Le nouveau règlement de la FIFA sème la confusion à l’ASMA

Benoit Sabourin
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Une jeune fille inscrite au Tournoi régional de division 3 de l’Association de soccer de Masson-Angers (ASMA) a vu sa fin de semaine de compétition écourtée samedi matin lorsqu’on lui a retiré son droit de jouer parce qu’elle portait le hijab.

La FIFA a annoncé jeudi soir que le port du hijab au soccer sera mis à l’essai jusqu’à l’automne. Cette annonce n’aura toutefois aucun impact en Outaouais avant octobre.

Une situation qui n’a pas été sans soulever la colère de quelques parents de l’équipe concernée puisque la joueuse a été avertie de la décision avant de pouvoir jouer sa deuxième joute du week-end. Elle participait à des matches depuis mai sans aucun problème un peu partout dans l'Outaouais. 

Le Tournoi régional de division 3 de l’ASMA se déroulait de vendredi à dimanche au parc Jack-Eyamie. L’événement regroupait 16 équipes féminines et masculines d’U10 et d’U12.

Selon le règlement de la Fédération internationale de football Association (FIFA), le port du hijab lors des compétitions est interdit puisqu’il est considéré comme une pièce dangereuse. Or, la FIFA a annoncé jeudi que le port du voile féminin sera mis à l’essai jusqu’à l’automne lors des matchs. Il ne sera cependant pas toléré en Outaouais avant que la FIFA envoie une consigne claire à cet effet, laquelle est attendue pour octobre prochain.

À la suite de cette décision internationale survenue moins de 24 heures avant le début du tournoi, le comité de l’ASMA a entrepris dès vendredi des vérifications auprès de l’Association régionale de soccer de l’Outaouais (ARSO) afin de savoir quelle était la marche à suivre.

«Tout ce qu’on lisait sur Internet n’était pas clair, a expliqué Stéphane Lacouline, président de l’ASMA. Nous étions dans une zone grise. Nous n’avons pas reçu une réponse rapidement de l’ARSO. Comme nous étions dans le doute, nous avons privilégié le droit de la petite fille à jouer. Nous ne voulions pas brimer son droit de participer au tournoi. Mais quand nous avons obtenu la directive qu’il fallait appliquer le règlement et maintenir le statu quo, samedi matin, nous n’avons pas eu le choix. Nous ne faisons qu’appliquer ce qu’on nous demande.»

Au moment de l’inscription de la jeune athlète, rien ne laissait présager qu’elle portait le voile, a précisé M. Lacouline. Elle ne portait pas le hijab sur sa carte d’identité.

Richard Gravel, directeur général de l’ARSO, a indiqué que le règlement est clair et qu’il n’est aucunement discriminatoire. Il faudra attendre à l’automne avant de franchir une autre étape dans le dossier, a-t-il dit. «C’est un règlement de sécurité uniquement. Si quelqu’un porte autre chose que l’équipement règlementaire et qu’il se blesse, nos couvertures d’assurance tombent. On ne peut pas courir le risque.»

Quant à la décision de l’ASMA d’avoir laissé jouer la jeune fille pendant deux matchs, M. Gravel estime que l’organisation a dû prendre une décision dans un contexte de «confusion».

«C’est certain que cet incident démontre qu’il va falloir un meilleur système d’information en place au niveau régional pour que tous les intervenants aient accès à la bonne information le plus rapidement possible», a-t-il laissé entendre.

Organisations: FIFA, Fédération internationale de football, Association régionale

Lieux géographiques: Parc Jack-Eyamie

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