La folie du yoga gagne vraiment tout le monde. La vague déferle maintenant dans les écoles primaires, où des profs comme France et Marie-France tentent d'inculquer de bonnes habitudes aux enfants. «Dans les écoles, les jeunes aiment la détente. Je leur demande après les séances ce qu'ils ont aimé le plus et ils me disent que c'est la relaxation. Des jeunes de 12 ans viennent me voir et me disent qu'ils sont stressés, avec la garde partagée et tout…! Alors j'essaie de les aider pour qu'ils se recentrent», partage Marie-France.
«Beaucoup d'écoles commencent à l'intégrer dans leurs cours parce que les enfants sont mieux préparés, poursuit France Hutchison. Des fois, ce n'est pas dans la mission de l'école; c'est parfois un prof qui en fait et qui veut l'intégrer à sa classe. Mais certaines écoles imposent de 15 à 20 minutes d'exercice physique par jour; c'est là qu'elles me contactent, car elles pensent que le yoga serait un bon exercice.» France fait présentement un tabac dans la région métropolitaine avec "Pedayoga".
«Les profs me disent: "France, qu'est-ce je pourrais faire pour l'appliquer avec les enfants?" C'est stressant pour eux, surtout quand ils ont des enfants avec des troubles d'apprentissage. En tant que prof, ils ne connaissent pas toutes ces difficultés.»
«Mon but est donc que les profs puissent intégrer le yoga dans leur classe; je leur montre comment adapter tout cours de yoga à leur environnement», ajoute France. Sa trousse est polyvalente, dans le sens que chaque prof peut l'adapter à sa philo ou sa personnalité. Le guide est facilement consultable, est bien illustré et explique tout ce qu'il y a à savoir sur le yoga. Fait coquin: les postures sont imagées à l'aide d'objets ou d'animaux (dauphin, chien, chat, nuage, cobra, coccinelle, ours) pour que l'enfant ait moins de misère à les matérialiser. Un disque de musique relaxante accompagne tout ça.
«J'aimerais aussi intéresser les CPE, car plus on va leur montrer jeune à se concentrer, à prendre conscience de leur corps, à bouger, plus ils vont bien fonctionner dans les écoles!» France pense alors à sa fille Daphnée, sa petite boule d'énergie qui a de la difficulté à rester assise cinq minutes partout… sauf sur le tapis de yoga!
France assure que les enfants hyperactifs qui pratiquent le yoga ne "guérissent" pas, mais améliorent leurs interactions avec les autres et ont davantage d'outils pour remplir leurs tâches diverses.
«Les gens ont encore la perception que c'est trop facile, mais ç'a autant de bienfaits sur le corps que l'aérobie. T'as un meilleur tonus, une meilleure stabilité et si on est stable dans notre corps, on le sera émotionnellement, note France. Ça aide à s'accepter comme personne, avec ses forces et ses faiblesses, car oui, ça se peut qu'un jour notre corps réponde moins bien à une posture…»
France avait pratiqué le yoga dans sa jeunesse, mais avait abandonné pour les sports de compétition. «J'ai recommencé après l'accouchement des enfants (sa deuxième a des troubles d'apprentissage) pour gérer le stress. Je suis maintenant une maman plus zen, ça m'a permis de reconnecter avec les enfants, de trouver l'équilibre entre le travail et la famille, de m'énergiser et d'éduquer Daphnée. Et comme prof, je suis plus à l'aide de transmettre les apprentissages», confie France, qui a réussi à convaincre son mari de "yogariser" avec elle! «C'est magique pour moi, pour la relation que j'ai avec ma famille. Ça montre aussi d'autres chemins qu'une pilule…», conclut France, qui a chassé les nuages noirs de son existence depuis longtemps!




