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Crise du logement: le nombre ne cesse d’augmenter

François Roy, coordonnateur de Logemen’occupe, souhaite le retour des mesures d’urgence pour vaincre la crise du logement.

François Roy, coordonnateur de Logemen’occupe, souhaite le retour des mesures d’urgence pour vaincre la crise du logement.

Publié le 12 Juillet 2012
Publié le 12 Juillet 2012
Antony Da Silva-Casimiro  RSS Feed
La Revue

Selon les plus récents chiffres de la Société d’habitation du Québec, Gatineau est la ville à avoir le plus de demandes d’aide pour un logement (50) et François Roy estime que ce nombre doublera d’ici la rentrée scolaire.

Sujets :
Office municipale d’habitation de Gatineau , Québec , Ottawa

Le coordonnateur de Logemen’occupe sait par expérience qu’après le 1er juillet, plusieurs familles ne déclarent pas qu’elles sont sans logis. Elles résident chez des amis ou dans des logements insalubres en attendant de trouver une maison.

«Personne ne s’en vante de vivre dans la rue. Les familles ne se sont pas encore manifestées, mais elles le feront sûrement avant la date limite, qui est à la fin août. Certaines vivent dans des taudis ou sont entassées. C’est une situation inhumaine», a-t-il mentionné.

Il ajoute que les dimensions sont différentes qu’en 2000. Aujourd’hui, les gens n’ont même pas de choix. Pour diverses excuses, ils se font refuser l’accès à un logement et se tournent vers ce qui reste: des logements insalubres.

Parmi les 50 demandes d’aide, seulement quatre ont été jugées admissibles. De ce lot, trois ont été autorisées par l’Office municipal d’habitation de Gatineau. Pour pallier à ce problème, Logemen’occupe veut réinstaurer les mesures d’urgence et demande l’appui des gouvernements d’Ottawa et de Québec.

Malheureusement, le gouvernement fédéral s’est désengagé malgré la crise, tandis que le gouvernement Charest a diminué le nombre d’unités, passant de 3000 à 2500 pour tout le Québec. Seulement à Gatineau, plus de 3000 familles à faible revenu paient presque la totalité pour un loyer.

En 2001, l’organisme régional était le seul au Québec à développer des ressources et des unités de logements afin de dépanner temporairement les familles. Le roulement se faisait entre un à trois mois. Une décennie plus tard, la moyenne du roulement a haussé considérablement.

«Les familles vivent en moyenne entre 7 à 8 mois, voire 10 pour certaines. Le gouvernement avait lui-même déclaré que ce n’était pas un milieu de vie et qu’il fallait trouver un logement adéquat pour ces familles», a indiqué le coordonnateur de Logemen’occupe.

«Personne ne s’en vante de vivre dans la rue. Les familles ne se sont pas encore manifestées, mais elles le feront sûrement avant la date limite, qui est à la fin août. Certaines vivent dans des taudis ou sont entassées. C’est une situation inhumaine» - François Roy, coordonnateur de Logemen'occupe

Le ministre responsable de l’Habitation, Laurent Lessard, n’a toujours pas donné suite aux demandes des organismes. Selon M.Roy, le gouvernement ne pressera pas de sitôt le bouton d’alarme, puisqu’il ne voit pas de crise du logement.

«Pour les députés, c’est une problématique. Pas une crise. Ce n’est pas le constat qu’on fait. Avant, avec 1,5% de taux d’inoccupation, c’était une crise. Maintenant, le pourcentage est plus élevé et il n’y en a pas. Cela ne semble pas être une priorité pour le gouvernement.»

À cinq dans une roulotte de 22 pieds

Pour la famille Barberie, cette situation n’est pas vivable, changeant continuellement de logis. Selon Chantale, la mère des trois adolescents, ce n’est pas normal de vivre de la sorte.

«Mes enfants ne cessent de changer d’école. Ça les affecte et ce n’est pas leur choix. C’est gênant de dire aux autres que t’as pas de logement. Ils veulent amener un ami à la maison, mais ils n’en ont pas de maison», a-t-elle fait part.

Avant de recevoir de l’aide de Logemen’occupe, sa famille et elle vivaient dans une roulotte de 22 pieds. Pas d’électricité, ni d’eau. Ce n’est pas une vie, a-t-elle répété, après le point de presse.

Lorsqu’elle regarde les murs où elle vit, elle ne voit rien. «Il n’y a pas de photos de ma famille. Toute ma vie est dans un entrepôt, car personne veut nous donner une chance», a conclu Chantale Barberie.

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