«Et plus encore qu'un agent de développement, il sera un agent de changement», a précisé Patrick Bouillé, conseiller en formation de l'Université Laval pour le réseau VVAP. M. Bouillé est heureux que Marc Fortin, grâce au concours du CLD et de la MRC des Collines ainsi que du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF), se joigne à une équipe déjà bien établie au Québec. Ces dizaines d'agents reçoivent une formation de 2e cycle basée sur une alternance travail-étude et de l'encadrement constant pour se tenir à jour.
Le mandat de Marc Fortin sera donc composé de tâches variées et il devra travailler de concert avec la population et les instances décisionnelles. Ce qui devrait être une sinécure pour lui qui travaille au développement socio-économique de la MRC depuis dix ans. «Je connais très bien le milieu, je me le suis approprié et le milieu… s'est approprié de moi!, s'est-il exclamé en riant. Je devrai travailler en concertation avec le milieu et bonifier l'inventaire des ressources culturelles et du patrimoine bâti. Également, je devrai soutenir les organismes du milieu pour développer des projets et des événements culturels dans la MRC.»
«Ultimement, poursuit-il, ces actions vont m'aider à élaborer une politique culturelle, qui elle, mènera à une entente de développement culturel entre la MRC des Collines et le ministère de la Culture.» Deux des projets qui lui tiennent aussi à cœur sont la revitalisation du village de Perkins et la création du Parc du Sault-des-Chats, près de Quyon.
«Ce serait un parc de conservation et de mise en valeur du patrimoine, de la nature, un site qui a été témoin de l'occupation humaine, des Indiens, des explorateurs, des colonisateurs», explique Marc Fortin. Depuis 1932, le paysage du Sault a été changé à cause de la construction du barrage, mais le sol recèle encore de vestiges du passé. Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a d'ailleurs l'intention d'y implanter un refuge faunique. De plus, Marc Fortin croit qu'un corridor ferroviaire ancestral pourrait renaître à des fins touristiques. «Il faut rêver pour réaliser des choses», laisse-t-il tomber en souriant.
«Quand on gère le changement, le développement, y'a tellement de besoins que la culture devient le parent pauvre. Mais il est apparu dans les dernières années que c'est important. Donc, dans la planification stratégique 2006-2011, nous voulions développer notre identité et pour y arriver, nous avons décidé d'y aller avec l'affirmation de notre territoire, qui est jeune et qui est né dans le tumulte de par sa position géographique», indique le directeur général du CLD des Collines, Hughes Dupuy.
Il croit que le patrimoine de l'Outaouais n'est pas assez valorisé et que des sites comme le village de Quyon, où Champlain aurait campé en premier, se doivent d'être reconnus. «Tout le monde arrive ici avec leurs légendes et leurs mythes qu'ils croient plus gros et nous, on n'a pas le temps de raconter les nôtres! Mais quand on aura développé ça, notre estime de soi va augmenter et y'aura plus rien pour nous arrêter, les créateurs vont continuer de créer. Et nous, on a un avantage parce que notre Silicone Valley est verte!»




