Les revenus familiaux moyens des habitants du secteur Aylmer à Fort-Coulonge est de 40 000$, alors que les hommes seuls récoltent à peine plus de 28 000$, soit 4000$ que les femmes. Ces chiffres ressemblent à ceux de la Petite-Nation et sont seulement un peu plus élevés que ceux du district des Forestiers.
Pour tenter d'y voir plus clair, nous avons rencontré la directrice du centre communautaire Entre-Nous du secteur Aylmer et résidente de Fort Coulonge, Manon Dagenais. La femme connaît bien le district: elle le traverse cinq fois par semaine pour se rendre au boulot.
«Pourquoi le Pontiac est pauvre? Y'a pas de jobs!, lance-t-elle sans hésiter. Tout le monde perd sa job, tout est fermé, les hommes n'ont plus d'ouvrage! Que veux-tu faire dans ce temps-là? Mes cousins ont 45-50 ans et viennent de perdre leur job. À cet âge-là, tu peux pas te trouver une job, c'est déjà difficile quand t'es jeune… Alors à part l'aide sociale ou avoir un travail à côté…»
Pour les chanceux qui arrivent à travailler dans la grand'ville de Gatineau ou à Ottawa, c'est bonjour le transport! Manon Dagenais soutient que voyager le matin et le soir est difficile pour les gens du Pontiac incapables de se débrouiller dans leur coin. Les couples doivent souvent bosser six jours par semaine pour faire vivre leur famille. «Les contrats et les jobs payantes sont en ville, mais les gens qui viennent du Pontiac ne sont pas toujours prêts à partir; ça bouge en ville, c'est trop dépaysant», affirme-t-elle. Paradoxalement, certains résidents du Pontiac vont étudier en ville et n'en repartent pas, de sorte que la main-d'œuvre diminue dans leur patelin.
«À Aylmer, la pauvreté on la voit moins. C'est pas comme à Hull où c'est évident que les pauvres sont concentrés au centre-ville ou dans Mont-Bleu. À Aylmer, tu vois personne dans la rue parce qu'il n'y a pas de ressources. Les gens vont chez des amis, font du "couch surfing"», explique Manon Dagenais.
Selon elle, l'élu(e) dans Pontiac devrait fournir plus de moyens aux organismes. «Ça ne prend pas vraiment plus d'organismes, mais plus de financement pour qu'on puisse se développer. On a plein d'idées! Comment veux-tu te développer quand tes ressources sont au minimum?!», demande-t-elle, en songeant notamment à la Maison de la famille de Fort-Coulonge dont les tâches sont plus que lourdes et diverses… malgré leurs maigres revenus.



