécurité. Donc vous avouez par le fait même, qu'ils sont dangereux. Qu'attendez-vous pour réagir en faveur des étudiants qui veulent étudier? Je pense bien que si j'allais occuper vos bureaux, vous trouveriez un moyen de me faire sortir, quitte à faire appel au service de police de la Ville.

Quand j'ai vu au bulletin de nouvelles de ce soir que, lors d'une altercation entre des grévistes et un étudiant qui désirait assister à son cours, le gardien de sécurité a fait sortir l'étudiant plutôt que les grévistes, j'ai été estomaquée. Le message véhiculé par cet incident est très clair. Les gardiens de sécurité que vous avez embauchés sont à l'université afin de permettre aux grévistes de faire du grabuge sans risque de représailles de la part des étudiants contre la grève.

En évacuant les bureaux administratifs et les employés des différentes compagnies qui travaillent dans vos locaux, le message était on ne peut plus clair : « Partez, avant que ce soit trop dangereux ». En tant que recteur, êtes-vous fier de vous d'avoir cédé à leurs demandes? Vous pensez que vous réussirez à garder un semblant d'autorité face à ce qui s'en vient? Car, il faut bien le reconnaître, c'est loin d'être fini.

Réalisez-vous qu'en capitulant de la sorte, vous leur donnez pleins pouvoirs? Que vous n'aurez plus aucun contrôle? Que vous avez perdu toute crédibilité? Oui, je l'avoue, ça ne doit pas être facile par les temps qui courent, mais de grâce, ne cédez pas devant la menace!!! Essayez plutôt de les faire évincer de l'établissement.

Ce soir, quand j'ai lu sur la page Facebook du « Comité de grève - UQO » le message demandant d'identifier l'étudiant qui a osé les confronter dans la salle de cours, tout en ajoutant le lien de la nouvelle qui a paru sur le site de Radio-Canada, j'avoue que j'ai eu peur pour sa sécurité. Quand je lis la phrase suivante dans un de vos communiqués : « L'Université appelle au respect des activités des personnes, des groupes et des associations et invite tous les membres de la communauté universitaire à éviter toute forme de confrontation ou d'intimidation », je me demande pourquoi est-ce toujours les grévistes qui agissent comme bon leur semble et les autres qui doivent mettre de l'eau dans leur vin et subir sans rien dire pour ne pas LES provoquer, en sachant très bien que ce sont majoritairement les grévistes qui s'amusent à jouer à ce petit jeu dangereux?

Lundi prochain sera jour de vote à l'UQO. J'ai l'impression, du moins, j'espère qu'il y aura une très bonne mobilisation de la part des « contre la grève ». Avez-vous pensé au grabuge qu'il risque d'y avoir si le mandat de grève n'est pas renouvelé? Vendredi dernier, le tout a fini dans le calme étant donné que les grévistes avaient eu ce qu'ils voulaient. Mais, qu'adviendra-t-il s'ils perdent leur vote? Un petit conseil : engagez suffisamment de gardiens de sécurité pour éviter les débordements et sortez de votre bureau pour aller voir comment ça se déroule.

En terminant, voici un extrait du Code civil du Québec et de quelques commentaires (en italique) qui ont été insérés par un étudiant. Le tout circule présentement sur les réseaux sociaux.

CHAPITRE HUITIÈME

DU CONTRAT D'ENTREPRISE OU DE SERVICE

SECTION I

DE LA NATURE ET DE L'ÉTENDUE DU CONTRAT

2098. Le contrat d'entreprise ou de service est celui par lequel une personne, selon le cas l'entrepreneur ou le prestataire de services, s'engage envers une autre personne, le client, à réaliser un ouvrage matériel ou intellectuel ou à fournir un service moyennant un prix que le client s'oblige à lui payer.

1991, c. 64, a. 2098.

Donc, tous les cégeps et universités ont l'obligation de donner les cours, car nous avons payé, pour un service intellectuel.

En plus,

2100. L'entrepreneur et le prestataire de services sont tenus d'agir au mieux des intérêts de leur client, avec prudence et diligence. Ils sont aussi tenus, suivant la nature de l'ouvrage à réaliser ou du service à fournir, d'agir conformément aux usages et règles de leur art, et de s'assurer, le cas échéant, que l'ouvrage réalisé ou le service fourni est conforme au contrat.

