Les pros des relations publiques et collaborateurs de longue date, Bernard Motulsky et René Vézina, ont pris dix ans pour achever cet ouvrage. Les deux amis ont pu couvrir l'ensemble du sujet grâce à leur partenariat. «Oui, ç'a été difficile, car il fallait définir qui fait quoi, lance Bernard Motulsky. Si on veut que les gens comprennent, ça nous prenait un journaliste et quelqu'un qui pouvait expliquer l'autre côté de la clôture! Et on se rend compte, indépendamment des conflits d'intérêt inévitables, que l'on fait face aux mêmes défis: dire des choses intéressantes qui vont accrocher le lecteur.»
Motulsky et Vézina cernent trois axes principaux dans ce guide: comprendre les médias, attirer l'attention des journalistes et accorder une entrevue sans se tirer dans le pied! La règle d'or qui sous-tend ce trio est la préparation et le contrôle du discours. «Faut avoir quelque chose d'intéressant à dire. C'est comme un gouvernail: on doit savoir où on veut aller et naviguer ensuite. Si on n'a rien à amener, ça va être plate! Et il ne faut pas faire son discours et l'apprendre par cœur…», soutient le coauteur, qui trouve que la peur de parler en public est normale.
Autre élément clé: donner des informations "indéformables". «Quand on déplore le traitement médiatique d'un sujet, on l'ampute au média. Moi, ce que j'aime regarder, ce sont les sources utilisées qui ont dit leur point de vue par les médias». Le mutisme des grandes compagnies ou d'un gouvernement lors d'un conflit est également fascinant pour lui… Ce silence n'est pas constamment attribuable aux relationnistes, mais aux règles qui régissent les compagnies ou les ministères, selon Motulsky.
«Les spécialistes sont toujours très critiques face aux médias, ajoute-t-il, mais en même temps, ils s'alimentent auprès d'eux! Il faut donc s'assurer que les infos soient le plus fidèles possibles et la personne qui vous parle doit être consciente que tout ce qu'elle vous dit peut être utilisé.»
Quand on est "forcé" de rencontrer les médias, il faut s'ouvrir les oreilles et répondre aux questions! Les dix commandements de l'entrevue des auteurs ont été conçus pour ça. Les voici, en vrac: savoir ce qu'on veut, prendre le bon chemin, se préparer, jouer le jeu des médias, s'en tenir à sa préparation, être clair et bref, rester soi-même, évaluer calmement sa préparation, faire contre mauvaise fortune bon cœur et y trouver du plaisir… Simple, non?
«J'ai une expression qui résume bien tout cela: "Sois bref et tais-toi". Si on n'est pas capable de seulement dire ce qu'on a à dire, les médias ne sont pas une bonne tribune pour nous. Il faut des réponses courtes parce qu'il peut y avoir beaucoup de questions», précise Bernard Motulsky. L'exercice des entrevues simulées de cinq minutes permet au spécialiste de prouver que la préparation peut drôlement aider la concision!



