Près d’une semaine après l’événement, l’athlète était encore en douleur. Ce n’est pas tous les jours qu’on nage 3,8 kilomètres, qu’on en pédale 180 et qu’on en court 42,2 à l’intérieur de 17 heures. «J’ai encore mal à l’estomac, mais surtout aux jambes», lance-t-il.
L’histoire de ce jeune père fonctionnaire est plutôt hors du commun. À la fin de 2009, Anthony passait son temps libre devant le téléviseur. Il revenait de travailler et c’était l’heure de la bouffe congelée et du PlayStation. L’oisiveté faisait partie de son quotidien.
C’est après avoir rencontré sa copine de l’époque qu’il a vraiment commencé à modifier sa routine. En février 2010, elle lui a parlé du Marathon d’Ottawa qui a lieu chaque année en mai. Après avoir suivi un bref cours sur le web pour apprendre à bien courir, Anthony a participé à un 5 kilomètres. Il pesait alors près de 210 livres et avait surtout envie de changer les choses. Aujourd’hui, il en pèse 160.
«C’était l’enfer au début de l’entraînement, raconte-t-il. C’était vraiment difficile de courir juste un peu. J’ai continué à me pratiquer et finalement j’ai réussi à faire la course en un peu plus de 30 minutes.»
À partir de ce moment, le balancier a basculé. Il s’est mis à cibler les compétitions du même type. «Ç’a été un changement de vie, confie-t-il. J’ai commencé à faire de l’exercice de trois à quatre fois par semaine. Je me suis inscrit au Army Run d’Ottawa qui a lieu en septembre et je devenais tranquillement un meilleur coureur. J’en voulais plus.»
Petit peu par petit peu, l’entraînement est devenu régulier. Il s’est mis à la nage et la bicyclette dès juin 2011 parce qu’au final, sont objectif est devenu simple: compléter un Ironman. Mais il n’avait jamais pratiqué le triathlon.
«J’ai commencé à suivre des cours de natation, se rappelle-t-il. Le premier kilomètre de nage m’a pris 1 heure et 17 minutes. Ce n’était pas facile. Je me levais à 5h pour être à la piscine à 6h et je devais aller travailler à 8h30. Quand je revenais du travail, j’allais au gym. Je revenais chez nous à 21h30.»
En 2011, il a complété 17 épreuves au total dont son premier marathon en octobre. En janvier dernier, il a participé au Rock n’ Roll Arizona Marathon à Phoenix.
Comble du malheur, à quelques mois du Ironman de Mont-Tremblant, qu’il anticipait depuis déjà un an, Anthony s’est déchiré un ligament dans le pied droit à la suite d’un vilain accident alors qu’il marchait sur un trottoir à Ottawa.
Sur un programme d’entraînement de 29 semaines, il en passé 4 avec un pied dans le plâtre et près de 10 autres en réadaptation. Il a pu reprendre l’entraînement intensif seulement en juillet. La traversée de la ligne d’arrivée il y a un peu plus d’une semaine à Tremblant était donc encore plus significative.
Tout est dans la tête, résume l’athlète quand vient le temps d’affronter une telle épreuve. «Il y a tellement de sacrifices à faire, souligne-t-il. Tu t’entraînes tellement que c’est comme un deuxième job. Tout est psychologique. N’importe qui peut faire un Ironman. C’est vraiment mental comme épreuve. C’est une compétition avec toi-même.»
En attendant le prochain Ironman qu’il souhaite entreprendre, l’Ohio Cedar Point en 2014, Anthony Rose participera au Marathon de Chicago au début d’octobre. «Je me sens beaucoup mieux aujourd’hui, dit-il. Je suis plus en forme et j’ai plus d’énergie. C’est une question de changer sa routine. Aujourd’hui, je suis accroc aux compétitions.»





