Dans le passé, Caroline et sa compatriote Alexa Loo étaient déjà montées sur le podium en Coupe du monde à quelques occasions, mais jamais sur la plus haute marche.
Ce n'est qu'à son 57e départ en Coupe du monde que l'athlète âgée de 33 ans a décroché sa première victoire dans le cirque blanc. Même si elle aurait préféré qu'elle survienne plus tôt, cela ne l'a pas empêchée de la savourer pleinement, mais aussi de s'en servir comme un tremplin en vue de la deuxième moitié de saison.
« J'y repense et cette victoire n'est pas étonnante. J'avais connu d'excellentes descentes et ce que je retiens de cette journée, c'est tout ce qui vient avec, que ce soit la signification de gagner enfin une Coupe du monde, d'être la première Canadienne à réaliser cet exploit ou bien la prime en argent rattachée à ma victoire » a-t-elle expliqué en entrevue.
« Cette journée-là, je ne m'attendais pas nécessairement à gagner, même si on ne se lève pas non plus avec l'idée de finir 16e. Après chaque ronde, j'étais satisfaite de mes descentes. En finale, je ne regardais pas Amelie Kober (Ndlr : l'autre finaliste) en me disant « j'ai peur d'elle ». J'étais plutôt concentrée sur ce que je devais faire. J'ai beaucoup appris de cette journée. »
Revenir aux sources
L'Olympienne l'avoue candidement : elle a toujours été forte techniquement sur sa planche, sauf que c'était plutôt l'aspect mental qui faisait défaut.
« La saison dernière, j'accumulais les 20es places et je n'avais pas de vitesse. Il me manquait l'attitude pour gagner des courses. »
Une simple fête, au mois de février, où elle a participé à une levée de fonds pour l'hôpital de Maniwaki, a remis les pendules à l'heure quant aux raisons qui la poussent à être une athlète de haut niveau.
« C'était une course amicale et je faisais équipe avec des membres de ma famille. J'ai eu beaucoup de plaisir et cela m'a fait oublier le stress. J'ai vu que toutes ces personnes qui me connaissent depuis longtemps étaient fières de moi, peu importe mes résultats. »
Plus tard en soirée, les dirigeants du mont Sainte-Marie, l'endroit où elle a fait ses débuts sur la neige, ont annoncé qu'une piste de la station porterait désormais son nom. « Ça m'a marquée, car je ne m'attendais vraiment pas à ça! Cette journée m'a donné un gros boost de confiance et lorsque je suis arrivée quelques jours plus tard à la Coupe du monde de Stoneham (où elle terminera quatrième), j'avais cette faim de victoire que je n'avais pas avant. Peut-être que dans plusieurs années je pourrai dire que cette journée aura été le point tournant dans ma carrière. »
Tracer le chemin
L'équipe canadienne alpine de surf des neiges a longtemps été dans le peloton de tête mondial... du moins chez les hommes. Du côté féminin, les planchistes canadiennes connaissent surtout du succès en snowboardcross. « Je ne vois pas ça comme un point négatif.
Je vois plutôt ça comme un défi à relever et c'est le fun d'avoir marqué une étape importante le mois dernier, soutient Caroline. Dans l'équipe nationale, les gars ont aussi eu un leader comme Jasey-Jay Anderson, qui a su montrer le chemin et qui a prouvé que les Canadiens étaient capables de gagner des Coupes du monde. Et c'est pour cette même raison que les Autrichiens et Autrichiennes obtiennent de bons résultats. Ils ont une confiance bien ancrée. Ça m'a pris du temps avant d'être constante dans mes résultats et de rester au même niveau, mais malgré cela, j'ai toujours cru que j'étais capable. »
Désormais septième au classement général provisoire du circuit de la Coupe du monde, Caroline vise maintenant une place dans les cinq premières à la fin de la saison.



