Interrogée dans les secondes qui ont suivi l’annonce de son nom, la grande gagnante de cette soirée haute en couleurs animée avec brio par l’énergique Patrice Bélanger, était sous le choc.
Intitulé Quand je serai grande…, l’article rédigé par l’élève de secondaire 5 à l’école secondaire de l’Île, a plu énormément au jury composé de Régis Bouchard, Michel Picard, Annick Charrette, Marie-Eve Bouchard et Sylvain Dupras. À la mi-avril, il avait été publié à l’intérieur de la toute dernière édition de la 9e année du journal encarté dans La Revue et Le Bulletin à au-delà de 100 000 copies.
«Je ne m’y attendais tellement pas! Mon amie avait prédit que je gagnerais, mais je n’y croyais pas du tout. Même que lorsqu’on m’a nommée, j’étais en train de lire la lettre que j’ai reçue avec mon autre prix», a-t-elle confié en souriant à pleines dents.
L’adolescente à la blonde chevelure est demeurée magistralement calme et humble malgré son triomphe, elle pour qui il s’agissait d’une toute première année au sein de la famille de l’Étudiant Outaouais. Prochainement, elle aura la chance de faire un stage d’une journée à La Revue et à Radio-Canada Ottawa-Gatineau.
«C’est la première fois de ma vie que je gagne quelque chose. C’est précieux à mes yeux et ça récompense le fruit de mes efforts de l’année. C’est une belle réussite pour moi», d’affirmer la jeune femme de 16 ans au nom tout sauf banal. En effet, sa mère l'a baptisé ainsi alors qu'elle est enceinte et qu'elle est tombée sous le charme du nom de l'actrice française de renom en le voyant dans le journal. Elle a alors décidé d'inverser les noms.
L’article d’Adjani portait sur la pression qu’ont les ados sur leurs épaules lorsque vient le temps de déterminer leur cheminement de carrière à leur sortie du secondaire. «C’est un stress inutile, surtout à 16 ou 17 ans. On vit à une époque où il y a tellement d’opportunités qui s’offrent à nous, alors pourquoi se dépêcher à tout décider? Mon but était aussi de démontrer aux adultes à quel point c’est exigeant pour nous», a indiqué la récipiendaire de la plume d’or.
Elle-même avoue ne pas être 100% certaine de son choix en vue de l'automne, soit le programme de tourisme et voyage à la Cité collégiale. «Je n'en suis pas convaincue, mais je ne perds rien à essayer», de dire la passionnée d'actualité, pour qui le monde du journalisme fait également partie de la liste des préférences.
Elena Chudzia-Conde, élève de secondaire 4 au Collège Saint-Joseph de Hull, a réalisé un doublé en méritant la plume d’argent grâce à son texte intitulé Partir sans faire de bruit, portant sur la triste réalité de l’indifférence générale que l’on témoigne à l’égard des aînés dans la société d’aujourd’hui, tassant ainsi la dignité. Rappelons-le, il y a un an jour pour jour, elle décrochait la plume d’or, un prix qu’elle avait dédié à son père décédé, avec son article choc Le chaos nauséeux du français. «Je suis un peu sous le choc parce que je ne m'attendais pas à gagner encore cette année. Il s'agit d'une agréable surprise», a confié en arrière-scène avec toute la maturité et le calme qu'on lui connaît l'étudiante-journaliste de 16 ans.
Son sujet lui tenait fortement à cœur après avoir visionné un reportage à ce propos. «Les aînés sont laissés à eux-mêmes, alors je voulais me pencher sur cette question. C'est un non-sens en 2011, surtout dans une société où la dignité est supposée prévaloir. À mon avis, c'est une conséquence directe de la montée en puissance de l'individualisation et de la marchandisation de l'humain», a dit Elena, qui compte revenir avec l'Étudiant Outaouais dès l'automne.
La troisième place du podium des journalistes en herbe est revenue à Julien Beaulieu, élève de secondaire 5 au Collège Saint-Alexandre, dont l’article titré Le décrochage parental n’est pas passé inaperçu dans le radar des juges œuvrant dans la sphère médiatique.
