Amir Khadir n'a rien à perdre et tire à boulets orangés sur la marée rouge au pouvoir à l'Assemblée nationale, qui semble selon lui écouter davantage les affairistes et les grands argentiers que le peuple québécois.
«Pourquoi nous infligeons-nous cette paralysie à cause du marché? Moi, la prochaine fois que des firmes viendront parler de notre économie, j'aurai envie de leur dire "Mêlez-vous de vos affaires!" L'État appartient aux individus, pas au monde des affaires. Est-ce que c'est Wall Street, Bay Street, qui décident pour nous ou est-ce le peuple québécois qui décide de son destin?»
Le député ne somme pas Jean Charest de suivre le modèle de Québec solidaire à la lettre, seulement de regarder ce qui se trame sous son nez, dans la cour de ses concitoyens. Et il espère plus que tout que la crise sera une opportunité que saisiront les libéraux pour changer leurs façons de gérer, tel que le désire aussi le président Obama aux États-Unis. Québec solidaire emprunte d'ailleurs plusieurs idéologies au nouveau président américain, surtout en ce qui a trait aux plus démunis qui n'arrivent pas à se faire entendre.
Amir Khadir a récemment rencontré la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, pour lui parler des causes de cette crise, pas juste de la manière de la gérer. Il l'a sentie ouverte d'esprit sur la question de l'évasion fiscale. Québec solidaire considère que cette situation a assez duré et que l'administration Charest doit cesser de financer des géants comme Pratt & Whitney au détriment de l'économie sociale.
«L'économie sociale, c'est 17 milliards $ de revenus pour l'État et 125 000 emplois qui ne seront jamais délocalisés et dont les profits n'iront jamais dans des banques étrangères. Ce sont des revenus qui profitent à de petites et moyennes entreprises qui fondent leur famille ici et qui prennent leurs décisions ici, pas dans une direction générale exécutive à Londres!, a martelé le député de Mercier. Et saviez-vous que la famille Rona n'a pas payé d'impôts durant dix ans? Et Alcan également? Pourquoi? Car il y a des trous dans la loi qui lui permettait de repousser ses paiements de 10 milliards $ en impôts.» Amir Khadir a promis à la blague que si la ministre réglait ce dossier, ce n'est pas une galoche qu'il lui lancerait à la tête, mais un bouquet de fleurs!
Amir Khadir aimerait bien que le Québec redevienne propriétaire de ses économies, de ses épargnes, en retirant la Caisse de dépôt et placement des mains des spéculateurs. Ainsi, l'argent fructifiera prudemment, pense-t-il.
Québec solidaire demande aussi que le personnel de soutien dans les écoles soit augmenté. Selon lui, ça ne règlera pas le décrochage, mais ça va aider. Il veut aussi récupérer les 2 milliards $ perdus annuellement à la Régie de l'assurance-maladie du Québec au profit des compagnies pharmaceutiques et d'assurances privées.
Le salaire minimum est dans la mire de Québec solidaire, ce n'est un secret pour personne depuis que le candidat Bill Clennett en a fait un de ses chevaux de bataille à la dernière élection. Amir Khadir soutient que nous devrions s'inspirer de ce qui a été prouvé par les syndicats en Ontario, à savoir qu'augmenter le salaire minimum stimule l'économie locale. «Et ce n'est pas de l'argent qui sera dépensé dans des produits à l'étranger comme des BMW!», tranche ironiquement Amir Khadir.
Autre problème local criant sur lequel travaille QS: l'itinérance. Le député souhaite la construction de 50 000 logements sociaux pour pallier au problème de la flambée du prix des loyers, qui elle, creuse les inégalités et la pauvreté et donne d'autres maux de tête à l'État (maladie, criminalité). «Ce n'est pas uniquement une dépense, c'est un investissement», a lancé Amir Khadir.
Tout comme l'augmentation des prestations d'assurance-chômage, à laquelle n'avaient pas songé les libéraux avant que Québec solidaire en parle, d'après Amir Khadir. Pour lui, c'est inacceptable et illogique, en pleine crise économique, de laisser l'eau couler en ne bougeant pas le petit doigt.
Enfin, en tant que médecin, Amir Khadir se dit au fait de la situation des hôpitaux. Il préconise donc une injection de fonds massive pour que les ressources se multiplient. Le député ne voit pas comment les infirmières et médecins pourraient rendre service à la population s'ils manquent d'oxygène. «Qu'on cesse aussi de gaspiller les revenus publics et qu'on cesse d'empêcher les médecins étrangers de pratiquer alors qu'ils pourraient aider au système», a-t-il ajouté.




