L'événement se tiendra à partir de 8h30 à la Maison du citoyen et offrira des ateliers informatifs, de la part notamment de l'ex-conseillère de l'ex-ville de Buckingham, Anne Mercier, la consultante et formatrice bien connue Martine Blanc et Sylvie Filiou, ex-conseillère à L'Ange-Gardien. L'ex-conseillère gatinoise Louise Poirier animera la journée et la coprésidence a été confiée à la préfet de la MRC de Papineau, Paulette Lalande, et à l'ancien député de Chapleau, Benoit Pelletier.
Ces ateliers et discussions conviviales ont pour objectif de simplifier la structure politique et le terme «implication sociale». Certaines femmes sont très intimidées par ces deux éléments, mais ce que démontrent les plus récentes statistiques est positif. «Ce ne sont pas des cours, prévient la coordonnatrice de l'Assemblée des groupes de femmes d'interventions régionales, Tina De Luca, de la formation est donnée par les municipalités aux élu(es). Notre but est de donner de l'information et c'est ouvert à toutes les femmes!»
AGIR espère une centaine de participantes lors de ce samedi constructif. Les cinq conseillères à la Ville de Gatineau sont déjà inscrites - car être élu n'est pas une finalité, selon Mme De Luca, on peut toujours s'améliorer et partager - et AGIR attend toujours une réponse à l'invitation lancée aux députées provinciales de la région. Ce mix de femmes politiques d'expérience avec les néophytes et indécises, permet un excellent brainstorming sur des points cruciaux: comment convaincre une majorité d'hommes que notre projet est viable lorsqu'on est seule dans un conseil municipal, comment changer les mentalités d'un pan de la société traditionnellement dominé par les hommes? «Bien des femmes sont impliquées dans la société, mais dès qu'on parle de politique municipale, ça les effraie!», lance l'agente de développement, Hamida Melouane.
Mme Melouane estime que ce moule social est de plus en plus fragile. Lorsqu'il se cassera, l'objectif premier recherché par AGIR sera atteint, c'est-à-dire la parité dans toutes les instances décisionnelles. Le but n'est pas de «botter» les hommes en dehors du Parlement! AGIR vise une meilleure collaboration entre les deux sexes, valeur commune aux jeunes femmes impliquées. «C'est bien mieux de collaborer et de travailler ensemble! On est une société d'hommes et de femmes, alors c'est logique qu'on puisse gouverner ensemble pour le bien commun», ajoute-t-elle.
Avec leur sensibilité et leur sens de l'analyse naturels, elle croit toutefois que les femmes sont utiles à une collectivité à leur façon. «Un homme va se lancer et apprendre sur le tas alors que les femmes vont se préparer davantage et examiner leurs dossiers», compare Hamida Melouane. Elles ont surtout des priorités différentes: «Qu'on cesse de s'occuper des arénas et qu'on s'occupe plus de la famille!», tranche-t-elle en souriant.
Mais il y encore loin de la coupe aux lèvres, car la société ne facilite pas encore assez la tâche aux femmes, selon AGIR. «On ne tient pas compte des réalités des femmes: elles doivent penser à faire la cuisine, à s'occuper des enfants, elles pensent encore beaucoup aux tâches ménagères… Alors que l'homme, lui, est disponible!», nuance Tina De Luca.
Lors des récentes élections municipales en Outaouais, le nombre de femmes candidates et élues aux postes de conseillère et mairesse s'est accru par rapport à celles de 2005. En effet, on compte maintenant six mairesses au lieu de quatre et 118 conseillères au lieu de 110. Pour les candidatures, 177 au lieu de 169.
Des 124 femmes élues en Outaouais, 25 ont suivi les formations offertes par AGIR dans toutes les MRC. Une centaine de femmes a participé à ces formations et le tiers a choisi de tenter sa chance en politique, un pourcentage encourageant pour Mmes De Luca et Melouane. «Plusieurs étaient déjà décidées, certaines étaient déjà élues, mais toutes étaient contentes d'avoir des formations comme ça, comme si on les avait vraiment encouragées. Elles avaient besoin de se retrouver dans un endroit où elles étaient soutenues, outillées et encouragées», estime Hamida Melouane.
Sans oublier l'info-ligne (819 770-0351) créée lors des élections et qu'AGIR a gardé pour répondre à l'année aux questions des femmes et le site www.agir-outaouais.ca, bourré d'informations!