Le sujet des écrits du futur étudiant en sciences de la nature au Cégep de l'Outaouais? L'implication des parents dans les études de leurs enfants. «Mes deux parents œuvrent dans le monde de l'éducation et j'ai vu avec l'expérience à quel point l'implication des parents est primordiale. Souvent, les profs se retrouvent dans une situation d'infériorité et sont pointés du doigt quand il y a un problème à l'école, mais les parents ont aussi leur part de responsabilité», soutient l'ado de 16 ans.
En plus des bourses, comme le veut la tradition, les lauréats des trois plumes auront droit à tout un privilège alors qu’ils pourront passer une journée complète à la Chambre des Communes en compagnie des trois députés fédéraux de l’Outaouais nouvellement élus, les néo-démocrates Françoise Boivin (Gatineau), Nycole Turmel (Hull-Aylmer) et Mathieu Ravignat (Pontiac).
Deux enseignantes de cœur… comme Lucie Renaud!
En fin de soirée, les Amis de l'Étudiant Outaouais ont réservé une belle et touchante surprise aux enseignantes Catherine Lamontagne (De l'Île) et Anne-Marie Carle (Collège Saint-Joseph), responsables de l'Étudiant Outaouais dans leurs institutions respectives. On leur a remis le prix Engagement Lucie-Renaud, renommé ainsi en hommage à la dynamique et impliquée conseillère publicitaire de La Revue, emportée par un cancer le 4 décembre dernier.
Il va s'en dire que les deux gagnantes étaient émues d'être ainsi récompensées pour leur travail purement bénévole. «C'est gênant, parce que j'avais demandé à mes étudiants de préparer de beaux discours au cas où ils gagneraient, et voilà que c'est moi qui se retrouve sur scène», a lancé l'enseignante de français Catherine Lamontagne, elle-même journaliste au quotidien Le Droit. «Ça fait chaud au cœur, je ne suis pas habituée d'avoir des félicitations aussi directes. On a de beaux jeunes dans les écoles, il faut les féliciter. Il y a une bonne part du mérite qui leur revient», a-t-elle ajouté, se disant privilégiée de pouvoir transmettre sa passion.
«C’est la première fois de ma vie que je gagne quelque chose. C’est précieux à mes yeux et ça récompense le fruit de mes efforts de l’année. C’est une belle réussite et une surprise pour moi» - Adjani Isabelle, plume d'or 2011 de l'Étudiant Outaouais
Quant à Mme Carle, elle était autant plus étonnée de remporter le prix étant donné qu'elle joue ce rôle depuis un an à peine en remplacement d'une collègue en congé de maternité, Caroline Malo. «C'est tellement intéressant de pouvoir lire les jeunes fois après fois. Ça me permet de les voir sous un autre jour. Je n'avais pas hésité à embarquer dans le projet car la langue m'intéresse beaucoup», a-t-elle dit.
Liste des lauréats par école – Plumes de l’Étudiant Outaouais 2011
École secondaire Grande-Rivière: Djamila Saad, texte «Argent liquide»
École secondaire Sieur-de-Coulonge: Mathew Ladouceur, texte «Le phénomène Terry Fox»
École secondaire du Versant: Olivier Villeneuve, texte «Opinions à bas prix»
École polyvalente Nicolas-Gatineau: Jean-Mathieu Philippe, texte «Doit-on faire confiance à nos politiciens?»
Collège Saint-Joseph de Hull: Elena Chudzia-Conde, texte «Partir sans faire de bruit»
École secondaire Hormisdas-Gamelin: Marianne Désabrais, texte «Une vision rigolote des adolescents et de leur téléphone cellulaire»
École secondaire Mont-Bleu: Lydiane Dubreuil, texte «Hommage à mes semblables»
École secondaire Louis-Joseph-Papineau: Louis Laferrière, texte «L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet»
École Sacré-Cœur de Gracefield: Nicolas Malette, texte «Banquet de la faim»
École polyvalente de l’Érablière: Mylène Viens, texte «Une passion au bout des doigts»
Collège Saint-Alexandre: Julien Beaulieu, texte «Le décrochage parental»
École secondaire de l’Île: Adjani Isabelle, texte «Quand je serai grande…»
Collège Nouvelles-Frontières: Valérie Brassard, texte «Bienvenue valeurs brimées, au revoir raisonnements sensés!»
École secondaire des Lacs: Kariane Larocque, texte «La marque et son influence»