Lorsqu'ils sont tenus du résultat, ils ne peuvent se dégager de leur responsabilité qu'en prouvant la force majeure.

Donc, les cégeps et universités sont responsables des fausses ententes avec les étudiants, et empêchent tous les autres étudiants a recevoir le service intellectuel qu'ils ont payé...

Il n'y a pas force majeure, car les dirigeants sont censés connaitre les lois, car ils ont réussi leurs études. Les dirigeants ont le devoir de connaitre les lois en vigueur. Il n'y a donc pas force majeur, c'est un laisser-aller, avec permission des dirigeants des écoles, donc les dirigeants sont responsables des actes commis aujourd'hui et les dirigeants sont responsables d'un contrat de services intellectuels.

Cordialement.

Micheline Pichette (Gatineau)

Organisations: UQO, Radio-Canada

Lieux géographiques: Québec

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Derniers commentaires

  • Chose Bine
    12 avril 2012 - 10:21

    En fait, pour qu'une opinion ait un poids réel, il suffit qu'elle soit suffisamment articulée et convaincante. Si elle se réduit à rapporter des anecdotes partielles et partiales, parce que s’appuyant essentiellement sur l’interprétation personnelle que l’on donne à des événements eux-mêmes rapportés (et, donc, déjà interprétés, s’il faut le préciser); se nommer ne fait que préciser la source d’une subjectivité qui n’en est pas moins inepte.

  • Une gréviste
    30 mars 2012 - 16:44

    Madame Pichette, Il me semble évident à la lecture de votre lettre que vous ne fréquentez pas l'UQO et que vous n'y avez pas été de la semaine. Évident parce que vous auriez pu constater par vous-même que les grévistes collaborent très bien avec l'administration et la police et que toutes leurs actions ont été pacifiques. La grève a été voté démocratiquement par l'AGS du vendredi 23 mars et le comité de grève de l'UQO a donc entrepris de bloquer les cours en conséquence, toujours pacifiquement. Si le recteur a finalement décidé de lever les cours, c'est (croyez-moi ou non) parce que les grévistes (que vous qualifiez trop facilement de dangereux) ont été victimes de violence et d'intimidation non seulement de la part d'étudiants qui sont contre la grève et ont tenté d'outrepasser la décision démocratique de l'AGS, mais aussi de professeurs censés donner l'exemple. Il aurait donc été irresponsable de la part du recteur de ne pas agir de façon préventive et de ne pas accorder la levée des cours. Pour ce qui est de la vidéo publiée, laissez-moi clarifier la situation. Le jeune homme en question a réagit violemment à la demande calme des grévistes de quitter le cours. Il a en fait réagit si violemment que les gardiens de sécurité de l'UQO ont du le sortir eux-même du cours. Si les membres du comité de grève de l'UQO demande d'identifier cet homme, c'est bel et bien pour leur propre sécurité future et non pour exercer une quelconque représailles. En terminant, merci de l'attention que vous portez à la sécurité des étudiants . C'est touchant et j'oses croire que cette volonté de sécurité s'étend aussi à moi qui a souvent dans la dernière semaine craint pour la mienne à cause de gens contre la grève qui se sont montrés violents.

    • Micheline Pichette
      01 avril 2012 - 18:54

      Chère gréviste, Vous avez tout à fait raison, je ne fréquente pas l'UQO. Par contre, ma fille y étudie et y travaille. Elle a plus d'une fois craint pour sa sécurité et a été victime d'intimidation à plusieurs reprises sans même tenter de traverser les piquets de grève. Quand elle a essayé de discuter avec les grévistes de ces comportements qui sont, vous en conviendrez aussi, inacceptables, on lui a ri en pleine face et on lui a dit qu’elle inventait. Ce fameux jour où le recteur a décidé d'annuler les cours, son employeur a choisi d'évacuer les lieux, et deux de ses amies se sont barricadées dans leur bureau. Mais, bien évidemment, ce sont les grévistes qui sont victimes de violence et d’intimidation. Bien sûr. Si aucun gréviste n’est dangereux, pourriez-vous m’expliquer pourquoi les étudiants contre la grève craignent tant d’afficher leur carré vert? Par ailleurs, sachez que pour qu'une opinion ait un poids réel, il est important d'avoir le courage de s'identifier, chose que vous apprendrez lorsque vous gagnerez en maturité.