Débuts difficiles, suivi d'une combinaison d'efforts et de travail pour finir sur un happy ending comme on les aime. Quels ont été ses débuts difficiles à la jeune athlète de 13 ans? Elle est atteinte de trisomie 21.
Elle a commencé à patiner à trois ans. Sa mère Cynthia, qui est également son entraîneur, calculait le temps qu'elle pouvait tenir sur ses patins. «Les séances d'entraînement étaient longues. Il fallait beaucoup plus de temps pour Talia qu'une autre fille pour faire la même chose. On pouvait passer des semaines sur les exercices de base.»
Cependant, sa force de caractère lui a permis de continuer. «Je lui enseignais chaque petit élément. Il fallait prendre son temps. Mais elle est persévérante. Elle aime le patinage», a ajouté Cynthia Bolduc.
Aujourd'hui, l'adolescente originaire de la Lièvre a franchi les barrières. Et de loin. Selon sa mère, elle s'entraîne avec le Club de patinage de Masson-Angers, mais aussi avec des filles de niveau junior. Lorsqu'elle les voit sauter, elle veut les imiter. «C'est ce qu'elle aime le plus du patinage artistique, les sauts.»
Le niveau 3 est le plus haut niveau des Olympiques spéciaux – à ne pas confondre avec les Jeux paralympiques. L'athlète doit exécuter un programme d'une minute et demie. Une catégorie au Québec que peu atteignent. La patineuse du secteur de Masson-Angers a mis la main sur la plus haute récompense lundi.
Chez les filles, on en retrouvait huit dans toute la compétition confondue. Cinq au niveau 1 et deux au niveau suivant. Talia était la seule dans le niveau 3 et bien qu'elle n'avait pas de compétition, cela n'enlève rien à sa performance, estime sa mère.
«Elle était joyeuse et voulait surtout avoir du plaisir sur la glace. Elle avait un gros visage avant d'embarquer sur la glace et toute sa gang était là pour l'applaudir. En tant que mère et entraîneur, c'est incroyable, je suis tellement fière d'elle, a-t-elle indiqué alors que sa fille lui donnait un bec sur la joue. Je commence à comprendre comment elle est forte.»
Première présence aux Jeux du Québec et certainement pas la dernière, puisque les athlètes aux Olympiques spéciaux ont le droit d'y prendre part jusqu'à 21 ans. C'est donc dire qu'on devrait la revoir encore à quatre occasions. Elle aurait pu y participer en 2011, mais elle avait déjà planifié un voyage.
Quand les gens ont appris qu'elle se rendait au Saguenay pour la compétition provinciale, son quotidien a un peu changé. «Les gens ont vu sa photo dans Le Bulletin. La communauté l'a encouragé.»
Talia est une fille active. En plus du patinage, elle fait également partie du Club Karaté CAMA dans le secteur de Buckingham où elle est ceinture orange. Elle fait d'autres activités et aime s'impliquer dans la communauté.
En avril, elle chaussera les patins une dernière fois de la saison lors du spectacle de fin d'année. Quelques mois plus tard, elle reprendra l'entraînement afin de continuer à développer son potentiel. Potentiel que sa mère ne doute plus désormais après les jeux du Québec.





